Skip to main content

Le propriétaire des Flyers Ed Snider est décédé

On se souviendra de lui pour ses œuvres humanitaires et ses succès en affaires

par Brian Hunter / Journaliste NHL.com

Ed Snider, le propriétaire des Flyers de Philadelphie depuis les débuts de l'équipe il y a 50 ans, est décédé lundi à l'âge de 83 ans.

Snider, un des visages les plus connus au sein de la confrérie des propriétaires d'équipe de la LNH, souffrait d'un cancer depuis deux ans.

« Ed Snider était l'âme des Flyers, qui ont su bien refléter son esprit de compétition, sa passion pour le hockey et son amour des partisans dès le moment où il a amené le hockey de la LNH à Philadelphie en 1967 », a déclaré le commissaire Gary Bettman.

« Ed a conçu la culture d'entreprise professionnelle et pragmatique des Flyers, a alimenté leur volonté sans relâche de gagner et a établi les standards les plus élevés qui soient pour toutes les activités qui avaient lieu sur la glace et en dehors, y compris des initiatives telles que la Ed Snider Youth Hockey Foundation (fondation pour le hockey mineur) et le Flyers Wives Carnival (Carnaval des épouses des joueurs). Bien que le décès d'Ed Snider déchire le coeur des Flyers et de la ville de Philadelphie, et laisse un vide immense sur la scène sportive de la ville, cela met aussi au défi toutes les personnes qui le connaissaient de poursuivre les excellentes œuvres qui composent son héritage.

« À un niveau plus personnel, j'ai apprécié les conseils d'Ed, j'ai admiré son dévouement comme philanthrope et j'ai véritablement chéri son amitié. Ed avait une présence incontestable et une personnalité inoubliable. Comme la plupart des gens qui ont eu le plaisir de connaître Ed, il me manquera énormément.

« Alors que la famille de la LNH pleure le décès d'Ed, nous célébrons aussi son courage, sa vision, son leadership et son dévouement à l'égard des nouvelles générations de joueurs et de partisans. Nous transmettons nos pensées de compassion, de réconfort et de force à sa famille, ses amis et tous ceux et celles qui ont été touchés par lui. »

Snider laisse dans le deuil ses six enfants, Craig, Jay, Lindy, Tina, Sarena et Samuel, ainsi que 15 petits-enfants et son épouse Lin Spivak.

Les enfants de Snider ont diffusé un communiqué lundi : « Notre père était aimé et admiré pour son grand coeur, son esprit généreux et son dévouement à l'endroit de sa famille. Malgré tous ses succès en affaires et son image publique, il était avant tout un homme de famille. Il n'a jamais raté un anniversaire de naissance ni un événement familial important, et il n'a jamais laissé passé l'occasion d'offrir un mot d'encouragement. Nous nous tournions d'abord vers lui pour recevoir un conseil concernant nos vies personnelles et professionnelles. Nous avons grandi en le suivant dans les arénas, les stades et les vestiaires, tandis que les joueurs, les dirigeants et les membres du personnel de l'équipe faisaient partie de notre famille élargie. Il traitait ses employés avec respect peut importe leur statut ou leur poste, et l'homme qu'ils appelaient 'M. Snider' aurait toujours préféré qu'on l'appelle simplement 'Ed.'

« Grâce à lui, nous avons appris qu'il est important d'aider les autres et à quel point il est précieux d'aider les gens de notre communauté et même d'ailleurs. Il était un homme qui avait des convictions profondes et il n'hésitait jamais à promouvoir des causes dans lesquelles il croyait. Ses enfants et ses petits-enfants poursuivront ses œuvres philanthropiques au cours des années à venir au moyen du travail accompli par la Ed Snider Youth Hockey Foundation et la Snider Foundation. Il était révéré dans sa ville adoptive de Philadelphie, mais nous étions également dans l'orbite de sa lumière brillante et de son charisme.

