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Kessel : un sentiment «spécial» de remporter la Coupe

Les Bruins et les Maple Leafs l'ont laissé aller, mais le vétéran attaquant remporte le championnat à sa première saison à Pittsburgh

par Amalie Benjamin @amaliebenjamin / Journaliste NHL.com

SAN JOSE - Une heure et six minutes après que les dernières secondes du match se soient écoulées, que le son de la sirène se soit fait entendre et que des pièces d'équipement eurent été projetées dans les airs, trois hommes se sont tenus bras dessus, bras dessous près de la bande. Derrière se trouvaient des partisans des Penguins de Pittsburgh habillés en jaune qui scandaient le surnom qui, à un moment donné, s'est mis à faire la réputation du trio : « HBK! HBK! HBK ! »

Ils ont posé pour des photos, entourés de membres de leurs familles. Ils ont souri. Ils se sont ensuite enlacés, se retrouvant tous trois dans un petit cercle de joie.

Le processus de rédemption était complété. Phil Kessel pouvait maintenant mettre les critiques et les doutes derrière lui, ainsi que les questions et les échecs, et aussi les huées dont il avait fait l'objet dans plusieurs villes. Il pouvait faire fi des transactions qui l'ont sorti de Boston et de Toronto, des insultes et des accusations. Il avait trouvé sa place, enfin. Il était le K dans HBK, aux côtés de Carl Hagelin et Nick Bonino, et maintenant il était un champion de la Coupe Stanley.

« Ouais, a-t-il lancé, se laissant gagner par les émotions. Ç'a été tout un parcours. »

Et, parfois, une année suffit à tout changer.

« Je ne pourrais être plus content pour lui, a déclaré l'entraîneur des Penguins Mike Sullivan. Phil est un grand incompris. C'est un gars qui n'aime vraiment pas les feux de la rampe. C'est une personne réservée. Il veut juste aller à l'aréna et passer du temps avec ses coéquipiers. C'est un formidable joueur de hockey.

« Nous l'avons poussé comme nous l'avons fait pour tous nos joueurs afin de l'amener à améliorer son niveau de jeu de différentes manières, dans des aspects du jeu qui aideraient notre équipe à avoir de meilleures chances de gagner. Il a réagi de la bonne façon. Il a fait l'objet de bien des critiques, mais je trouve que parfois, ce n'était pas mérité.

« C'est un excellent joueur. Il a connu des séries incroyables pour nous. Nous ne remportons pas la Coupe Stanley s'il ne fait pas partie de ce groupe. »

Alors, oui, les choses qu'on raconte à son sujet ont changé. L'histoire n'est plus la même. Et pourtant, comme Kessel l'a dit, « Je n'ai jamais changé ma façon de jouer. Évidemment, je suis la même personne que j'ai toujours été. Je me présente sur la glace et j'essaie de faire de mon mieux. Évidemment, cette saison s'est bien déroulée. »

Il a terminé au quatrième rang des pointeurs en séries et il est le seul joueur parmi les cinq premiers qui n'est pas un membre des Sharks de San Jose. Kessel, un des principaux candidats pour remporter un trophée Conn Smythe qui a été attribué à Sidney Crosby, a marqué 10 buts et amassé 12 aides en 24 rencontres éliminatoires. Mais surtout, la mise sur pied et la domination de son trio a donné de sérieux maux de tête aux entraîneurs adverses, qui s'arrachaient les cheveux pour tenter de déterminer qui leur opposer.

« Nous avons tous joué l'un pour l'autre, a dit Kessel de son trio. Nous savions où les deux autres allaient être sur la glace. Nous avons trouvé une façon. »

Et c'est ainsi, en raison de cette performance et de son rendement cette saison alors qu'il en était à sa troisième équipe en une décennie dans la LNH, que Kessel a obtenu le respect et l'admiration qu'on s'entêtait à lui refuser jusqu'ici.

Ç'a commencé avec la transaction qui l'a amené à Pittsburgh, alors que les Maple Leafs de Toronto se sont départis le 1er juillet d'un joueur qui n'avait pas tout à fait trouvé sa place au sein de l'équipe ou de la ville. La formation torontoise a laissé aller un joueur qui avait inscrit 25 buts cette saison-là et 37 au cours de la campagne précédente.

Les Maple Leafs avaient abandonné tout espoir en ce qui concerne Kessel. Ils étaient en reconstruction et ils n'allaient pas rebâtir avec lui. Ça n'avait tout simplement pas fonctionné, alors qu'on accordait trop d'attention et qu'on mettait trop de pression sur un joueur qui ne semblait pas réagir positivement à ce genre de situation.

Pittsburgh était un endroit où il allait être plus à l'aise. Pittsburgh, on dirait, était le bon endroit.

Kessel a continué de produire, pas à son maximum, mais à une fréquence qui fonctionnait dans le contexte des Penguins, alors qu'il a enfilé 26 buts et 33 aides en saison régulière avant de devenir une machine en séries. Son acquisition a été louangée dimanche par le propriétaire des Penguins Mario Lemieux, quand celui-ci a parlé de son directeur général Jim Rutherford.

« [Rutherford] mérite une bonne partie du crédit, à commencer par l'échange impliquant Phil Kessel, a dit Lemieux. C'était là un gros morceau. Vous avez vu comment il a joué dans les séries, c'est un compétiteur féroce. »

C'était là quelque chose dont Kessel pouvait seulement rêver l'été dernier, quelque chose qu'il n'aurait pas pu prédire, quelque chose qu'il peinait à décrire. C'était, a-t-il affirmé, « une sensation incroyable ». Le défenseur Kristopher Letang lui a remis la Coupe, si bien qu'il a pu la brandir en signe de triomphe en patinant et en criant sa joie, pendant que ses coéquipiers célébraient avec lui.

« Peut-on demander mieux ?, a lancé Kessel. Remporter la Coupe est ce dont tu rêves, c'est la raison pour laquelle tu joues. »

Et c'est quelque chose qu'il avait inscrit à l'ordre du jour dès que la transaction avait été conclue. En cette même journée du 1er juillet, Kessel avait reçu un appel de son nouveau capitaine. Sidney Crosby avait communiqué avec lui, tendant la main à son nouveau coéquipier et lui faisant une promesse.

Comme Kessel l'a indiqué dimanche en évoquant le souvenir de cette conversation, Crosby lui a dit que les Penguins « étaient contents de m'avoir », et qu'ils allaient « essayer de remporter la Coupe ».

« Et nous avons réussi. »

On a alors demandé à Kessel si ce championnat était un moment de rédemption pour lui, si cela avait tout changé à jamais.

« J'ai gagné la Coupe Stanley maintenant, a souligné Kessel. C'est très spécial. »

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