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Le succès de Mike Sullivan avec les Penguins ne surprend pas son mentor

John Tortorella louange son ancien adjoint, qui a mené les Penguins à deux gains d'une deuxième conquête consécutive de la Coupe Stanley

par Dan Rosen @drosennhl / Journaliste principal NHL.com

PITTSBURGH - John Tortorella a vu Mike Sullivan, son adjoint à l'époque, être convoqué en entrevue au moins trois fois lors des six saisons qu'ils ont travaillé ensemble. 

Chaque fois, Sullivan, qui dirige maintenant les Penguins de Pittsburgh, revenait assister Tortorella pour une autre année. Chaque fois, Tortorella, l'entraîneur actuel des Blue Jackets de Columbus, se demandait si un directeur général allait un jour voir en Sullivan ce qu'il voyait en lui. 

« Les gens le négligeaient, a mentionné Tortorella. Et je n'en revenais pas. Je lui ai dit qu'ils ne le connaissaient pas, qu'ils ne savaient pas ce qu'il faisait et qu'il aurait sa chance, un jour. » 

Sullivan l'a eue, mais il a dû être patient et mettre son orgueil de côté. 

Il a dû se séparer de Tortorella après la campagne 2013-14, puis il a passé la saison 2014-15 avec les Blackhawks de Chicago, où il a appris comment fonctionnait une organisation gagnante à titre d'entraîneur au développement des joueurs. Au début de la campagne 2015-16, il a accepté un poste dans la Ligue américaine de hockey (LAH) parce qu'il savait qu'il voulait redevenir entraîneur, puis il a attendu.

L'an dernier, la porte s'est ouverte pour lui quand les Penguins ont connu des ratés dans les deux premiers mois de la saison. Le directeur général Jim Rutherford l'a rappelé de Wilkes-Barre/Scranton, la filiale de Pittsburgh dans la LAH, pour remplacer Mike Johnston le 12 décembre 2015.

Plus de 17 mois plus tard, Sullivan n'est qu'à deux victoires d'un deuxième titre consécutif de la Coupe Stanley à la tête des Penguins. Il pourrait devenir le premier entraîneur à réaliser et exploit depuis le légendaire Scotty Bowman en 1997-98 avec les Red Wings de Detroit. 

Pittsburgh mène la série quatre de sept 2-0, et le troisième match sera disputé au Bridgestone Arena samedi (20 h (HE); TVA Sports, NBCSN, CBC, SN).

« Je me souviens quand on a été congédiés à Vancouver [après la saison 2013-14]. On a discuté et je lui ai dit que c'était la dernière fois qu'on travaillait ensemble, a raconté Tortorella. Il était étiqueté "entraîneur adjoint" et comme on le constate aujourd'hui, il avait fait le tour de ce que ce poste pouvait lui apporter. 

« Il gère bien les gens et c'est important avec les athlètes d'aujourd'hui. Ce n'est plus comme il y a dix ans. Il faut leur faire attention et je crois que c'est sa plus grande qualité et tout le reste en découle. » 

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Sullivan était derrière le banc de Pittsburgh depuis une semaine et Tortorella analysait des séquences vidéo des Penguins. Il se préparait à affronter Sullivan pour la première fois depuis le début de leur collaboration en 2007-08.

C'est alors qu'il a vu Sullivan prendre les commandes de sa nouvelle équipe pour la première fois.

« Je regardais les vidéos et [Evgeni] Malkin criait après l'arbitre, tandis que [Sullivan] tentait de discuter avec lui, comme tous les entraîneurs le font, a expliqué Tortorella. C'est alors que je l'ai vu se tourner spontanément vers Malkin pour lui dire de se la fermer. Imaginez, un nouvel entraîneur qui n'était là que depuis une semaine. Tous les joueurs ont dû se dire : "Bon sang, il vient de dire à Geno de se la fermer." 

« Ce sont des situations importantes pour un entraîneur et il n'a pas peur parce qu'il croit faire la bonne chose. Il essaie d'inculquer son concept d'équipe. » 

Sullivan l'a fait. Tortorella dit le constater chaque fois qu'il regarde jouer les Penguins ou qu'il les affronte. Il a d'ailleurs complètement changé son opinion des Penguins en raison de Sullivan.

