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Le Match des anciens se dispute avec classe et respect

Les anciens de l'Avalanche et des Red Wings chaudement accueillis au Coors Field

par Shawn Roarke @sroarke_nhl / Directeur senior de la rédaction NHL.com

DENVER - À la fin d'un nouveau chapitre venu s'ajouter à la rivalité qui a été à l'avant-plan de la LNH pendant près d'une décennie à partir de 1996, les anciens joueurs de l'Avalanche du Colorado et des Red Wings de Detroit se sont mêlés les uns aux autres sur la patinoire du Coors Field.

Les sourires et les accolades observées vendredi ont fait oublier les visages sévères et les bousculades qui ont caractérisé les interactions entre ces deux formations par le passé, au fil des matchs souvent mouvementés et parfois violents opposant ces mêmes joueurs.

Même si cela détonnait avec l'image que plusieurs avaient des affrontements entre ces athlètes, c'était une conclusion parfaite pour le Match des anciens de la Série des stades Coors Light 2016 de la LNH.

Durant les deux heures qui ont précédé, les deux équipes ont célébré le passé qu'ils ont partagé en enfilant le chandail rouge des Red Wings et le maillot blanc de l'Avalanche, au grand plaisir d'une foule bruyante qui a rempli les gradins du stade.

Peu importe si les joueurs étaient beaucoup plus vieux, avaient les cheveux beaucoup plus gris et étaient beaucoup plus lents. L'important, c'est qu'ils se sont présentés pour ajouter un nouveau volet à cette rivalité vieille de 20 ans qui a eu beaucoup de signification aux yeux de bien des gens.

« Ce sont deux équipes qui ont fait don d'une grande quantité de leur sang les unes aux autres, a lancé l'attaquant de l'Avalanche Mike Ricci. Je crois qu'il y a toujours eu du respect entre nous, mais nous avons toujours réalisé que nous devions les battre et qu'eux, ils sentaient aussi le besoin de nous vaincre. C'était une bonne chose pour le hockey. »

Cette fois, le Colorado a battu Detroit 5-2 grâce à la performance étincelante de Patrick Roy devant le filet, un des principaux acteurs dans la trame dramatique de la rivalité, et aussi celle de Craig Billington.

Au lieu de l'animosité dont la plupart des matchs entre ceux deux formations ont été empreints, la rencontre de vendredi s'est voulue une célébration des expériences que les joueurs des deux côtés ont partagées. Le temps n'a peut-être pas guéri toutes les blessures, mais il a réussi à adoucir les rancoeurs du passé.

« Nous vieillissons », a noté l'attaquant de l'Avalanche Shjon Podein en tentant d'expliquer l'approche que les joueurs ont adoptée en 2016. « Nous avons tous des familles, des enfants et d'autres emplois, et nous avons commencé à réaliser quelles sont les choses vraiment importantes dans la vie; en fin de compte, nous avons réalisé que nous ne détestons pas ceux qui portent le maillot rouge de l'autre côté, mais qu'il y a plutôt un respect mutuel en raison du fait que chaque côté a forcé l'autre côté à donner le meilleur de soi, a poussé l'autre à donner son niveau de jeu le plus élevé qui soit. »

Les images évoquées par Podein ont été affichées au moment où il restait environ cinq minutes à jouer. Durant un arrêt de jeu, une vidéo a montré les faits saillants d'une rivalité qui a été ponctuée de cinq affrontements en séries éliminatoires de la Coupe Stanley en l'espace de sept années, de 1996 à 2002.

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Les joueurs sur la glace se sont retournés vers l'écran géant; ceux qui étaient sur le banc ont regardé eux aussi tout en tentant de retrouver leur souffle. Les 43 319 spectateurs réunis au Coors Field ont regardé également. Puis les cris et les encouragements des partisans ont commencé à fuser, doucement au début, pour ensuite monter en crescendo et se conclure par une ovation debout inoubliable, qui a fait vibrer les gradins du balcon supérieur jusqu'à la patinoire. Les joueurs, pendant quelques secondes, ont été paralysés par l'étonnement, surpris d'être à nouveau acclamés de cette façon. Ils ont ensuite levé leurs bâtons pour saluer les spectateurs.

« Ç'a été le meilleur moment du match, le signe du véritable respect qu'éprouvaient les membres des deux organisations et les partisans des deux clubs les uns pour les autres », a fait remarquer Podein.

Les partisans ont souvent été au centre de cette rivalité. L'amour qu'ils éprouvaient pour leur équipe et l'animosité qu'ils ressentaient pour l'adversaire ont été le carburant de ce qui a été une rivalité très spéciale.

Et là, ils étaient tous unis pour remercier les hommes qui ont tout donné pour eux et qui sont les auteurs des souvenirs qu'ils garderont pour toujours.

« C'était une belle sensation, a affirmé le capitaine des Red Wings Steve Yzerman. Pour être honnête, le bruit de la foule n'est pas aussi assourdissant à la hauteur de la glace dans un grand stade sans toit comme celui-là, mais le son porte quand même et ç'a été un moment spécial pour nous tous. Ç'a été une très bonne rivalité et les chants des partisans, alors que tout le monde était à l'unisson, ce n'était jamais arrivé avant. »

Tout cela a donné lieu à une soirée parfaite pour les 43 joueurs qui ont accepté de participer à l'épilogue.

« Je crois que tout le monde dans ce vestiaire s'est pincé le bras, a déclaré l'attaquant de l'Avalanche Peter Forsberg. Le match était bien, il n'y a eu rien de déplacé. C'était un bon match sans anicroche. C'était bien de revoir ces gars-là, parce que nous les respectons beaucoup. Ils ont été de grands joueurs. C'était bien de pouvoir jouer contre eux sans chercher à les détruire. »

Mais ne croyez pas un seul instant que le match n'avait aucune signification pour ces hommes qui, il n'y a pas si longtemps, se définissaient selon les résultats qu'ils obtenaient dans ce genre d'affrontement.

Lorsqu'on lui a demandé quel a été son moment préféré du match, Forsberg n'a pas hésité.

« Gagner », a-t-il dit en souriant.

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