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Le hockey a fait ses débuts olympiques aux Jeux d'été

Le Canada a remporté sa première médaille d'or à Anvers en 1920

par Dave Stubbs @Dave_Stubbs / Chroniqueur NHL.com

Pendant le mois d'août, le monde entier aura les yeux rivés sur Rio de Janeiro, à l'occasion des Jeux de la XXXIe Olympiade qui présenteront des disciplines sportives allant de l'athlétisme au volley-ball, à la suite de la cérémonie d'ouverture vendredi.

C'était en 1920 que le « hockey sur glace », appelé ainsi pour le distinguer de la version présentée sur pelouse partout dans le monde, a fait ses débuts aux Jeux olympiques quand sept pays ont curieusement participé aux Jeux d'été de la VIIe Olympiade à Anvers, en Belgique.

Quatre ans plus tard, le hockey sur glace a été présenté aux premiers Jeux d'hiver à Chamonix, en France. Mais en 1920, sans tambour ni trompette, et même avant la cérémonie d'ouverture à Anvers, la première rondelle olympique a touché la glace sur une patinoire belge pour amorcer un tournoi qui a tout autant ravi que confondu les spectateurs.

Jusque-là, le Comité international olympique (CIO) s'était montré réticent de même considérer l'ajout du hockey sur glace à son programme, citant le manque de participants européens comme principale raison. Mais en 1920, le CIO a reçu l'engagement du pays hôte, de la France, de la Suisse, de la Suède et d'un nouveau pays, la Tchécoslovaquie. L'Allemagne et l'Autriche étaient parmi un groupe de pays exclus des Jeux d'Anvers en raison de leur participation à la Première Guerre mondiale.

En effet, c'était la première Olympiade tenue après la fin de la guerre, les Jeux de 1916, prévus pour Berlin, ayant été annulés. La Belgique, qui avait été ravagée par la guerre, est devenue le choix symbolique pour présenter les Jeux en 1920, le CIO envoyant le message que le monde commençait à se remettre et que le pays hôte incarnait parfaitement les idéaux exprimés deux décennies plus tôt par le baron français Pierre de Coubertin, fondateur des Jeux olympiques modernes.

Ç'a été la première Olympiade au cours de laquelle le célèbre drapeau avec les cinq anneaux enlacés a été hissé et pendant laquelle le serment olympique a été prononcé.

Ce fut donc sur cette tribune historique à Anvers que le hockey sur glace a fait son entrée aux Jeux olympiques. Avec le patinage artistique, il a fait partie du cadre des Jeux d'été qui ont duré du 23 avril au 12 septembre (le tournoi de hockey a eu lieu du 23 au 29 avril).

Dans son livre de 2009 « Canada's Olympic Hockey History: 1920-2010 », l'auteur Andrew Podnieks soulève une autre raison pour laquelle le hockey sur glace a été admis dans le club exclusif du CIO en 1920: les directeurs du Palais de Glace d'Anvers ont fait valoir avec insistance que la surface glacée serait de toute façon utilisée tant par les hockeyeurs que par les patineurs artistiques.

Les tergiversations se sont éternisées: les cinq participants européens, ainsi que le Canada et les États-Unis, n'ont su que le hockey sur glace serait du programme deux mois seulement avant le début des Jeux.

Et le calibre n'allait être d'aucune mesure comparable à celui du hockey olympique moderne grâce à la présence des joueurs de la LNH et aux meilleures joueuses de hockey féminin du monde.

Le Canada a sélectionné un club pour représenter le pays en Belgique. Les Falcons de Winnipeg venaient de remporter la Coupe Allan, remis à la meilleure équipe amateur canadienne, en défaisant l'équipe de l'Université de Toronto 8-3 et 3-2 dans une série finale de deux matchs.

Le voyage en mer de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, à Liverpool, en Angleterre, a duré une semaine et a coûté environ 10 000 $, une somme payée par le prix en argent gagné avec la Coupe Allan, ainsi que des dons du gouvernement du Manitoba et de la ville de Winnipeg.

Ce fut un voyage sans histoire au travers de l'Atlantique sur la S.S. Melita pour l'équipe canadienne, qui comprenait sept joueurs d'origine islandaise et six joueurs qui allaient retourner en Europe après avoir servi pendant la guerre.

