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Le chemin de croix de Drake Batherson

L'espoir des Sénateurs d'Ottawa a connu sa part d'échecs, mais il a toujours persévéré pour parvenir à son but

par Guillaume Lepage @GLepageLNH / Journaliste LNH.com

Drake Batherson n'a jamais rien tenu pour acquis. Dans les faits, il n'a tout simplement jamais eu l'occasion de le faire.

À seulement 19 ans, le Néo-Écossais né à Fort Wayne, en Indiana, a déjà reçu sa juste part de claques au visage.

La liste est longue: ignoré à sa première année d'admissibilité au repêchage de la LHJMQ à 16 ans, sélectionné en sixième ronde puis retranché par les Screaming Eagles du Cap-Breton à 17 ans, ignoré à sa première année d'admissibilité au repêchage de la LNH à 18 ans...

À ce compte, on aurait facilement pu comprendre s'il avait décidé d'abandonner son rêve d'un jour pouvoir gagner sa vie en jouant au hockey comme l'a fait son père Norm dans la Ligue américaine et en Europe, notamment.

C'est sans connaître le jeune Batherson.

« À ma première saison complète à 18 ans, je voulais démontrer mes habiletés et je ne pensais pas vraiment à la possibilité d'être repêché, a-t-il dit en entrevue avec LNH.com. Les choses se sont mises à rouler pour moi, je jouais bien et j'amassais des points. »

À force d'efforts et d'acharnement, l'attaquant de 6 pieds 2 pouces et 188 livres a récolté 58 points, dont 22 buts, en 61 rencontres après s'être taillé une place dans la formation à sa deuxième tentative.

C'est à partir de ce moment que des équipes de la LNH ont commencé à démontrer de l'intérêt envers lui, même s'il en était à sa deuxième année d'admissibilité au repêchage.

« Ç'a toujours été mon but de jouer dans la LNH, mais je me suis développé sur le tard, a expliqué Batherson. Le rêve a toujours été là, mais je n'aurais jamais pensé me retrouver dans la position dans laquelle je suis maintenant. Tout ça, c'est venu grâce au travail acharné et au fait que je n'ai jamais abandonné. »

Cette position, elle est enviable. Sélectionné en quatrième ronde (121e au total) par les Sénateurs d'Ottawa en juin dernier, le robuste patineur a tellement impressionné aux différents camps de l'équipe qu'il a signé son premier contrat professionnel au début du mois d'octobre.

Tweet from @drrakebatherson: Honoured to sign my first NHL contract with @Senators Thanks to everyone who has helped me along the way! #GoSensGo pic.twitter.com/QwDTuaY8cD

« Tout ce qu'il a, il l'a mérité, a déclaré le directeur général et entraîneur des Screaming Eagles Marc-André Dumont. Il a dû travailler, il a dû bûcher pour obtenir toutes les promotions et les réalisations qu'il a eues jusqu'à présent. C'est de bon augure pour l'avenir s'il continue à concevoir sa carrière de cette manière-là. »

Maintenant en constante ascension, la machine Batherson fonctionne à plein régime et ne semble pas vouloir s'arrêter. Le numéro 19 des Screaming Eagles a déjà récolté 29 points, dont 17 buts, en seulement 17 rencontres et trône au sommet des pointeurs de la LHJMQ. 

Si bien que plusieurs se mettent à croire qu'il pourrait éventuellement être considéré comme étant le « vol » du dernier repêchage.

« Je veux simplement devenir le meilleur joueur que je peux, a-t-il humblement déclaré. Je vais continuer à travailler fort en espérant qu'un jour les gens parlent de moi de cette manière. »

Croissance tardive

Batherson était loin d'avoir la charpente qu'il a désormais lorsque l'équipe de recruteurs des Screaming Eagles l'a repéré alors qu'il jouait dans les rangs midget en Nouvelle-Écosse. À 5 pieds 7 pouces et 100 quelques livres, il semblait plutôt frêle sur la patinoire.

« Il était tout petit, mais il n'y avait pas de doute sur son flair offensif, s'est souvenu Dumont. Nous voyions qu'il y avait un grand potentiel de croissance, c'était clair qu'il n'avait pas atteint sa maturité physique. Ç'a avait été la même chose pour son père, il avait eu une poussée de croissance vers 17-18 ans. »

L'équipe de recruteurs des Screaming Eagles a donc décidé de prendre un risque avec lui en sixième ronde au repêchage de la LHJMQ.

Il a participé au camp d'entraînement subséquent à 17 ans, mais l'équipe était à la fin d'un cycle et comptait déjà sur plusieurs éléments offensifs, comme Giovanni Fiore et Pierre-Luc Dubois.

« Nous ne voulions pas garder Drake dans un rôle secondaire, a argué Dumont. Nous voulions lui permettre de continuer son développement. Il est donc retourné au niveau junior A. Au camp l'année suivante (2016-17), il était mature physiquement et il ne faisait aucun doute qu'il serait un joueur à surveiller dans les mois suivants. »

C'est ce qu'on appelle voir juste.

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