« Tout au long de sa vie, il a entretenu des liens avec un cercle d'amis qu'il chérissait et qu'il aimait beaucoup - et qui l'aimaient en retour - que ce soit à Washington, D.C., à Monmouth au Maine, à Philadelphie ou à Montecito en Californie. Sans rival, toutefois, était son amour pour le club de hockey des Flyers de Philadelphie, l'équipe qu'il a mise sur pied il y a 50 ans et à laquelle il restait farouchement dévoué jusqu'à ses derniers jours. À chaque match que l'équipe disputait dans l'espoir de se qualifier pour les séries éliminatoires de ce printemps, nous espérions qu'il survive afin qu'il puisse voir les Flyers remporter juste un autre match. Il a donné tout sa force et son énergie indomptable pour vivre jusqu'à la fin de la présente saison de hockey, mais maintenant les Flyers doivent gagner sans lui.

« Il a livré son combat des dernières années, des derniers mois et des derniers jours avec courage et grâce, et il s'est souvenu de l'amour qu'il avait pour plusieurs personnes, y compris les membres de la famille des Flyers et les partisans. Nous sommes reconnaissants pour l'amour et le soutien exprimés par la communauté, ses amis et tous ceux et celles qui ont vu leur vie être touchée par lui d'une façon ou d'une autre, de près ou de loin. »

Les Flyers ont décroché leur place en séries éliminatoires de la Coupe Stanley au moyen d'une victoire de 3-1 contre les Penguins de Pittsburgh, samedi, au Wells Fargo Center. Avant la rencontre, Lauren Hart, qui a chanté l'hymne national, s'est servie de son cellulaire pour se mettre en ligne avec Snider sur FaceTime afin qu'il puisse participer aux festivités d'avant-match.

« Si Ed Snider ne pouvait pas être dans l'aréna, j'ai décidé d'amener l'aréna à lui », a déclaré Hart à CSNPhilly.com.

Plusieurs joueurs des Flyers ont fait savoir, samedi, que Snider était dans leurs pensées.

« Tu deviens un peu émotif quand tu commences à y penser, a déclaré le capitaine des Flyers Claude Giroux. Nous savons qu'il est content de nous voir atteindre les séries. Il est excité. Ce sera… Nous jouons pour lui en ce moment, c'est certain. »

« Pour nous tous, il est l'organisation des Flyers, a souligné le président de l'équipe Paul Holmgren. Il est le visage des Flyers. Il est, il était et il le sera toujours. »

C'était il y a 50 ans que Snider, Jerry Wolman et d'autres voyaient le Bureau des gouverneurs de la LNH leur accorder une équipe d'expansion. Le groupe a déboursé 2 millions $ pour l'équipe et a investi 12 millions $ pour la construction du Spectrum, le domicile des Flyers jusqu'à l'issue de la saison 1995-96.

L'amour que Snider avait pour le hockey - 'Le plus beau sport-spectacle que j'ai jamais vu', disait-il - a pris naissance quand il a regardé un match des Rangers de New York au Madison Square Garden et qu'il s'est mis à croire que les amateurs de Philadelphie ouvriraient les bras à une équipe. C'est ainsi que les Flyers sont devenus une réalité et un succès.

« Je croyais simplement que si tu es une personne ordinaire et si tu sais ce que les personnes ordinaires aiment, tu ne peux pas te tromper », avait déclaré Snider.

Et il ne s'est pas trompé. Du moins, le temps a éventuellement fini par lui donner raison.

Une foule de 7812 specateurs s'est présentée au Spectrum pour assister au premier match local dans l'histoire des Flyers, et bien qu'à leur première saison ils aient terminé au premier rang dans la section Ouest (qui a été créée pour les six équipes d'expansion qui ont commencé à jouer en 1967-68 et où les Flyers sont demeurés jusqu'à qu'on les déplace dans la section Patrick en 1974-75), une partie du toit de l'aréna s'est arraché durant une tempête et l'équipe a dû disputer ses matchs à domicile à un autre endroit pendant plus d'un mois.

