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Journée productive pour Barré-Boulet

Quelques heures après avoir accepté un contrat de trois ans avec le Lightning, l'attaquant a inscrit son 50e but de la saison dans la LHJMQ

par Guillaume Lepage @GLepageLNH / Journaliste LNH.com

MONTRÉAL - Alex Barré-Boulet va se souvenir longtemps du jour où il a atteint le plateau des 50 buts en une saison dans la LHJMQ.

Parce que c'est aussi le jour où une équipe de la LNH lui a finalement donné un vote de confiance. Après des années à tenter de prouver qu'il avait la volonté et le talent nécessaires pour évoluer au prochain niveau, il a finalement été récompensé par un contrat de trois ans avec le Lightning de Tampa Bay.

Tweet from @LHJMQ: #JeuDeLaSoiree | Qui a dit qu���Alex Barr��-Boulet avait besoin d���un bon angle pour marquer des buts? Voici son 50e de la saison! pic.twitter.com/9eyg37nMh3

Mais n'allez pas croire que la route vers ce contrat s'est parcourue sans embûche. Un joueur de hockey qui mesure 5 pieds 9 pouces et pèse 167 livres à 20 ans trouvera toujours quelqu'un pour douter de son potentiel. Même après des premières saisons de 51, 89 et 81 points dans la LHJMQ.

Même quand il se dirige vers le championnat des pointeurs - et des buteurs - avec une saison exceptionnelle de 107 points en 58 rencontres avec l'Armada de Blainville-Boisbriand.

« Je l'ai entendu pas mal souvent (que j'étais trop petit), a lancé Barré-Boulet. C'est plus de la motivation qu'autre chose pour moi. C'est ça qui me force à travailler plus fort et à leur mettre dans les dents. Je me suis inspiré des gars plus petits dans la Ligue nationale et je n'ai jamais arrêté d'y croire. »¸

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Au rythme où se sont enchaînées les déceptions au cours de sa carrière, sa persévérance relève déjà de l'exploit.

Barré-Boulet a été retranché à sa première tentative de se tailler un poste avec les Voltigeurs de Drummondville à 16 ans. Il a été ignoré au repêchage de la LNH l'année suivante alors que son nom apparaissait sur les listes du Bureau de dépistage.

Il a été invité au camp des recrues des Kings de Los Angeles en 2016 puis à celui des Golden Knights de Vegas cet été. Sans jamais obtenir de contrat.

« Ça s'explique par un ensemble de choses : la taille, la vitesse et le manque de force, a avancé Michel Boucher, le recruteur du Lightning au Québec. À un moment donné, tu dois te questionner à savoir si jamais le joueur n'est pas capable de jouer dans tes six premiers attaquants, sera-t-il capable d'amener l'aspect énergique et physique au sein des six suivants?

« Tu dois non seulement regarder les habiletés individuelles, mais également projeter en termes de profil et de rôle qu'un joueur pourrait éventuellement occuper dans la LNH. »

Jusqu'à tout récemment, il semble que la réponse à ces interrogations était négative. Mais la transaction qui l'a fait passer à Boisbriand au milieu de la dernière saison et le parcours de l'Armada jusqu'en finale de la Coupe du Président au printemps dernier ont eu des répercussions positives sur son jeu.

« Son attitude a changé par rapport à l'adversité et par rapport au hockey, a affirmé l'entraîneur et directeur général de l'Armada, Joël Bouchard. J'ai senti, quand nous avons été éliminés, qu'il était très déçu, mais qu'il avait compris beaucoup de choses. »

« Quand j'ai vu ce que j'étais capable de faire dans les séries contre de bonnes équipes et de bons joueurs, dans ma tête, je me suis dit que je pouvais aspirer à jouer professionnel et c'était mon objectif », a renchéri le principal intéressé.

Sur les traces de Gourde et Johnson?

Le Lightning, qui mise déjà sur plusieurs espoirs talentueux à tous les niveaux, vient d'amorcer un autre projet avec la signature de Barré-Boulet. Reste à voir s'il va rapporter autant que les projets Yanni Gourde et Tyler Johnson, deux joueurs du même moule qui font la pluie, mais surtout le beau temps à Tampa.

« Le développement des joueurs est extrêmement bien là-bas, ils font des transactions, mais ils se fient surtout au développement, a argué le natif de Montmagny. Ils se fient beaucoup au développement et c'est sûr que ça m'a aidé à prendre ma décision. »

Barré-Boulet sait évidemment que le travail ne fait que commencer. Mais avec la détermination et surtout la confiance d'une organisation réputée pour donner la chance au coureur, rien n'est impossible.

« Ces gars-là ont tous le même genre d'histoire, a conclu Bouchard. Est-ce qu'ils vont tous jouer dans la LNH et avoir des carrières comme ça? Ça, je ne le sais pas. Mais il y a de la place pour des gars comme ça dans la LNH.

« Ils ont dû mettre les efforts pour s'y rendre en passant par la Ligue américaine pour faire leurs classes. C'est à Alex de prouver qu'il est capable de le faire lui aussi. »

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