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La somme des expériences a fait grandir Frédérick Gaudreau

Le jeune homme a développé une grande force mentale au cours des dernières années

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

NASHVILLE - Frédérick Gaudreau a du vécu pour un jeune de 24 ans. C'est ce qui l'aide à composer avec son nouveau statut de vedette à Nashville. 

« Je ne suis peut-être pas vieux, mais j'ai surmonté plusieurs embûches. À toutes les fois, j'apprenais sur moi-même et j'essayais d'être plus fort psychologiquement. Je suis rendu au point où je peux bien gérer des situations semblables », a-t-il expliqué lundi soir aux journalistes qui couvrent la Finale de la Coupe Stanley, en étant sur la même tribune que le capitaine des Predators Mike Fisher et le gardien Pekka Rinne. 

Quelques heures plus tôt, Gaudreau avait réussi son troisième but déjà de la Finale - son deuxième but gagnant en autant de rencontres - dans la victoire de 4-1 des Predators contre les Penguins de Pittsburgh qui a créé l'impasse 2-2 dans la série. 

« Devenir un meilleur joueur, a-t-il par la suite élaboré en français, ce n'est pas juste physiquement, c'est beaucoup mentalement. Quand tu fais face à des embûches, ce sont des occasions en or d'apprendre sur toi-même et de développer tes aptitudes mentales. Au bout du compte, le secret c'est de rester positif. »

Le hockeyeur natif de Bromont, en Estrie, qui n'a pas été repêché dans la LHJMQ ni dans la LNH, a dit qu'il a toujours été un gars positif, mais pas autant qu'en ce moment. 

« C'est l'addition des expériences qui t'aide à cheminer. La plus révélatrice pour moi a été mon renvoi dans la East Coast au cours de ma première saison dans l'organisation des Predators (en 2014-15). Je me suis senti soudainement loin de la LNH, qui était mon rêve depuis toujours. J'ai appris à canaliser mes énergies au bon endroit. Il y a eu comme un déclic qui s'est fait. Je me suis appliqué à donner le meilleur de moi-même au quotidien, sans regarder trop loin devant. C'est l'attitude que j'ai conservée depuis tout ce temps. » 

C'est l'attitude qui lui permet de demeurer sain d'esprit en Finale de la Coupe Stanley. 

Gaudreau a admis que ses exploits lui attirent des éloges de partout. Tout à coup, son cercle d'amis s'est agrandi. 

« J'essaie de tout bloquer. Je reçois plus d'appels téléphoniques ou de messages textes, mais ça, je ne le bloque pas. Tous ces encouragements et ces mots de félicitations ne sont que positifs pour moi. Je lis chacun des messages que je reçois, c'est agréable. Je les transforme en énergie positive. C'est quand je suis sur la glace que je reste concentré sur ce que je dois faire. » 

La recette donne des résultats très éloquents. À ses côtés sur la tribune, le capitaine Fisher lui a rendu un bel hommage. 

« De toute évidence, la scène n'est pas trop grande pour lui. Il est incroyable pour nous. Tous les buts importants qu'il nous donne. Il a assurément sa place avec nous. Il joue un rôle très important dans nos succès. » 

Gaudreau a sa place avec les Predators et il mériterait sans doute une meilleure place dans le vestiaire de l'équipe. Il est confiné à revêtir et retirer son uniforme sur une chaise carrée placée, au travers de la cohue, pour les séances d'entraînement tant à Pittsburgh et à Nashville. Il a son casier à lui pour les matchs dans les deux villes. 

« Nous verrons ce que nous pourrons faire, si nous pouvons lui trouver une petite place », s'est avancé Fisher en tapant sur l'épaule de son coéquipier. 

Gaudreau a répété qu'il pourrait s'asseoir sur le tapis dans le vestiaire que ça ne le dérangerait pas. 

Un brin superstitieux, l'entraîneur Peter Laviolette a dit qu'il ne verrait pas pourquoi on changerait ce qui fonctionne déjà très bien. 

Laviolette n'a pas tari d'éloges à l'endroit de Gaudreau en disant que tout le mérite lui revient. 

« Il a dû travailler fort pour tout gravir les échelons, pour obtenir chacun des contrats qu'ils a signés et les chances de faire ses preuves, a-t-il noté. La route a été sinueuse pour lui, mais voilà qu'il s'illustre en pleine Finale c'est tout à son honneur. » 

Gaudreau n'avait aucune idée qui John Harms était quand on lui a mentionné qu'il était le deuxième joueur de l'histoire seulement de la LNH qui inscrivait ses trois premiers buts en carrière en Finale de la Coupe Stanley. Harms, un ailier droit natif de la Saskatchewan, portait les couleurs des Blackhawks de Chicago quand il a signé le fait d'armes en 1944.

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