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La contestation de l'entraîneur fonctionne sans être parfaite

Le processus d'étude des reprises doit être peaufiné, mais le système ne sera jamais parfait

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Chroniqueur NHL.com

BOCA RATON, Floride - Les directeurs généraux avaient prévu passer une heure et demie à discuter d'obstruction à l'endroit des gardiens à l'occasion de la première journée de leur assemblée, lundi. Ils en ont plutôt passé trois.

Ils ont regardé 14 séquences vidéo de cas où il y a eu contestation de l'entraîneur. Par la suite, des journalistes ont été invités à visionner cinq de ces mêmes séquences sur les mêmes écrans dans la même salle d'hôtel. Lorsqu'on a demandé de voter s'il y avait but ou non, le groupe était parfois partagé exactement en deux.

« C'est aussi limpide que de l'eau trouble », a lancé le vice-président principal des opérations hockey Kris King.

La leçon qu'on a pu tirer de l'exercice: bien que tout le monde aimerait que ce soit toujours clair et qu'il y ait une certaine constance d'une décision à l'autre, l'obstruction contre les gardiens comporte son lot de zones grises. C'est subjectif. Dans les cas où les décisions sont les plus controversées, des gens raisonnables se trouvent en désaccord.

Nous avons tendance à nous attarder à ces cas-là et à perdre de vue le portrait d'ensemble.

Quand les directeurs généraux ont voté à cette même assemblée au mois de mars 2015 pour recommander qu'il y ait contestation d'entraîneur dans les cas d'obstruction contre le gardien, le commissaire Gary Bettman avait déclaré: « Vous n'aurez jamais entière satisfaction dans des cas où il s'agit d'une question de jugement. Il ne peut qu'y avoir divergence d'opinions. »

L'idée, c'était que bien qu'il ne pouvait y avoir de « décision parfaite », un arbitre pourrait rendre une « meilleure décision » à l'aide du processus d'analyse des reprises vidéo, qui se fait avec l'aide des membres du département des opérations hockey de la LNH qui suivent les matchs depuis Toronto.

« On n'allait jamais contenter tout le monde, et ce n'est pas le but, a noté le directeur général du Wild du Minnesota Chuck Fletcher. L'objectif, espère-t-on, c'est de rendre la meilleure décision possible et éviter certaines des erreurs flagrantes qui ont peut-être été commises par le passé. »

À cet égard, ç'a bien fonctionné.

La période de temps qu'on passe à étudier les reprises vidéo dans les cas d'obstruction contre le gardien - soit du moment où l'entraîneur conteste jusqu'au moment où le résultat est annoncé - est passée de 2:22 à 2:03, puis à 1:59 en moyenne au fil des trois dernières saisons.

Le nombre de contestations par l'entraîneur dans des cas d'obstruction contre le gardien est passé de 144 à 166, puis 170 après 1100 matchs cette saison, et le directeur exécutif principal des opérations hockey Colin Campbell a affirmé que les arbitres sont devenus trop sensibles aux contacts qui surviennent dans la zone du gardien lorsqu'ils regardent des reprises au ralenti sur des écrans à haute définition.

« Nous nous sommes fait prendre à chercher un peu trop la faute », a déclaré le vice-président principal et directeur de la supervision des arbitres pour la LNH Stephen Walkom.

Sauf qu'à la suite des 170 cas de contestation d'entraîneur, les officiels ont confirmé leur décision initiale dans 119 des cas. Et 51 fois, les officiels ont infirmé leur décision. En d'autres mots, à 51 reprises, ils ont rendu la décision qu'ils croyaient la meilleure.

Neuf fois, il y a eu de la controverse. Six fois, il y a eu désaccord entre les gens du secteur des opérations hockey et les arbitres, à savoir si le but était valide, a indiqué King. Quatre fois, il y a un désaccord important, au point où les gens des opérations hockey étaient convaincus que les arbitres auraient dû prendre la décision contraire.

