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La finale de l'Est mettra en présence deux formidables joueurs

Erik Karlsson devra supplanter Sidney Crosby pour que les Sénateurs aient la moindre chance de l'emporter

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

Plus que jamais en finale de l'Association de l'Est, on verra à quel point il n'y a pas de limite à ce qu'une équipe peut faire.

L'équipe en question, ce sont évidemment les Sénateurs d'Ottawa.

L'entraîneur Guy Boucher a cité l'illustre entraîneur de basketball universitaire américain, le regretté John Wooden, à l'issue de la victoire de deuxième tour en séries éliminatoires de la Coupe Stanley des Sénateurs contre les Rangers de New York.

« Il n'y a pas de limite à ce qu'une équipe peut accomplir quand aucun joueur ne tient à avoir de mérite », a-t-il fourni en guise d'explications au beau parcours que ses troupiers connaissent.

Les Sénateurs devront redoubler d'altruisme et resserrer davantage les coudes en vue du prochain défi qui les attend à compter de samedi (19 h (HE); TVA Sports, CBC, SN, NBC) face aux champions en titre de la Coupe Stanley, les Penguins de Pittsburgh.

Ils sont très peu nombreux les observateurs qui leur accordent la moindre chance d'avoir le meilleur dans une série quatre de sept. Ça fait joliment l'affaire de Boucher qui va pouvoir jouer à fond la carte des négligés, comme il le fait depuis le début des séries éliminatoires.

Les Sénateurs, troisièmes de la section Atlantique, ont récolté 13 points de moins (111-98) en saison régulière que les Penguins, qui ont fini au deuxième rang de la section Métropolitaine.

Les Sénateurs ont successivement éliminé les Bruins de Boston, troisièmes dans l'Atlantique, et les Rangers, quatrièmes dans la Métropolitaine. Les Penguins ont écarté de leur chemin les Blue Jackets de Columbus, troisièmes dans la Métropolitaine, et les Capitals de Washington, premiers de la même section et numéros 1 au classement de la LNH avec 118 points.

À défaut d'avoir pu choisir leurs rivaux, les Sénateurs se disent peut-être que les Penguins représentent le moins pire des deux choix.

Ils les ont vaincus deux fois en trois duels en saison régulière, comme ç'avait été le cas pour les Rangers.

Dans leur for intérieur, ils croient fermement en leurs chances. La foi déplace les montagnes, dit-on. Il le faudra pour que la seule équipe canadienne encore en lice en séries atteigne la Finale de la Coupe Stanley.

Karlsson versus Crosby

L'affrontement mettra en présence deux formidables joueurs, deux des meilleurs de la LNH à leur position : le défenseur Erik Karlsson, dans le camp d'Ottawa, et le joueur de centre Sidney Crosby, pour Pittsburgh.

Karlsson est tout simplement impérial depuis le début des séries, même sur une seule jambe parce qu'il est incommodé par une blessure au talon gauche comme il l'a lui-même fait savoir au terme de la série contre les Bruins.

Après avoir été mis au repos pour la troisième période du match no 4 au Madison Square Garden, le Suédois âgé de 26 ans a inscrit un but et il a amassé quatre aides dans les deux derniers gains des siens. Son but s'est avéré celui de la victoire dans le match no 6.

Crosby, eh bien c'est Crosby. Le numéro 87 est le grand meneur de jeu des champions de la Coupe. Il ressort possiblement amoché de la série contre les Capitals, après avoir raté presque deux matchs en raison d'une commotion cérébrale, mais on a cru comprendre qu'il est indestructible.

Les Sénateurs s'inspirent grandement de la devise de la Suisse « Un pour tous, tous pour un », mais ils devront surtout miser sur Karlsson au sommet de son art afin d'espérer l'emporter. Karlsson devra éclipser Crosby pour que les Sénateurs aient la moindre chance de l'emporter.

De la magie, encore

Collectivement, ils devront également respecter la structure en défense qui leur a permis d'écarter de leur chemin les Rangers en six matchs, tout en souhaitant obtenir un brin de chance près du filet adverse.

Les Penguins n'ont pas de grandes lacunes. Ils sont plus talentueux - Crosby, Evgeni Malkin, Phil Kessel - et tout aussi rapides que les Rangers à l'attaque. Ils possèdent de la profondeur à toutes les positions, même en défense malgré l'absence de Kristopher Letang. Devant le filet, à la moindre défaillance de Marc-André Fleury, Matt Murray est maintenant prêt à s'amener en renfort.

Les Rangers ont offert un rendement en dents de scie après avoir éliminé les Canadiens en six rencontres au premier tour.

Il faut donner le mérite qui revient aux Sénateurs qui ont su les déstabiliser en ne lâchant jamais prise. Ils ont signé deux victoires en prolongation à la suite d'époustouflantes remontées en fin de troisième période. Ils devront continuer de faire opérer la magie.

Ils ne doivent toutefois pas s'attendre à ce que les Penguins les prennent à la légère ou encore qu'ils connaissent un relâchement après avoir défait les Capitals en sept matchs.

Surtout, les Penguins leur feront payer plus chèrement que les Bruins ou les Rangers l'ont fait les passages à vide qu'il leur arrive de connaître.

La tâche s'annonce colossale, mais pas impossible. Rien n'est impossible dans la vie.

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