Les Flyers se sont qualifiés pour les séries éliminatoires de la Coupe Stanley trois fois à leurs cinq premières saisons mais ont été incapables de l'emporter au premier tour. À cette époque, le Spectrum a fait faillite, et bien que Snider tentait de stabiliser la situation chez les Flyers, il a fait un nouveau pari et pris le contrôle de l'aréna des mains de Wolman, tout en se portant garant d'une dette de 8 millions $.

« Je l'ai fait parce que je croyais que les Flyers et le Spectrum ne pouvaient échouer », a déclaré Snider au journal The Philadelphia Inquirer en 1986. « Je savais que si je travaillais fort et que si je persévérais, j'aurais du succès. Dieu merci, c'est ce qui est arrivé. »

Les Flyers, qui étaient surnommés les 'Broad Street Bullies' en raison de leur style de jeu robuste, sont devenus la première équipe d'expansion à remporter la Coupe Stanley, réalisant l'exploit à l'issue de la saison 1973-74. Ils ont décroché la Coupe une nouvelle fois la saison suivante.

L'influence de Snider en tant qu'homme d'affaires allait au-delà du monde du hockey; il a longtemps été le président du conseil de Comcast Spectacor, une entreprise de l'industrie du spectacle qui contrôlait les intérêts des Flyers ainsi que des 76ers de Philadelphie de la NBA; de l'aréna où les deux équipes évoluaient, le Wells Fargo Center; ainsi que du réseau de télé régional qui diffusait leurs matchs.

« C'est une journée très triste pour la famille d'Ed, les Flyers, Comcast Spectacor et ses nombreux partisans à Philadelphie, a déclaré Brian L. Roberts, président du conseil et chef de la direction de Comcast Corp. Notre partenariat d'affaires a duré plus de 20 ans, ce qui semblait improbable à l'époque, et s'est éventuellement transformé en amitié très spéciale. Nous sommes tellement triste mais nous chérissons tout ce qu'Ed a accompli durant son incroyable vie. Il était tout à fait unique, incroyablement passionné et il nous manquera énormément. »

Né le 6 janvier 1933 à Washington, D.C., Snider était le fils du propriétaire d'une chaîne d'épiceries florissante et il a obtenu un diplôme en comptabilité à l'Université du Maryland. Après avoir brièvement travaillé comme expert-comptable, il est devenu le premier président de la National Association of Record Merchandisers. Sa compagnie, Edge Enterprises, s'est étendue à l'échelle nationale avant que Snider la vende et empoche ainsi des profits importants.

Peu après, il s'est joint à son beau-frère Earl Foreman ainsi qu'à Wolman, un entrepreneur en construction dans la région de Washington, pour acheter les Eagles de Philadelphie de la NFL. Il s'est chargé des activités commerciales.

« Ed était un véritable visionnaire et un pionnier qui a fait des choses formidables pour notre ville et pour le hockey, a déclaré le propriétaire et chef de la direction actuel des Eagles Jeffrey Lurie. Il était motivé par la poursuite sans relâche de la victoire et la passion qu'il éprouvait pour le sport était véritable. C'est en partie pourquoi il était si aimé et respecté par les partisans de notre ville, ses joueurs et les membres du personnel. Ils savaient que les succès de l'équipe lui tenaient autant à coeur qu'à eux. 

« Sous la direction d'Ed, les Flyers sont devenus une des concessions ayant connu le plus de succès dans la LNH, et il s'est servi de son leadership pour aider à bâtir une organisation de classe à tous les niveaux. Mais je crois que le principal héritage qu'Ed laissera, c'est son dévouement pour aider les jeunes gens de notre ville à réussir leur vie au moyen de sa fondation de hockey mineur. Nos pensées sont avec sa famille et toute l'organisation des Flyers en ces moments difficiles. »

Les Phillies de Philadelphie, qui disputaient leur match d'ouverture locale lundi après-midi contre les Padres de San Diego, ont annoncé qu'il y aurait un moment de silence en hommage à Snider. 

