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Le hockey en chiffres : Radulov parmi les bons coups

Bouchard : les meilleures et les pires décisions lors de l'ouverture du marché des joueurs autonomes

par Olivier Bouchard / Chroniqueur LNH.com

On attendait un feu roulant d'action vendredi à l'ouverture du marché des joueurs autonomes sans compensation et on l'a eu. Dans l'ensemble, je suis extrêmement surpris de la longueur de nombreux contrats. Il me semble que bien des directeurs généraux assument qu'ils ne seront pas là pour ramasser les dégâts lorsque ces joueurs signés à grands frais deviendront des joueurs de soutien surpayés.

Trois bons coups

Alexander Radulov, Canadiens de Montréal, 5,75 millions $ par saison pour un an

Le directeur général des Canadiens Marc Bergevin a connu un début de journée relativement tranquille. Al Montoya lui évitera de se retrouver coincé pour acquérir un gardien à un prix impossible si par malheur Carey Price se blesse de nouveau. Zach Redmond est un honnête 7e défenseur droitier, ce que les Canadiens n'ont pas vraiment en réserve.

Mais Radulov, c'est une autre paire de manches. Âgé de 29 ans (il aura 30 ans mardi), l'ailier a encore de la mine dans le crayon. Un estimé conservateur fait par le blogueur Bruce Peter donnait en 2011 un ratio de 0,65 point entre la LNH et la KHL, ce qui, si on se fie aux dernières saisons de Radulov, ferait de lui un marqueur d'environ 60-65 points. En 2015, Rob Vollman donnait quant à lui un estimé de 0,8 point d'équivalence, faisant de Radulov un marqueur de plus de 70 points.

À 5,75 millions $ pour une seule saison, c'est un superbe contrat pour les Canadiens. Il n'y avait tout simplement pas d'attaquants « top-6 » disponibles ayant le talent du russe et les autres joueurs disponibles demandaient tous des ententes à long terme. Montréal garde sa flexibilité salariale pour l'an prochain (alors que Nathan Beaulieu et, surtout, Alex Galchenyuk seront joueurs autonomes avec compensation) et se paye un potentiel joueur d'impact.

Brian Campbell, Blackhawks de Chicago, 1,5 million $ par saison pour un an

Un autre coup de maître. Campbell ne marque plus comme à ses belles années (sa contribution est à la limite de celle d'un défenseur no 2), mais il est encore aujourd'hui un remarquable contributeur sur le plan du jeu de possession de rondelle. Les belles années du tandem Brent Seabrook - Duncan Keith semblent révolues, ce dernier travaillant désormais avec Niklas Hjalmarsson. Derrière ce duo de leveurs de fonte on avait besoin d'un appui pour Seabrook, qui prend un coup de vieux. Campbell est le compagnon tout désigné et, surtout, n'est sous contrat que pour une saison.

Jason Demers, Panthers de la Floride, 4,5 millions $ par saison pour cinq ans

Demers est, à mon sens, un clone de Jeff Petry . Un défenseur droitier polyvalent, Demers n'aura pas à jouer le premier rôle, réservé à Aaron Ekblad. Pour tout dire, je suis surpris de voir le prix et la durée de ce contrat, qui s'achèvera lorsque Demers n'aura que 32 ans. Pour une acquisition sur le marché des joueurs autonomes sans compensation, c'est remarquable et ça couronne une séquence spectaculaire des Panthers.

 

Trois mauvais coups

David Backes, Bruins de Boston, 6 millions $ par saison pour cinq ans

Backes a 32 ans et lorsqu'on regarde ses statistiques, on constate qu'il produit au même rythme qu'Eric Staal, qui affiche de bien meilleurs scores aux indicateurs de possession de rondelle et qui a signé un contrat de trois ans pour 3,5 millions $ par saison avec le Wild du Minnesota. Les Bruins ont, outre Patrice Bergeron et David Krejci, Ryan Spooner qui a émergé comme troisième centre l'an dernier. Même si Backes, un centre naturel, est capable d'évoluer à l'aile droite, c'est une curieuse embauche et un contrat terriblement long pour un joueur de cet âge.

