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La récompense de Pierre-Édouard Bellemare

L'attaquant âgé de 31 ans réalise que sa spécialisation en défense rapporte de gros dividendes

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste NHL.com

QUÉBEC - Pierre-Édouard Bellemare connaît une fin d'été très occupée. Mais il est loin de se plaindre, c'est tout le contraire. Après avoir tenté en vain d'aider la France à se qualifier au tournoi olympique de 2018, l'attaquant des Flyers de Philadelphie va porter les couleurs d'Équipe Europe au tournoi de la Coupe du monde de hockey 2016.

Il ne s'attendait pas du tout à faire partie de la sélection finale, en mai. À son arrivée à Québec lundi soir, il devait presque se pincer afin d'y croire.

« Je regarde autour de moi dans le vestiaire et ce ne sont que des joueurs étoiles », a-t-il commenté, mardi, à l'issue de la séance d'entraînement d'Équipe Europe au Centre Vidéotron. « C'est quelque chose d'exceptionnel pour moi en raison du style que je préconise. Disons que je ne suis pas le visage d'une concession. Je joue un jeu d'équipe. »

La présence de Bellemare, un attaquant spécialisé dans les missions en défense, dans un tournoi relevé comme la Coupe du monde est la récompense ultime pour tous les efforts et les sacrifices qu'il s'est imposés depuis plusieurs années.

À l'âge de 31 ans, le voilà propulsé au firmament des étoiles de la planète hockey.

« Afin d'accéder à la Ligue nationale de hockey, j'ai dû restreindre ma façon de jouer, délaisser certains aspects de mon jeu afin de me concentrer davantage sur d'autres. Ça ne m'a pas dérangé de le faire et de me spécialiser en infériorité numérique. C'est moins glorifiant, mais j'aime faire ce travail. Maintenant, je réalise que grâce à ça, j'ai été retenu dans une équipe comme celle-là. Je vais me frotter contre les meilleurs au monde. C'est incroyable. »

Bellemare, qui a porté les couleurs de la France dans plusieurs compétitions internationales comme le Championnat du monde, juge que la Coupe du monde est le tournoi de plus fort calibre auquel il prendra part.

« Dans la Ligue nationale, on m'oppose au meilleur trio des équipes adverses. Dans le tournoi de la Coupe du monde, on pourra me jumeler à n'importe lequel des quatre trios d'une équipe », a-t-il lancé.

« Ça va être difficile, mais je dis tout le temps que je continuerai de jouer au hockey tant que je vais apprendre des choses, a-t-il poursuivi. Il n'y aura pas de meilleure école qu'au cours des prochaines semaines. Ce sera comme faire un doctorat et j'apprécie grandement ça. »

En Norvège, en fin de semaine dernière, Bellemare a appris à la dure au sein de l'équipe nationale de la France qui a de nouveau raté sa qualification pour les Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018. La France est écartée du tournoi olympique de hockey masculin depuis 2002.

« Le dénouement a été dur à avaler, mais il y a quand même beaucoup d'aspects positifs à retenir, a-t-il argué. Le plus positif, c'est que nous sommes redevenus un groupe solidaire. L'équipe nationale a bien évolué et ça augure bien pour l'avenir. »

Les Français ont subi une défaite crève-cœur de 2-1 contre les Norvégiens, qui ont inscrit le but victorieux à deux minutes de la fin.

« La Norvège a une meilleure équipe que la nôtre depuis plusieurs années, mais nous nous rapprochons. Nous les embêtons de plus en plus. Nous y sommes presque. »

Bellemare n'en est pas à sa première visite à Québec, lui qui a pris part au Championnat du monde qui a eu lieu en ville en 2008.

« Nous n'avions pas été très bons (trois défaites au tour préliminaire), mais j'avais conservé de bons souvenirs de mon passage. C'est une ville magnifique. Je peux y parler français. J'ai hâte d'aller faire une balade. »  

Bellemare et le défenseur suisse Mark Streit sont les deux seuls joueurs d'Équipe Europe qui parlent le français.

Des joueurs en provenance de huit pays composent l'équipe européenne qui disputera son premier match hors-concours contre l'équipe nord-américaine des moins de 23 ans, jeudi, au Centre Vidéotron.

 

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