« Quel pourcentage ça représente?, a lancé Campbell. Un minuscule pourcentage. »

En fait, il y a eu désaccord entre les opérations hockey et les officiels à la suite d'une contestation d'entraîneur pour obstruction contre le gardien dans 2,4 pour cent à 3,5 pour cent des cas.

« Ça ne représente pas vraiment un problème à notre point de vue parce que dans les autres cas, nous voyons les mêmes choses », a noté King.

Dans 96,5 pour cent à 97,6 pour cent des cas, la plupart des gens impliqués étaient d'accord.

« Chacune de ces séquences est unique en son genre et doit être jugée de façon isolée et indépendante des autres, et c'est probablement ce qui fait que c'est si difficile, a souligné Walkom. Mais quand vous pensez au nombre de séquences de jeu qui sont jugées lors d'un match et à l'aide des reprises vidéo, c'est incroyable qu'on réduise le tout à un tout petit nombre de cas où il faut s'assurer que la boussole pointe dans la bonne direction.

« Ce qui ne veut pas dire que nous sommes parfaits. Nous avons commis des erreurs cette saison, et nous comptons les corriger à courte échéance. »

La LNH a déjà fait des efforts pour s'assurer que tout le monde se retrouve sur la même longue d'onde.

Ces trois dernières années, chacun des arbitres de la LNH a reçu une vidéo de chaque cas de contestation, afin qu'il puisse prendre connaissance de la décision qui a été rendue et des raisons qui ont motivé cette décision. Il y a environ trois semaines, les directeurs généraux et les entraîneurs ont commencé à recevoir eux aussi des vidéos de chacun des cas de contestation.

La ligue a demandé à un petit groupe de gens de donner leur avis aux officiels relativement aux cas d'études des reprises - environ cinq membres du département des opérations hockey - et aussi à un équipage de six anciens arbitres qui travailleront à Toronto durant les séries éliminatoires de la Coupe Stanley. King était la seule personne qui discutait avec les officiels à ce sujet lors des séries de l'an dernier dans le cadre des efforts qui avaient été faits pour s'assurer qu'il y ait le plus de constance possible d'une décision à l'autre.

Les avis sur ce qu'on pourrait faire pour améliorer le processus de décision sont aussi partagés que les avis concernant les décisions des arbitres sur la patinoire.

« Il y a beaucoup d'idées, a indiqué le directeur général des Jets de Winnipeg Kevin Cheveldayoff. Tout le monde a-t-il une pensée cohérente qui permettra de déterminer comment on pourra être plus constant? C'est pourquoi il faut que nous en discutions. »

Campbell a fait savoir qu'on a soulevé la possibilité de diffuser publiquement les vidéos explicatives, comme le fait le département de la sécurité des joueurs dans les cas de suspension. La présence d'arbitres actifs ou retraités dans la salle de travail à Toronto durant la saison régulière aiderait-elle? Enlever le droit de prendre la décision des mains des arbitres sur la glace et le confier plutôt aux gens de la salle de travail à Toronto permettrait-il d'améliorer la situation, ou est-ce que ç'aurait seulement pour effet de déplacer le problème?

« L'identité des personnes qui ont le dernier mot importe peu, je pense, a dit Walkom. Je ne sais pas si c'est pertinent. Je pense qu'il y aurait encore des cas semblables. Il y aurait encore cinq ou six cas discutables, où peut-être la moitié des directeurs généraux seront d'accord, et l'autre moitié en désaccord. »

Le processus peut être peaufiné. Mais à moins que la LNH revienne à sa règle sans équivoque où l'arbitre intervenait dès qu'on posait le pied dans la zone du gardien, il y aura toujours des séquences de jeu aussi limpides que l'eau trouble. Ça, c'est clair et net.

« Ça s'est probablement passé pas mal comme bien des gens le pensaient, soit qu'il y aura toujours des gens en désaccord parce que, encore une fois, c'est une question de jugement, a affirmé Fletcher. Mais la bonne décision est rendue dans la vaste majorité des cas, si ce n'est pas tous les cas. Il va toujours y avoir des jeux un peu plus controversés, et il faut apprendre à vivre avec ça. »

 

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