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La mission de Capitaine Kirk

Touchette: Kirk Muller n'est pas simplement un entraîneur associé comme les autres

par Serge Touchette / Chroniqueur LNH.com

Il n'y a pas si longtemps, les Canadiens de Montréal n'avaient pas de capitaine.

Cette saison, ils en compteront deux : Max Pacioretty, bien sûr, et ... Capitaine Kirk, ou Kirk Muller si vous préférez.

Rarement vu l'embauche d'un entraîneur associé causer pareil tapage.

Pendant un moment, j'avais l'impression que les Canadiens avaient mis la main sur un gros joueur de centre. Ou un marqueur de 30 buts.

Il y a quelque temps, le président des Canadiens, Geoff Molson, a exprimé, on le sait, le souhait de rapprocher les anciens Canadiens de la nouvelle garde.

Or, mine de rien, les Canadiens ont fait un pas significatif dans cette direction l'autre jour en rapatriant un ancien, un ex-capitaine de surcroît, qui a contribué à leur dernière conquête de la Coupe Stanley en 1993.

Tout le monde, sans exception, a applaudi la nouvelle.

Et deux fois mieux qu'une.

Je n'ai même pas entendu un seul reproche du genre: « Pourquoi les Canadiens n'ont-ils pas opté pour Vincent Damphousse, par exemple? »

Non. Pas une seule plainte, pas même une seule note discordante.

Tout le monde a déroulé le tapis rouge.

Une forte personnalité

Faut croire que l'amourette entre Muller et les partisans des Canadiens perdure.

Que Muller, comme joueur et comme entraîneur associé, n'a laissé que de bons souvenirs dans une ville qui a la réputation d'avoir la mèche courte.

Et de toute évidence, l'homme de hockey a gagné ses galons depuis qu'il a raccroché ses patins.

Il fallait du cran et une belle assurance en ses moyens pour tourner le dos aux Blues de St. Louis lorsqu'on pense qu'il aurait pu éventuellement être considéré comme un candidat sérieux à la succession de l'entraîneur Ken Hitchock, qui a déjà annoncé son intention de quitter son poste après la prochaine campagne.

Muller, c'est connu, possède une forte personnalité et la réputation de bien communiquer avec les joueurs.

Certains observateurs le voient comme un digne remplaçant de Gerard Gallant, qui, on le sait, a quitté les Canadiens pour devenir entraîneur des Panthers de la Floride.

On verra bien.

L'effet Waite?

Cela dit, Muller hérite d'un gros mandat : celui de relancer le jeu de puissance des Canadiens.

À cet égard, il a déjà fait ses preuves, mais si le professeur est doué, ses élèves le sont-ils suffisamment? Bonne question, Jean-Maurice.

La saison dernière, les Canadiens, à ce chapitre, n'ont pu faire mieux qu'une 25e place en vertu d'un taux d'efficacité de 16,2 pour cent.

Pas fort, en effet.

On ne se racontera pas d'histoires : il y a du travail à faire. Beaucoup de travail.

Au cours des dernières années, l'adversaire s'est ajusté au jeu de puissance des Canadiens, mais le contraire est loin d'être vrai.

Mais aux yeux d'un peu tout le monde, Capitaine Kirk est l'homme de la situation, l'homme susceptible d'apporter des solutions.

Y a-t-il des sceptiques dans la salle?

Il y a quelques années, le directeur général des Canadiens, Marc Bergevin, avait, souvenez-vous, embauché un entraîneur associé qui avait été investi de la mission de relancer Carey Price.

Vous avez évidemment reconnu Stéphane Waite.

À l'époque, bien des gens, sans pour autant mettre les compétences de Waite en doute, avaient émis certaines réserves.

On connaît la suite. L'effet Waite s'est rapidement traduit par l'éclosion du meilleur gardien de but de la LNH.  

Un deuxième

Si Muller obtient la moitié du succès de Waite, les Canadiens feront des culbutes dans le vestiaire.

Au début de la dernière saison, tout le monde s'entendait pour dire que les Canadiens avaient besoin d'un capitaine.

Mais ce qu'on ne savait pas, c'est qu'ils en avaient probablement besoin d'un deuxième.

L'addition de Kirk Muller viendra peut-être combler cette lacune.

 

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