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Laraque inspiré par le courage et la sérénité de Willie O'Ree

L'ancien attaquant des Canadiens admire le cheminement de celui qui est devenu le premier joueur noir dans la LNH il y a 60 ans

par Dave Stubbs @Dave_Stubbs / Chroniqueur NHL.com

MONTRÉAL - Georges Laraque, un colosse de 6 pieds 3 pouces qui approche les 300 livres, déclare d'emblée qu'il ne pourrait jamais remplir les patins du maigrichon Willie O'Ree, qui mesurait 5 pieds 10 pouces.

C'est O'Ree qui a brisé la barrière raciale dans la LNH quand il s'est présenté sur la glace du Forum de Montréal dans l'uniforme des Bruins de Boston, le 18 janvier 1958, 17 ans environ avant la naissance de Laraque.

« Pouvez-vous imaginer à quel point ç'a été difficile pour Willie de faire ce qu'il a fait?, a déclaré Laraque alors qu'on soulignait le 60e anniversaire de la première historique qu'a réalisée O'Ree. Pouvez-vous imaginer le racisme, les insultes et les injures qu'il a dû affronter à cause de la couleur de sa peau?

« Durant mon enfance, certaines des choses que j'ai vécues ont arrêté quand je suis devenu assez grand pour me défendre, quand je suis devenu trop costaud pour que les gens me crient des noms. Willie a été traité de cette façon toute sa vie, même une fois adulte. Quand tu es un adulte, ça fait encore plus mal. Quand tu es jeune, tu ne comprends pas vraiment, mais quand on te crie des noms à l'âge adulte, que des choses sont dites pour te faire mal seulement parce que tu es noir, quand tu entends des gens dire qu'ils vont boycotter tes matchs…

« J'avais un peu de force quand j'étais jeune, a indiqué Laraque, qui a 41 ans, soit deux fois moins que O'Ree. Mais si j'avais vécu ça une fois adulte, je ne sais pas si j'aurais réussi à garder le contrôle de mes émotions comme Willie l'a fait. »

Il était au début de sa carrière de 12 ans dans la LNH quand Laraque a entendu parler de O'Ree pour la première fois.

« Ç'a été une surprise, a affirmé Laraque. Quand je suis arrivé dans la LNH (en 1997-98 avec les Oilers d'Edmonton), il n'y avait pas beaucoup de battage publicitaire autour de Willie. Je ne savais même pas que c'était Willie qui avait été le premier joueur noir dans la LNH. »

Laraque a entendu parler de O'Ree quand il s'alignait avec les Oilers en 2000-01, au sein d'une équipe qui comptait cinq joueurs noirs - lui, les attaquants Anson Carter et Mike Grier, le défenseur Sean Brown et le gardien Joaquin Gage.

« Je ne pense pas que c'était arrivé avant dans la LNH, a noté Laraque. Les gens faisaient des blagues à notre sujet. Les gens disaient qu'on n'était pas les Oilers, mais plutôt les Eskimos d'Edmonton (de la Ligue canadienne de football) parce qu'il y avait tellement de joueurs noirs dans l'équipe. J'ai appris des choses sur Willie après ça, puis j'ai eu l'occasion de le rencontrer et de travailler avec lui à l'occasion d'activités du groupe de travail de la diversité de la LNH et aussi avec l'Association des joueurs de la LNH. »

C'est près de quatre décennies après les débuts de O'Ree que Laraque a suivi les traces de sa future idole dans la LNH. Laraque a pris part à 695 matchs avec les Oilers, les Coyotes de Phoenix, les Penguins de Pittsburgh et les Canadiens de Montréal avant de prendre sa retraite en 2010.

Avant d'entendre parler de O'Ree, Laraque a dévoré des livres et des histoires au sujet des formidables obstacles que le pionnier du baseball Jackie Robinson avait dû surmonter, ce dernier ayant évolué avec les Royaux de Montréal dans la Ligue internationale avant de briser la barrière raciale dans les Ligues majeures de baseball avec les Dodgers de Brooklyn en 1947. Éventuellement, il a étudié avec autant d'intérêt les défis que O'Ree a dû surmonter dans le monde du hockey et dans la vie.

Robinson et O'Ree ont tous deux écrit l'histoire à Montréal, où Laraque a disputé les 61 derniers matchs de sa carrière dans la LNH.

« Quand j'ai lu sur Jackie, j'ai commencé à comprendre un peu ce que j'allais vivre, à quoi m'attendre, quelles étaient mes chances de réussir, a affirmé Laraque. Ça m'a vraiment aidé. Willie O'Ree a vécu la même chose au hockey. Il y a des préjugés qu'il a fallu changer. Il a montré qu'un joueur noir pouvait réussir dans la LNH. »

 

C'est la capacité d'inspirer qu'avait O'Ree qui impressionne le plus Laraque, qui est maintenant l'animateur d'une émission quotidienne à la radio francophone à Montréal. Il est ébloui par la capacité de O'Ree à communiquer aisément avec les jeunes tout comme les anciens, tandis que ceux-ci sont émerveillés par ses qualités de raconteur et ses messages positifs.

« Willie et Jackie [Robinson], c'était la même chose. Le message qu'ils véhiculaient à l'époque, c'est qu'ils devaient le tolérer, a noté Laraque. Ils ont dû paver la voie. Ils savaient que s'ils se laissaient gagner par leurs émotions et s'ils réagissaient négativement lorsqu'ils étaient confrontés au racisme et aux insultes, les gens diraient, "Vous voyez, ils ne sont pas capables de se contrôler…"

« Je n'aurais pas été capable de le faire. Même si j'ai vécu pas mal de choses durant mon enfance, je peux dire en toute franchise que ce si j'avais dû vivre ce qu'ils ont vécu à l'âge adulte, je n'aurais pas réussi à garder mon calme. Je serais devenu fou. Ce qu'ils ont vécu était inhumain, et en raison de mon tempérament, j'aurais été incapable de l'accepter, même si on m'avait donné l'occasion d'être le premier.

« J'ai toujours été impressionné par la sérénité de Willie, à quel point il a été un gentilhomme. Je suis tellement chanceux d'avoir pu le rencontrer et d'avoir pu apprendre à le connaître au fil des ans. »

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