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Le hockey en chiffres : l'heure des ajustements

Les Sharks doivent tirer profit de l'avantage de la glace afin de gagner le jeu d'échecs

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Le match no 2 de cette série Finale de la Coupe Stanley, une victoire de 2-1 en prolongation des Penguins de Pittsburgh, a été beaucoup plus serré.

L'entraîneur des Sharks de San Jose Peter DeBoer a mis du temps à s'ajuster, ce qui s'explique probablement en partie par le fait que son équipe a généralement su s'adapter rapidement depuis à chaque nouvel adversaire depuis le début des séries éliminatoires de la Coupe Stanley. Après une deuxième période difficile et face à une défensive coriace, il a fini par bouger.

Les deux équipes ont obtenu 12 chances de marquer à 5 contre 5, les Penguins allant chercher un léger avantage sur les unités spéciales, 3 chances en quatre minutes à 5 contre 4, alors que les Sharks n'en ont obtenu qu'une seule en deux minutes jouées dans cette même situation. J'en avais fait peu de cas en ouverture de série, mais l'unité de désavantage numérique de Pittsburgh est nettement plus efficace que ce qu'ont affronté les Sharks jusqu'ici. On sent les Californiens un peu déboussolés sans cette prime à l'indiscipline adverse.

Je m'interrogeais mercredi sur la nature des ajustements à venir du côté des Sharks. La bonne performance de l'équipe en première période (avantage 5-3 aux chances à 5 contre 5) montre bien que l'alignement habituel a du ressort. Mais une deuxième difficile (1-5 aux chances, un but accordé) semble avoir forcé la main de DeBoer. On a donc Joel Ward aux côtés de Logan Couture et Joonas Donskoi, un geste qui a payé, ce trio donnant trois chances aux Sharks en troisième période.

Mais le problème est ailleurs. Je reviens d'abord sur la distribution du temps de jeu des défenseurs des Sharks lors du premier match. Brenden Dillon et Roman Polak ont été tenus loin du trio de Sidney Crosby ainsi que de celui de Phil Kessel. Ce qui laissait tout de même Evgeni Malkin en maraude. Marc-Edouard Vlasic était assigné à couvrir Crosby, alors que Brent Burns et Paul Martin ont souvent vu le trio de Kessel. Ce qui sauvait la troisième paire, dans ce contexte, ce sont les minutes passées contre le quatrième trio de Pittsburgh.

On a augmenté le temps de jeu des deux premiers duos lors du deuxième match et coupé dans celui du troisième. Seul problème, on a continué à voir Malkin passer beaucoup de temps contre Dillon et Polak, plus que contre les autres duos, en fait. Pire encore, ce duo a vu son temps passé contre la quatrième ligne adverse diminuer au profit du trio de… Phil Kessel!

On voit un peu où tout cela nous conduit. Le but accordé en fin de deuxième période l'illustrait clairement, Dillon et Polak ne savent pas vraiment comment se débrouiller contre un attaquant d'élite. Contre des équipes qui tendent à concentrer ces joueurs sur un ou deux trios, ça passe. Mais les Penguins ne mangent pas de ce pain-là. Au cours du match no 2, Kessel (84 pour cent), Malkin (77 pour cent) et Crosby (89 pour cent) ont passé l'essentiel de leur temps de jeu loin des deux autres attaquants d'élite des Penguins. Parce que ces trois joueurs sont mutuellement exclusifs, il devient impossible de protéger complètement la troisième paire de défenseurs en s'assurant simplement de les soustraire à tel ou tel trio, surtout à l'étranger.

Bref, Dillon et Polak ont besoin d'aide. Et le problème semble être que le troisième trio des Sharks est incapable de leur donner ce dont ils ont besoin, soit un appui sur le jeu de transition. C'est en changeant de zone en contrôlant la rondelle qu'on améliore ses chances de faire quelque chose de bon. Si Polak et Dillon ne peuvent faire ça tout seul, c'est aux trios qui les accompagnent de les aider.

On parle ici du deuxième et du troisième trio.

Qu'il soit piloté par Chris Tierney ou Patrick Marleau, c'est le troisième trio qui est le principal partenaire de la troisième paire. Et ce trio en arrache passablement en transition.

DeBoer, lorsqu'il a choisi de brasser la soupe en troisième période, a envoyé Patrick Marleau sur la troisième ligne. Je ne suis pas totalement convaincu de la pertinence du geste. Pire encore, je me demande si DeBoer n'est pas un peu coincé. Les vestiaires de la LNH sont des milieux terriblement accrochés à l'ancienneté, et Patrick Marleau est un vétéran respecté, qui joue encore beaucoup, notamment sur l'avantage numérique.

Sa rétrogradation n'est donc venue que tardivement, mais l'impact positif sur la deuxième ligne s'est immédiatement fait sentir. En une période, Ward, Couture et Donskoi ont organisé pas moins de 13 transitions en contrôle du disque, contre huit en deux périodes avec Marleau.

Reste à voir si Marleau peut prendre le relais sur la troisième trio. En fait, à voir comment son départ a aidé la deuxième ligne, on doit se demander s'il ne va pas couler (encore plus) la troisième. Et, ce faisant, s'il ne va pas contribuer à l'implosion du troisième duo de défenseurs. Chris Tierney n'a vraiment pas mal fait dans ce rôle jusqu'ici; si le vétéran ne fait pas le travail, DeBoer devra agir rapidement, que ce soit en le ramenant à l'aile ou en le rétrogradant sur la quatrième ligne.

D'une façon ou d'une autre, les ajustements nécessaires n'ont pas encore été effectués. Si on ne trouve pas la bonne formule, on est condamné à voir un des trios attaquants d'élite des Penguins exploiter la faiblesse de Dillon et Polak.

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