Skip to main content

L'atout des Sénateurs, c'est que tous travaillent à l'unisson

Le défenseur vedette Erik Karlsson montre la voie à ses coéquipiers

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

NEW YORK - Guy Boucher a cité une des célèbres phrases du regretté entraîneur de basketball américain John Wooden, mardi soir, quand on lui a demandé comment les Sénateurs d'Ottawa pouvaient se retrouver en finale de l'Association de l'Est, même si peu de gens les voyaient se rendre jusque-là avant la saison régulière et même il y a quelques mois à peine.

« John Wooden ne pouvait pas mieux dire quand il a déclaré qu'il n'y a pas de limite à ce qu'une équipe peut accomplir quand aucun joueur ne tient à avoir de mérite », a relevé l'entraîneur des Sénateurs, à l'issue de la victoire de 4-2 de ses troupiers qui a sonné le glas des Rangers de New York.

« Je sais que nous avons dans nos rangs un joueur de la trempe d'Erik (Karlsson), a-t-il élaboré. Mais si vous le voyez jouer et exercer son leadership sur la glace, ce n'est jamais pour en retirer quoi que ce soit sur le plan personnel. 

« J'ai adoré le leadership dont il a fait preuve en troisième période. Il était détendu et en contrôle, a ajouté Boucher. Il s'est appliqué à faire correctement les détails au lieu de tenter des jeux spectaculaires qu'un joueur talentueux comme lui pourrait essayer de faire.

« Vous avez également vu les attaquants Bobby Ryan et Mike Hoffman bloquer des tirs ainsi que Mark Stone et Kyle Turris payer le prix, a-t-il poursuivi sa tirade. Quand vos joueurs les plus talentueux acceptent de faire des sacrifices, c'est parce qu'ils n'ont rien à cirer de qui reçoit le mérite. Ils le font pour le groupe, pas pour leur propre gloriole. C'est le principal atout de notre équipe cette saison, pas uniquement en séries éliminatoires. Les joueurs ont développé un fort sentiment de confiance les uns envers les autres. Ils méritent ce qui leur arrive parce qu'ils travaillent à l'unisson. »

Peu de temps auparavant, l'attaquant Stone avait dit exactement la même chose que son entraîneur.

« Nous jouons comme une équipe, a-t-il mentionné. Nous avons évidemment une super-vedette en Karlsson qui nous montre la voie. Mais les 20 gars en uniforme à chacun des matchs se serrent les coudes. Nous avons du succès quand le temps d'utilisation est bien réparti entre tout le monde. Les gars n'hésitent pas à bloquer des lancers ou ils réussissent un gros but. Ça raffermit les liens entre nous. Nous savons que nous ne sommes pas une équipe explosive à l'attaque. C'est quand nous jouons ensemble que nous pouvons connaître du succès. »

Le phénomène Karlsson

Karlsson a continué d'épater la galerie, même sur une seule jambe ou presque. Il a été le joueur le plus utilisé des deux équipes, avec 28:44. Il a réussi le but qui a ébranlé le moral des Rangers en deuxième période, celui qui allait s'avérer celui de la victoire, en plus de récolter une passe et de terminer la soirée avec un différentiel de plus-4.

Il est le digne successeur au trône du roi Henrik Lundqvist, son compatriote suédois des Rangers.

« Il n'y a plus rien qui nous surprend de sa part parce que nous le côtoyons sur une base quotidienne, a souligné l'attaquant Kyle Turris. Il a toujours été comme ça, les jeux qu'il réalise sont à couper le souffle. J'estime qu'il a atteint un autre palier d'excellence en séries éliminatoires. En ce sens, c'est nouveau pour nous. »

L'entraîneur Boucher a expliqué être rendu blasé en voyant les prouesses de son capitaine.

« C'est triste peut-être, mais je suis habitué, a-t-il lancé. J'ai déjà dirigé d'autres super-vedettes comme Sidney Crosby. Ce qui est impressionnant pour moi de ces gars-là, c'est qu'ils ont une façon de voir le jeu comme au ralenti. Ils sont capables d'accélérer le jeu, mais dans leur tête ça se passe au ralenti. Ils voient quelques jeux à l'avance. Ils peuvent manier la rondelle sans jamais la regarder. Je l'ai déjà vu manier la rondelle pendant 30 secondes sans jamais la regarder. Je n'avais jamais vu ça de ma vie. On parle de phénomènes. C'est triste de dire que je suis habitué. Je devrais rester émerveillé, mais je le vois faire tous les jours. » 

Karlsson accomplit tout ça malgré qu'il souffre d'une blessure au talon gauche. C'est lui-même qui l'a dit à l'issue de la victoire en six matchs des Sénateurs au premier tour des séries contre les Bruins de Boston.

Le vétéran attaquant Clarke MacArthur a dit que les journées les plus douloureuses pour son coéquipier sont sans doute celles où l'équipe ne joue pas.

« Il doit y avoir davantage de mal et d'enflure entre les matchs », a-t-il opiné.

Interrogé au sujet de sa blessure, Karlsson a simplement rétorqué qu'on ne ressent jamais la douleur en séries de la Coupe Stanley.

Les Sénateurs ont célébré leur réussite avec réserve et modestie.

« Il reste beaucoup de chemin à parcourir, a rappelé Karlsson. Nous allons savourer la victoire pendant quelques heures. Nous allons vite nous remettre à la tâche. »

En voir plus