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Jean-Gabriel Pageau, féroce et courageux comme un blaireau de miel

L'entraîneur d'Ottawa Guy Boucher très élogieux à l'endroit de l'attaquant de petite taille

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

OTTAWA - Le blaireau de miel, vous connaissez? 

« Vous ne savez pas ce qu'est un blaireau de miel? Faites des recherches, vous verrez que c'est le petit animal le plus féroce et le plus courageux », a répondu l'entraîneur des Sénateurs Guy Boucher, samedi, à l'issue de l'époustouflante prestation de quatre buts de Jean-Gabriel Pageau. 

Blaireau de miel (Honey Badger), c'est le surnom dont on affuble Pageau chez les Sénateurs. Ce n'est pas le plus joli des sobriquets, mais l'attaquant québécois lui a fait honneur dans le match no 2 de la série contre les Rangers de New York. Grâce à ses quatre buts, les Sénateurs l'ont emporté 6-5 en prolongation afin de se forger une avance de 2-0 dans la série de deuxième tour de l'Association de l'Est entre les deux équipes.

« Le jeune est une légende », a lancé le défenseur franco-ontarien Marc Methot. 

Pageau, natif d'Ottawa mais qui a grandi de l'autre côté de la Rivière-des-Outaouais à Gatineau, se bâtit en tout cas la réputation d'être un joueur des grandes occasions. Il est un des favoris des partisans qui scandent son nom au Centre Canadian Tire. 

« Quatre buts c'est absolument malade! », a déclaré Boucher. « C'est un exploit en saison régulière, imaginez en séries éliminatoires. Pas uniquement ça, il a réussi les deux buts qui nous ont permis de créer l'égalité 5-5 vers la fin de la troisième période, en plus du but gagnant en prolongation. » 

Boucher a argué que ça ne pouvait pas arriver à une meilleure personne. 

 « Il est tellement apprécié de ses coéquipiers. Ils veulent tous jouer avec lui. Quand je leur demande avec quels joueurs ils veulent évoluer, son nom vient au sommet de la liste, peu importe qu'il s'agisse d'un joueur à caractère offensif ou défensif. Il vient de connaître un de ces matchs qui vous font comprendre pourquoi tout le monde veut jouer avec lui. 

« Ce n'est pas seulement un joueur qui a beaucoup de cœur au ventre, il est doté d'une grande force de caractère. C'est de plus un bon joueur de hockey. Il possède une belle intelligence au jeu. C'est la raison de ses succès, c'est un joueur complet. » 

Boucher a rappelé que Pageau a connu une saison de 19 buts en 2015-16, mais qu'il a accepté cette saison de s'acquitter de la tâche de joueur de centre appelé à museler les meilleurs joueurs des rivaux. 

Avec comme résultat qu'il a vu sa production à l'attaque diminuer de 10 points, passant de 43 à 33 points. 
Pageau n'est pas imposant physiquement, lui qui mesure 5 pieds 10 pouces et qui pèse 180 livres. Ça ne l'empêche pas de tirer son épingle du jeu. 

« Il croit en lui-même », a relevé Boucher comme étant sa principale qualité. « Un gars de sa taille ne peut pas passer au travers de toutes ces étapes, soit atteindre la Ligue nationale et s'établir comme un joueur important sans avoir une grande force de caractère et une grande croyance en ses moyens. 

« Les joueurs comme lui se sont fait dire depuis leur enfance qu'ils n'y arriveront pas. Ils finissent par se bâtir une solide carapace. Il y a des joueurs qui s'écrasent et qui ne se relèvent jamais. Ils possèdent le même talent, j'en ai côtoyé moi-même. La différence pour des gars comme Pageau ou Martin St. Louis, c'est qu'ils peuvent faire fi de tout ce qu'on leur dit. Ils vont y croire et l'acharnement leur permet de surmonter toute l'adversité. 

« On ne peut pas qu'avoir énormément de respect à l'endroit d'athlètes de leur acabit. » 

Boucher a expliqué qu'il a misé sur Pageau pour remporter la mise au jeu dans le territoire des Rangers, au moment où il avait retiré le gardien Craig Anderson vers la fin du temps réglementaire parce qu'il le méritait. 

« Peu importe, j'étais assuré d'une chose : il allait se rendre près du filet. Avec des gars comme Tom Pyatt et lui, tu ne te poses pas de question. Tu sais qu'ils vont se rendre près du but. C'est ce que nous voulions et c'est ce qu'il a fait. 

« Nous avions besoin de l'aide de la providence. Il a été un grand homme pour nous. » 

Maintenant en avant 2-0 dans la série, les Sénateurs campent plutôt mal le rôle de négligés dont ils se sont coiffés depuis le début de la série. 

« Nous n'avions pas trop l'air de favoris avec quatre minutes à jouer en troisième période, a noté Boucher. Les Rangers demeurent des aspirants pour l'obtention de la Coupe Stanley même s'ils ont perdu les deux premiers matchs. Ils seront de retour chez eux avec comme objectif de gagner les deux prochaines rencontres. Nous allons recommencer à 0-0, leurs partisans vont être exaltés et les joueurs vont jouer avec l'énergie du désespoir. » 

Boucher a fait preuve de vivacité d'esprit quand on lui a demandé si les Sénateurs méritent d'être considérés maintenant comme des aspirants pour la Coupe. 

« Nous aspirons à gagner le match suivant. Pour nous, l'approche demeure inchangée. Nous nous concentrons sur les 10 premières minutes du match à venir. Pendant toute la saison, nous n'avons jamais regardé au-delà de ça. » 

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