Si vous vous souvenez, c'est Tortorella qui avait déclaré, seulement deux semaines avant l'arrivée de Sullivan à la barre des Penguins, que « Pittsburgh se plaint tellement que les autres équipes de la ligue n'ont plus aucune chance de se plaindre. » 

Et maintenant?

« Ils sont sérieux et ça commence par Crosby, a indiqué Tortorella. Il joue. Il joue entre les coups de sifflet et il ne s'implique pas [dans le reste]. Je crois qu'il a amélioré l'aspect mental de son jeu et il mérite d'être félicité pour ça. » 

Tortorella a aussi souligné le talent que possède Sullivan pour communiquer avec ses meilleurs joueurs, comme Crosby. Cette qualité a permis aux Penguins de devenir l'une des équipes les plus résilientes et fortes mentalement de la ligue.

« Il n'a pas peur de dire ce qu'il pense à ses meilleurs joueurs et certains entraîneurs ont de la difficulté avec ça, a affirmé Tortorella. Un des principaux atouts de Mike en tant qu'entraîneur, c'est sa façon de communiquer avec ses joueurs, peu importe s'il s'agit d'un joueur de premier trio ou d'un employé de soutien qui évolue en infériorité numérique et sur le quatrième trio. Il vous dit où vous vous situez, il va vous corriger quand il croit que c'est nécessaire et il ne s'en laisse pas imposer.

« C'est très important que vous compreniez que je ne dis pas qu'il cherche à démolir les joueurs, a poursuivi Tortorella. Il est capable de garder ses joueurs sur le qui-vive tout en les valorisant. C'est une qualité exceptionnelle. » 

Martin St-Louis a été dans cette position quand Sullivan était l'adjoint de Tortorella avec le Lightning de Tampa Bay. Il se souvient que Sullivan était toujours à l'écoute et que c'était un excellent communicateur qui gardait la tête froide. Quand les joueurs le remarquent, ils n'hésitent pas à emboîter le pas.

« Sully a apporté de la stabilité émotive [aux Penguins], a déclaré St-Louis. Attention, Sully peut être émotif, mais il est d'humeur assez stable et il sait prendre le pouls de ses joueurs. Ses soldats marchent toujours droit et si l'un d'eux désobéit, il s'assure de le remettre à sa place. Il est strict et c'est lui qui est aux commandes. » 

Au-delà de tout ça, Tortorella affirme que Sullivan a toujours été excellent pour laisser ses émotions de côté avant de prendre une décision. Accorder le départ à son gardien Matt Murray plutôt qu'à Marc-André Fleury lors du troisième match de la finale de l'Association de l'Est en est l'exemple le plus récent, et c'est peut-être l'un des meilleurs. 

« J'ai trouvé Fleury chancelant dans deux de ses trois dernières parties, mais c'était une décision difficile, a admis Tortorella. Mike Sullivan va prendre une décision, peu importe ce qu'on pourra en dire le lendemain si ça s'avérait être la mauvaise. C'est très important pour un entraîneur de la Ligue nationale de hockey, il faut être capable d'ignorer le bruit. » 

Tortorella prétend que le talent de communicateur de Sullivan est probablement la raison pour laquelle cette histoire de gardiens n'a pas fait de vagues à Pittsburgh. 

« Je suis certain qu'il a été honnête avec les deux joueurs et que ceux-ci le respectent pour ça, a lancé Tortorella. Ça ne s'est pas transformé en scandale qui aurait fait le bonheur [des médias] pendant trois ou quatre jours. On l'a oublié et tout le monde s'occupe de ses affaires. Il traite ses joueurs avec respect et il peut prendre des décisions difficiles sans craindre de les insulter. »

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À deux victoires d'une autre conquête de la Coupe Stanley, Sullivan ne tient rien pour acquis.

« Je sais que c'est difficile, a déclaré Sullivan. Je sais qu'il y a d'autres très bons entraîneurs qui travaillent très fort. Ils n'auront pas tous la même chance que j'ai eue à Pittsburgh. J'en suis très reconnaissant. 

« Les deux dernières années ont été les plus satisfaisantes et les plus enrichissantes de toute ma carrière d'entraîneur. »

Étrangement, Tortorella ressent un peu la même chose.

« Parfois, je suis un peu jaloux, mais je vis à travers lui parce qu'on se connaît tellement bien, a-t-il conclu. Je suis content que quelqu'un lui ait finalement donné sa chance. »

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