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La nouvelle vie de P.K. Subban

Le défenseur des Predators de Nashville n'a pas mis de temps à apprécier sa nouvelle vie

par Arpon Basu @ArponBasu / Directeur de la rédaction LNH.com

MONTRÉAL - C'était un moment tranquille pour P.K. Subban, loin des partisans, des médias, de tout.
Le défenseur des Predators de Nashville essayait une nouvelle paire de patins et discutait avec un journaliste.

Un seul.

 

C'était quelque chose qui ne s'était presque jamais produit lors de ses six premières saisons dans la LNH avec les Canadiens de Montréal, mais ça illustre parfaitement la nouvelle vie de Subban à Nashville.

C'est différent. Et il aime ça.

« La seule chose, a dit Subban, c'est que je ne pensais pas aimer ça autant et si rapidement. »

La transaction envoyant Subban à Nashville en retour de Shea Weber, le 29 juin, a eu des répercussions dans les deux villes, et on le sent encore aujourd'hui, surtout à Montréal.

Alors que les Canadiens ont été éliminés en six matchs au premier tour dans l'Est et que les Predators se préparent à disputer la finale de l'Ouest, l'échange demeure un important sujet de conversation dans l'ancienne ville de Subban.

Mais de qualifier Montréal comme étant l'ancienne ville de Subban n'est probablement pas juste parce que sa présence se fait encore bien sentir. Comme les Canadiens sont éliminés, les Predators sont devenus l'équipe d'adoption des Montréalais et Subban n'en est pas surpris.

« Mon lien avec la communauté depuis que j'ai été échangé est devenu plus fort, a expliqué Subban. Habituellement, il disparaît quand vous êtes échangé, mais il s'est renforcé. »

Subban est toujours impliqué avec l'Hopîtal de Montréal pour enfants, honorant son engagement de 10 millions $ annoncé neuf mois avant qu'il soit échangé et honorant par le fait même son engagement envers la ville entière.

Mais il n'a pas été capable de complètement tourner la page sur son séjour avec les Canadiens avant le 2 mars quand il a affronté son ancienne équipe pour la première fois au Centre Bell. À son dernier match dans l'uniforme des Canadiens, il avait quitté sur une civière après avoir subi une blessure au coup, levant le pouce vers la foule pour signifier qu'il était conscient. Quitter à sa manière était donc important pour lui.

« J'ai tourné la page sur Montréal, j'ai accepté que je n'y étais plus, quand j'ai joué à Montréal, a-t-il dit. C'était parce que je n'avais jamais eu la chance de dire au revoir.

« Je me souviens du sentiment quand j'ai quitté Montréal, je me suis dit : ''Tout est de retour à la normale''. Je pouvais me remettre à jouer au hockey. »

Mais avant de quitter, Subban s'est fait rappeler à quel point le lien qu'il a bâti avec Montréal et ses citoyens était spécial.

À la veille d'affronter les Canadiens, Subban avait un horaire chargé. Il a reçu la Croix du service méritoire des mains du gouverneur général du Canada David Johnston en avant-midi, une cérémonie tenue dans l'Atrium P.K. Subban de l'Hôpital pour enfants, a tenu une conférence de presse au Centre Bell et est retourné à l'hôpital avec quelques coéquipiers pour rendre visite à des patients et au personnel.

Subban était conduit en limousine cette journée-là, et à la fin de la journée, il a dit que le chauffeur avait quelque chose à lui dire. Il a révélé à Subban qu'un jeune membre de sa famille était à l'hôpital et qu'il recevait l'aide du programme Le coup de main de P.K., qui aide les familles à joindre les deux bouts et leur permettre de passer du temps à l'hôpital plutôt que d'aller travailler quand un enfant est hospitalisé.

Le chauffeur avait une demande spéciale pour Subban. Il voulait un câlin.

« Pensez-vous que je n'ai pas eu les larmes aux yeux après ça, a dit Subban. Vous ne croyez pas que je rentre à la maison en passant à ça le soir? C'est un lien spécial que j'ai avec la ville. »

Personne ne sait exactement ce qui a mené les Canadiens à échanger Subban, à part vouloir acquérir Weber, mais certains croient que l'intérêt d'avoir sa propre fondation et sa propre marque de commerce était devenu problématique.

La perception extérieure, c'est que Subban était devenu une distraction.

Aussitôt qu'il a été échangé aux Predators, Subban était convaincu que ce ne serait pas un problème à Nashville. Il a raconté que le directeur général David Pole lui avait recommandé d'inviter tout son entourage - ses agents, gérants, consultants de médias sociaux, sa famille - à Nashville pour rencontrer l'état-major des Predators et voir comment ils pourraient travailler ensemble.

Ça ne s'est jamais produit à Montréal, et Poile l'a fait dans leur première conversation à la suite de l'échange.

« C'est un partenariat entre nous, a déclaré Subban. À partir du premier jour, il a compris que j'avais d'autres intérêts que le hockey. Ça n'affecte pas comment je me prépare, le hockey est toujours ma priorité. Il n'y a aucun doute. Mais j'ai d'autres intérêts à part le hockey. »

Une autre perception qui existait au cours de son passage à Montréal et qui s'efface à Nashville est que Subban est un joueur à risque défensivement, un joueur qui prend des risques inutiles à de mauvais moments, et qui en qui on ne peut donc avoir confiance lorsque le match est en jeu.

Ne dites pas cela à l'entraîneur des Predators Peter Laviolette, qui a principalement utilisé Subban et Mattias Ekholm contre le meilleur marqueur des Blues Vladimir Tarasenko en deuxième ronde, et qui a utilisé Subban pendant 6:36 des dernières 12:44 du match no 6, alors que son équipe s'accrochait à une avance d'un but pendant la majeure partie de cette séquence, avant de s'imposer 3-1.

« Ils ont été excellents toute l'année, a indiqué Laviolette en parlant du duo Ekholm-Subban. Je ne crois pas que nous ayons pris une chance en choisissant d'y aller avec ces deux-là contre le trio de [Tarasenko] au cours des trois ou quatre derniers matchs. Nous l'avons fait en raison de la qualité de leur jeu et de la manière dont ils ont joué défensivement. »

Si Subban a passé les cinq premiers mois avec les Predators à penser un peu aux Canadiens, ces jours sont complètement derrière lui même si son lien avec la ville ne l'est pas.

Le hockey est plus populaire que jamais à Smashville, les Predators connaissent le plus long printemps de leur histoire et Subban a acheté l'identité de l'équipe.

« C'est l'une des meilleures expériences de ma carrière, a indiqué Subban. Je me réveille le matin et je vais à l'aréna en me disant que je vais tout faire pour ne pas abandonner ces gars.

« Je bloquerais un tir avec mon visage pour eux. »

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