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L'adversité a forgé la force de caractère des Sénateurs

Anderson : « Je n'aurais pas pu avoir de meilleurs coéquipiers »

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

PITTSBURGH - Guy Boucher était plus que fier de ses troupiers, jeudi soir. C'est avec le moton dans la gorge que l'entraîneur des Sénateurs d'Ottawa leur a rendu hommage à la suite de leur élimination à seulement un but d'une participation à la Finale de la Coupe Stanley.

« Avez-vous deux heures devant vous? », a-t-il répondu quand on lui a demandé ce qu'il pouvait dire au sujet de son groupe de joueurs. « C'est le temps qu'il me faudrait pour que je puisse parler de tout le monde et de tout ce que ces gars ont traversé -- des épreuves qui sont connues du public et d'autres pas.

« Ils ont tout donné. Ils ont mis tout leur cœur à l'ouvrage. C'est très dur à avaler », a-t-il ajouté, en parlant de la défaite de 3-2 des siens face aux Penguins de Pittsburgh en deuxième prolongation.

« Sachant de l'intérieur tout le mérite qui revient à ces merveilleux êtres humains, à quel point ils ont été unis et ont fait preuve d'une grande résilience... Ç'a été un groupe d'athlètes très particulier.

« C'est plus que de la fierté que je ressens pour eux, a-t-il réagi à une autre question. Il y a davantage eu que le hockey pour nous cette saison. Sur le plan hockey, les gars ont surmonté beaucoup d'adversité. Plusieurs d'entre eux ont grandi au travers de tout ça. Pour être franc, je n'aurais pas cru qu'ils auraient pu parcourir autant de chemin en l'espace de quelques mois. »

Les Sénateurs ont vogué sur une mer houleuse cette saison. Il y a eu l'état de santé de l'attaquant Clarke MacArthur qui a été une source de préoccupation. Le vétéran MacArthur a subi une autre commotion cérébrale dès l'ouverture du camp d'entraînement. Après, il y a eu le combat contre le cancer que l'épouse du gardien Craig Anderson a dû amorcer. Anderson s'est absenté pendant plusieurs semaines afin d'être à son chevet.

Le retour des deux joueurs a galvanisé l'équipe vers la fin de la saison régulière. 

Ces épreuves, ainsi que d'autres qui n'ont pas été du domaine public, ont eu comme conséquences de souder davantage l'équipe. 

« Nous avons tellement vécu d'émotions ensemble. Ç'a été de vraies belles histoires (MacArthur et Anderson) qui nous ont unies, a affirmé l'attaquant Jean-Gabriel Pageau. Personnellement, je n'ai jamais fait partie d'un groupe qui s'est autant entraidé. C'est ce qui a forgé notre force de caractère et c'est la raison pour laquelle nous sommes allés aussi loin en séries.

« Les gars sont déçus d'avoir perdu, mais nous pouvons nous donner une tape dans le dos et être fiers du travail que nous avons accompli. »

Anderson se fait vieillissant à l'âge de 36 ans, et sait que les occasions de gagner la Coupe Stanley se feront plus rares pour lui. Il sait surtout qu'il y a plus important dans la vie.

« Ce que je vais retenir de la saison, c'est tout l'amour que j'ai reçu de mes coéquipiers dès le moment où j'ai dû quitter l'équipe jusqu'à mon retour, a-t-il souligné. Je n'aurais pas pu avoir de meilleurs coéquipiers. »

Anderson ne voit pas l'élimination de l'équipe si près de la Finale de la Coupe Stanley comme une occasion perdue.

« Vous ne souhaitez pas rater une occasion, mais j'estime que ce n'est pas notre cas cette année. Nous avons plutôt soutiré le maximum de l'occasion qui s'est offerte. 

« Nous ne pouvons pas blâmer personne. Chacun d'entre nous peut se regarder dans le miroir et se dire qu'ils ont donné ce qu'ils avaient. Il n'y a aucune honte à avoir ni aucun regret. Ça n'arrive pas souvent qu'on puisse dire ça, mais c'est notre cas. Nous n'étions pas censés nous rendre où nous nous sommes rendus. Nous avons cru que tout était possible. Avec un peu de chance, nous serions encore debout. Beaucoup de choses doivent bien aller pour aller jusqu'au bout. » 

Pageau a dit avoir grandement savouré le beau parcours de l'équipe en séries.

« Ç'a été le "fun" même si la déception est grande d'être passé si proche. »

Pour Boucher, les joueurs ont réalisé l'impossible.

« C'était devenu une habitude pour eux. C'était devenu une attitude également, une attitude constante de gars qui ne s'avouaient jamais battus, a-t-il élaboré. Même ce soir, nous sommes venus de l'arrière deux fois contre la meilleure équipe de la ligue, chez elle, et on l'a amenée en deuxième prolongation. 

« Les gars n'étaient qu'à un lancer d'obtenir ce que je leur souhaitais. C'est ce que je trouve difficile. Parce que ce sont vraiment eux les principaux acteurs. Ce sont toujours eux qui réussissent, qui finissent par éblouir le public et à faire des choses impossibles qui inspirent les gens. C'est ce qu'ils ont réussi à faire cette saison. »

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