Snider a éventuellement établi Spectacor en tant que société de portefeuille pour les Flyers et le Spectrum. Spectacor allait éventuellement gérer la création du réseau sportif régional sur câble PRISM, ainsi que de WIP, qui est devenu la première radio parlée entièrement dédiée au sport.

Ceux et celles qui ont parlé de Snider dans le reportage du Inquirer - réalisé à l'époque où les Flyers s'apprêtaient à réaliser un deuxième parcours en trois ans jusqu'en finale de la Coupe Stanley - ont décrit un homme motivé qui était dur, mais qui avait aussi un côté plus tendre et qui désirait faire le bien dans sa communauté.

« En plus d'être intelligent, il a le courage d'avancer avec une idée à laquelle il croit et ce, malgré les risques », avait déclaré Bill Giles, un des contemporains de Snider alors qu'il occupait le poste de président des Phillies au baseball.

John Ziegler, alors le président de la LNH, avait affirmé : « Ed Snider est un homme à l'esprit humanitaire qui s'est gagné le respect et l'admiration de tous les gens qui le connaissent. »

En 1972-73, à l'occasion de la sixième saison des Flyers, l'équipe a remporté une série éliminatoire pour la première fois, défaisant les North Stars du Minnesota avant de perdre aux mains des Canadiens de Montréal. Les éléments de base d'une future équipe championne étaient toutefois en place, et rembaucher le gardien Bernard Parent durant la saison morte s'est avéré l'étincelle qui a permis à Philadelphie de décrocher la Coupe Stanley deux fois, d'abord contre les Bruins de Boston en 1974 puis face aux Sabres de Buffalo en 1975. Les Flyers ont perdu en finale contre Montréal en 1976 et devant les Islanders de New York quatre ans plus tard.

Pendant que Snider était propriétaire, les Flyers ont effectué quatre autres longs parcours en séries sans toutefois tout rafler, alors qu'ils ont perdu en finale contre les Oilers d'Edmonton en 1985 et en 1987, les Red Wings de Detroit en 1997 et les Blackhawks de Chicago en 2010, cette fois-là après avoir accédé aux séries de justesse, l'ayant emportant en fusillade lors du dernier jour de la saison régulière.

« On avait l'impression que les joueurs et l'équipe lui tenaient tellement à coeur et qu'il avait beaucoup de plaisir à suivre notre saison, à voir l'équipe bien faire et à être en coulisses, a expliqué l'ancien attaquant des Flyers Daniel Brière. Il est toujours là, il suit toujours ses affaires de près et il sait vraiment ce qui se passe. »

Snider était plus qu'un homme de sports; il a été un des membres fondateurs de l'Institut du cancer et des maladies du sang à Hahnemann University Hospital ainsi qu'un membre du conseil d'administration du National Museum of American Jewish History, musée dédié à l'histoire du peuple juif aux États-Unis.

Plus tard, il a créé la Ed Snider Youth Hockey Foundation, qui se servait du hockey pour enseigner aux enfants de centres urbains des façons de réussir leur vie. En 2008, un don de 6,5 millions $ de Snider a aidé à sauver deux patinoires publiques gérées par la ville et à les rendre opérationnelles à l'année longue.

« Le hockey est le plus beau sport jamais inventé et j'espère pouvoir fournir à une nouvelle génération d'enfants l'occasion d'apprendre et de pratiquer ce sport », avait déclaré Snider quand la fondation avait été mise sur pied. « Grâce au hockey, je veux que nos participants puissent apprendre des choses sur la vie, comment avoir du succès et à marquer des buts - pas seulement sur la glace, mais dans la vie aussi. »

Snider préférait rester à l'arrière-scène dans ses œuvres caritatives, mais il voulait aussi laisser un héritage qui indiquerait clairement à quel point il a appris à aimer le hockey.

« Les arénas sont les seules choses où j'ai apposé mon nom, a-t-il dit au Philadelphia Daily News au cours d'une entrevue réalisée en 2011. « Et si je l'ai fait, c'est parce que je voulais que ce soit mon héritage une fois que j'aurai quitté. C'est très important pour moi. »

En voir plus