Matt Martin, Maple Leafs de Toronto, 2,5 millions $ pour quatre ans

C'est une chose de signer Roman Polak pour une saison. Au mieux, on peut (encore une fois!) l'échanger à la date limite des transactions contre un choix. Au pire, on l'envoie dans les estrades si un jeune prend sa place.

Mais ça en est une autre de donner quatre fois le salaire minimum à un joueur qui n'a pas de véritable utilité. Martin semble avoir eu un certain impact défensif, réduisant la capacité de l'adversaire à obtenir des tirs. Mais Martin a peu joué, et il l'a fait essentiellement contre des quatrièmes trios adverses. La longueur du contrat rend impossible de l'échanger et son salaire lui donne un statut qui risque de lui assurer un poste dans l'alignement au détriment de jeunes plus efficaces (même Mike Babcock tombe dans ce piège). Dans un contexte de reconstruction, ce genre de contrat n'a pas de sens. Dans n'importe quel contexte, en fait.

Loui Eriksson, Canucks de Vancouver, 6 millions $ par saison pour six ans

Eriksson n'est pas un mauvais joueur, bien au contraire. Il y a les problèmes récents de commotion cérébrale, certainement. Mais il y a aussi le fait que les aptitudes défensives d'Eriksson, bien réelles lors de ses débuts à Dallas, y avaient graduellement disparu avant de reparaître à Boston. Bref, il semble bien que le Suédois soit capable de contribuer défensivement, mais seulement à l'intérieur de certains cadres. Dans ce contexte, je trouve étrange qu'une équipe en déclin rapide comme les Canucks investisse autant dans ce genre de joueur. Oui, les jumeaux Sedin sont encore sensationnels, mais pour combien de temps encore? Et derrière eux, qui va prendre le relais? Un bien drôle de décision, qui pourrait se révéler encombrante pour Jim Benning, ou particulièrement son successeur.

 

Trois drôles de coups

Mikkel Boedker et David Schlemko, Sharks de San Jose

Les Sharks ont à composer avec le déclin de Patrick Marleau et ne sont pas certain de qui, entre Joel Ward, Matt Nieto et Melker Karlsson, peut vraiment prendre sa place dans le top-6. Boedker, âgé de 26 ans, n'aura que 30 ans au terme de ce contrat de 4 millions $ par saison pour quatre ans et a deux saisons de 50 points à son actif. En même temps, ces statistiques sont largement le fait d'un généreux temps d'utilisation avec les Coyotes de l'Arizona et les indicateurs de possession de rondelle ne sont vraiment pas flatteurs à son sujet. Le talent est bien réel. Semble qu'on fait le pari à San Jose qu'on saura donner un certain lustre à son jeu. Le pari n'est pas évident, mais il est intéressant, parce qu'on prend un risque sur un joueur offensif.

Schlemko est aussi un cas particulier. La saison 2015-16 est la seule, depuis le début de sa carrière, qu'il a passée entièrement dans la LNH. Les habitués de la navette LNH-LAH n'obtiennent généralement pas de contrats de quatre ans pour 2 millions $ par saison, mais Schlemko, âgé de 29 ans, est un cas particulier. Sa saison complète a permis aux autres clubs d'évaluer plus précisément ses qualités et ses défauts et, comme défenseur à caractère offensif qui peut jouer à droite et à gauche, il correspond exactement à ce qui a manqué à la défensive des Sharks en séries éliminatoires de la Coupe Stanley : de la mobilité et une première passe précise pour sortir la rondelle de la zone. Si on ajoute à ça le fait qu'on pourra l'envoyer au besoin sur l'avantage numérique pour diminuer le nombre de minutes qu'on donne à Marc-Édouard Vlasic, Schlemko se trouve tout simplement au bon endroit au bon moment. Encore ici, on prend un risque, mais sur du talent offensif dans la fleur de l'âge.

Thomas Vanek, Red Wings de Detroit, 2,6 millions $ pour un an

Tout le monde aime détester le gros Vanek. Ses indicateurs de possession de rondelle sont abominables, mais selon Corsica.hockey, il est parmi les joueurs dont l'équipe, depuis trois ans, a le plus haut taux de conversion de tirs en buts. Si on est capable de lui adjoindre des joueurs qui savent amener la rondelle en zone adverse, l'Autrichien peut faire bien des dégâts, tant par ses talents de buteur que de fabricant de jeu.

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