Le seul incident, selon Podnieks, est survenu quand le capitaine Frank Fredrickson s'est blessé à la tête après être tombé de son lit.

« Le charpentier du navire, a-t-il écrit, a taillé deux douzaines de bâtons du bois que l'équipe avait obtenus à Montréal. Ce sont les seuls bâtons que les Falcons allaient utiliser aux Jeux olympiques. »

La deuxième étape du voyage a ramené l'équipe de Dover à Ostende, en Belgique, pour les Jeux.

Le Canada a été considéré comme étant le favori dans une formule à six joueurs et un maraudeur pendant deux périodes de 20 minutes, sans remplacement. Si un joueur se blessait, l'autre équipe devait retirer un joueur afin de maintenir l'égalité, du moins numériquement.

Les équipes ont disputé un tournoi selon le système d'élimination « Bergvall », une formule peu commune pour déterminer les participants à la ronde des médailles, sous les « Règles canadiennes ». Ces règles avaient été écrites par le directeur des Falcons et pionnier du hockey William Hewitt, père du futur légendaire commentateur de hockey Foster Hewitt, et ont requis quatre juges de but ainsi qu'une multitude d'officiels hors glace.

Les matchs ont été présentés sur une patinoire d'environ 170 pieds par 65 pieds, mais elle semblait être encore plus petite en raison des sept patineurs par équipe. Des spectateurs bien nantis ont luxueusement dîné dans les gradins alors qu'un orchestre jouait pendant le déroulement des matchs.

Le Canada n'a pas exactement été mis au défi pendant ce premier tournoi, ayant battu la Tchécoslovaquie 15-1 dans son premier match. Les États-Unis, une équipe d'étoiles réunie pour ce tournoi, ont représenté un défi plus imposant pour les Falcons, mais ils se sont inclinés par la marque de 2-0.

Le Canada a enfin vaincu la Suède 12-1 en finale pour gagner la médaille d'or. Les Américains ont écrasé la Suède 7-0 et la Tchécoslovaquie 16-0 dans le tournoi pour s'emparer de la médaille d'argent. Les Tchèques ont mis la main sur la médaille de bronze grâce à une victoire de 1-0 contre la Suède.

Fredrickson, même après sa chute nocturne, a marqué 12 buts en trois matchs. Haldor « Slim » Halderson, qui était un des deux joueurs de l'équipe à jouer dans la LNH (Fredrickson étant l'autre), a inscrit neuf buts, tandis que le gardien Wally Byron n'en a alloué qu'un, et il a apparemment été horrifié de l'avoir cédé.

Les Canadiens, triomphants, ont été chaleureusement fêtés après leur victoire, passant d'un banquet à l'autre à titre d'invités d'honneur pour côtoyer plusieurs chefs militaires et politiques. Le privilège qu'ils ont reçu en Belgique a été incroyable: leur navire a été le seul autorisé à quitter le port du Havre, fermé en raison d'une grève, pour entamer leur voyage de retour transatlantique.

Les Falcons ont eu droit à un accueil triomphal à leur retour au Canada. Ils ont célébré leur victoire à Montréal et à Toronto avant que Winnipeg ne leur ait déroulé un tapis rouge qui semblait sans fin.

L'équipe canadienne a ensuite gagné l'or aux Jeux d'hiver en 1924, 1928 et 1932 avant d'être surprise par la Grande-Bretagne à Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne, en 1936. Le pays a rebondi pour remporter la médaille d'or en 1948 et 1952 -- les Jeux de 1940 et 1944 ayant été annulés en raison de la Deuxième Guerre mondiale -- avant de vivre une disette de 50 ans -- 12 Olympiades -- avant son retour au sommet du podium à Salt Lake City en 2002. Le Canada a ajouté à sa collection de médailles d'or en 2010 et 2014.

Tous les tournois, sauf celui historique de 1920, ont été présentés dans la cadre de Jeux olympiques d'hiver, tout comme ils le feront à l'avenir.

C'est peut-être aussi bien cette année parce qu'il y a déjà tant de maux de tête provoqués par l'organisation des Jeux de Rio de Janeiro, sans devoir construire une patinoire de hockey sur la plage de Copacabana!

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