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La Liiga, une ligue européenne aux allures nord-américaines

L'attaquant québécois Éric Perrin affirme que le style de hockey pratiqué en Finlande est plus physique et actif qu'ailleurs en Europe

par Jean-François Giguère / Collaborateur LNH.com

Après avoir roulé sa bosse dans la LNH, dans la Ligue américaine de hockey, en Suisse et dans la KHL, Éric Perrin a décidé de s'installer pour de bon en Finlande. Quand on lui demande de nous présenter le hockey de la Liiga, la ligue élite finlandaise, sa réponse est sans équivoque.

« Pour moi, en Europe, la Liiga est ce qui se rapproche le plus du hockey nord-américain », lance-t-il sans hésiter lors d'un entretien avec LNH.com. « Le jeu y est plus physique, plus nord-sud et plus actif. […] C'est pour ça que j'ai préféré m'établir ici, parce que c'est meilleur pour mon jeu. »  

La similitude entre le hockey qui se joue en Amérique du Nord et le hockey de la Liiga s'explique en grande partie par la grandeur des patinoires où évoluent la plupart des équipes de la ligue.

« Sur les 15 [arénas], il n'y en a que deux ou trois qui sont [de dimensions internationales]. Les autres sont presque de la grandeur des patinoires en Amérique du Nord », a expliqué Perrin.

Une ligue renouvelée

Fondée en 1975, la Liiga a vécu un important bouleversement à l'aube de la saison 2013-14 quand le Jokerit d'Helsinki, le plus gros club de la capitale, a décidé de la quitter pour se joindre à la KHL. Cela a provoqué un exode des meilleurs joueurs finlandais vers la KHL et de nombreux partisans ont délaissé leur ligue nationale, ce qui a évidemment aussi touché ses revenus.

Malgré tout, la Liiga a survécu à ce choc et en 2016-17, elle a attiré en moyenne près de 4300 spectateurs par match, ce qui lui procure le sixième rang à ce chapitre parmi les grandes ligues européennes (la Ligue nationale suisse, la Ligue allemande et la KHL dominent avec plus de 6000 spectateurs par partie).

De plus, les performances des équipes finlandaises dans la Ligue des champions de hockey et des joueurs issus de la Liiga ailleurs dans le monde prouvent que cette ligue demeure l'une des plus compétitives en Europe.

Une nouvelle génération d'espoirs

Les jeunes joueurs finlandais font de plus en plus leur marque dans la LNH. On n'a qu'à penser à Patrik Laine, Sebastian Aho ou Aleksander Barkov. Et ce phénomène se fait aussi sentir à l'échelle locale.

« Depuis huit ans, je vois le niveau de talent augmenter chaque année. Il y a de plus en plus de jeunes de 16 ou 17 ans qui jouent leurs premiers matchs dans notre ligue. C'est impressionnant », a indiqué Perrin.

Le défi pour les équipes finlandaises est donc de garder leurs jeunes espoirs chez eux. Elles doivent composer avec l'attrait des ligues juniors canadiennes et du circuit universitaire américain. Les jeunes croient avoir de meilleures chances de percer dans la LNH s'ils traversent rapidement en Amérique du Nord.

Il y a également la question des salaires, qui ne sont pas comparables avec ceux de la KHL ou même ceux que l'on trouve en Suisse ou en Suède. La Liiga réussit malgré tout à attirer de bons joueurs étrangers, comme de jeunes Suédois et même des Français, qui suivent l'exemple de Yohann Auvitu qui s'est fait remarquer par les Devils du New Jersey alors qu'il évoluait avec le HIFK d'Helsinki. Ceux-ci cherchent à se développer dans une ligue compétitive qui offre un style de jeu semblable à ce qui se trouve de ce côté-ci de l'Atlantique.

« C'est le meilleur endroit en Europe pour faire la transition vers [le style nord-américain] et on le voit parce que beaucoup de Finlandais ont plus de facilité à faire cette transition », a fait valoir Perrin.

Un style de vie moins effréné

Avec un calendrier de 60 matchs et des distances plus courtes à parcourir, la vie d'un hockeyeur en Finlande n'est pas aussi éreintante que celle d'un joueur de la LNH. Avec seulement deux ou trois parties par semaine, le rythme imposé est moins dur physiquement. Et malgré le climat qui peut parfois être un brin démoralisant, avec seulement quelques heures de soleil par jour en hiver à ces latitudes, Perrin sait qu'il jouit d'excellentes conditions.

« Je dors presque chaque soir chez moi. On est 15 équipes et la Finlande n'est pas très grande, alors on fait des voyages qui durent de deux à quatre heures en autobus pour se rendre à un match », a-t-il révélé.

Pour couronner le tout, la famille se plaît bien dans ce pays. La vie y est simple et la population, accueillante et chaleureuse.

« Mes enfants adorent ça, ici. Ils se sont faits beaucoup d'amis. Ma fille [de 16 ans] a appris le finnois et mon garçon [de 11 ans] joue au hockey, ils s'amusent beaucoup », a conclu Perrin.

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