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Le livre de Bob Sirois pourrait être utile aux décideurs du hockey québécois

LNH.com @NHL

MONTREAL - Sylvain Lalonde, directeur général de Hockey Québec, se réjouit de la publication du livre de Bob Sirois, même s'il commente avec prudence l'une des conclusions de l'ancien joueur des Flyers de Philadelphie et des Capitals de Washington, à savoir qu'il faudrait mettre sur pied une équipe Québec junior pour contrer la discrimination à l'endroit des hockeyeurs québécois francophones.

Lalonde n'avait pas encore lu le bouquin publié aux Editions de l'Homme, lundi, même s'il en connaissait plusieurs passages puisque Sirois a donné des conférences pour Hockey Québec plus tôt cette année. Le directeur général disait avoir hâte d'en prendre connaissance de façon plus détaillée, question de voir si les nombreuses statistiques colligées par Sirois pourront l'aider dans son travail de lobbying auprès des instances de Hockey Canada.

"Ca vient mettre des éléments clés sur la table pour nous, de nouvelles perspectives par rapport à des chiffres et à des faits", a dit Lalonde lors du lancement lundi de "Le Québec mis en échec: la discrimination envers les Québécois de la LNH".

"Ca va sûrement venir appuyer toutes les démarches que Hockey Québec fait présentement par rapport à toutes les perceptions, les mythes ou les stéréotypes qu'on peut avoir (à l'égard des hockeyeurs québécois)", a-t-il ajouté.

"Les statistiques qu'il nous donne laissent présager de nouvelles avenues qu'on pourrait emprunter, de nouvelles façons d'analyser ce qui se fait au Québec."

Lalonde s'est dit entièrement favorable avec l'une des deux grandes conclusions de Sirois dans son livre, à savoir qu'il faudrait ramener une équipe professionnelle à Québec pour donner plus de visibilité aux joueurs francophones, comme ç'a été le cas à l'époque des Nordiques, et ainsi combattre les préjugés. Ca aurait l'effet, a affirmé le directeur général, de revigorer le hockey amateur dans la région de la capitale québécoise.

Il s'est toutefois fait plus évasif en commentant l'idée de mettre sur pied une équipe Québec junior.

"On pourrait déclarer que ce serait fort intéressant d'avoir notre propre équipe, mais il y a tellement de paramètres à observer par rapport aux règlements internationaux, à la législation qu'il faudrait avoir pour bâtir une équipe comme celle-là, a affirmé Lalonde. Il faut comprendre qu'on fait partie d'une fédération nationale qui elle, fait partie d'une fédération internationale.

"On a quand même fait quelques pas en changeant nos règlements, en 2007, pour se doter d'une vision internationale."

Lalonde est d'avis qu'il sera plus productif, à long terme, de travailler à l'intérieur des structures établies.

"Il faut prendre la place qui nous revient, il faut être présent sur la scène nationale dans différents comités. On n'est pas à part, on fait partie de cette grande famille et on défend bien nos choses, a-t-il dit à propos du travail des dirigeants de Hockey Québec. Et quand je dis défendre nos choses, ça ne veut pas dire de toujours être contre tout. Ce qu'il faut faire, c'est travailler en collégialité pour faire passer nos idées. Et pour faire passer nos idées, il faut être présent. On fait partie du réseautage."

Là où Sirois, Lalonde et la LHJMQ se rejoignent d'ailleurs, c'est lorsqu'ils affirment que le monde du hockey fonctionne par réseautage. Le meilleur moyen de combattre cette pratique est de faire la même chose, laissent-ils entendre. Lalonde n'a d'ailleurs rien contre le fait que Guy Boucher, dès qu'il a été embauché par le Canadien de Montréal pour diriger son club-école, ait recruté Martin Raymond et Daniel Lacroix comme adjoints.

Karl Jahnke, porte-parole de la LHJMQ, s'est également dit bien d'accord que Boucher combatte ainsi le feu par le feu.

"Cet été, le Canadien est allé chercher Gabriel Dumont au repêchage et Philippe Lefebvre tout de suite après, ce n'est pas une coïncidence", a noté Jahnke en faisant allusion aux deux hockeyeurs qui ont joué sous les ordres de Boucher avec les Voltigeurs de Drummondville, l'hiver dernier. "C'est parce que Guy Boucher a apprécié ces joueurs-là et qu'il a de l'influence au sein de l'organisation du Canadien."

Le sort réservé aux joueurs québécois "dépend beaucoup des personnes qui sont à la tête des équipes de la Ligue nationale, qui ont le pouvoir décisionnel. S'il y a plusieurs personnes haut placées dans un club qui proviennent des Etats-Unis, de la Ligue junior de l'Ontario ou de la Ligue de l'Ouest, c'est sûr qu'ils ont une tendance à sélectionner les joueurs qu'ils connaissent le mieux", a souligné Jahnke.

"Si on regarde par exemple les équipes de Buffalo, Pittsburgh et Columbus, qui ont des gens (qui connaissent bien le Québec) qui occupent des postes d'influence, ils choisissent souvent des joueurs de chez nous."

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