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Jason Demers ne changerait rien à son parcours atypique jusqu'à la LNH

Le défenseur a forcé la main des Sharks à force de persévérer

par Emna Achour / Correspondante LNH.com

PARIS, France - Jason Demers n'a pas eu ce que l'on pourrait qualifier de « parcours typique » pour un joueur de la Ligue nationale.

Ignoré au repêchage lors de sa première année d'admissibilité, il a dû attendre de compléter trois saisons dans la LHJMQ avant de recevoir un coup de fil d'une équipe de la LNH.

Les Sharks de San Jose lui ont accordé un essai, mais après avoir participé à leur camp d'entraînement à l'aube de la campagne 2007-08, ils l'ont laissé aller sans lui faire signer de contrat.

Demers a alors connu la meilleure de ses quatre années junior, récoltant 64 points (dont 55 mentions d'aide) en 67 matchs avec les Tigres de Victoriaville. Et les Sharks n'ont pas voulu refaire la même erreur au terme de cette année-là; ils l'ont plutôt repêché en septième ronde (186e au total) à l'encan de 2008, et « le reste fait partie de l'histoire », comme le dit l'expression.

Originaire de Dorval, Demers ne s'était même pas donné la peine de se présenter au Centre Canadian Tire (autrefois la Place Banque Scotia) d'Ottawa pour l'occasion, lui qui n'avait pas beaucoup d'espoir d'être sélectionné quelques semaines après avoir fêté ses 20 ans.

Demers n'aura donc jamais eu le plaisir d'entendre son nom être prononcé par sa future équipe, ni la chance d'enfiler son fameux chandail et sa fameuse casquette aux couleurs de sa nouvelle formation.

Mais Demers n'échangerait son parcours atypique pour rien au monde.

« Non, je garderais ça comme ça parce que ça fait partie de ma vie, je n'ai pas de regrets, a-t-il déclaré samedi. Je suis content d'avoir vécu tout ce que j'ai vécu et ç'a fait de moi un meilleur joueur. »

Demers en avait ensuite surpris plus d'un en n'ayant besoin que d'un peu plus d'une saison dans la Ligue américaine avec le club-école des Sharks avant d'être prêt à faire le saut à temps plein dans la LNH.

« Il y a beaucoup de gens qui m'ont aidé, a-t-il expliqué. Surtout ma famille, mais aussi mes entraîneurs. J'étais également bien entouré de bons vétérans quand j'ai commencé ma carrière dans la Ligue américaine. Je leur dois beaucoup à tous parce que c'est grâce à eux si j'en suis là. J'ai aussi eu un peu de chance et un bon timing, je suis arrivé avec une bonne équipe. Je pense qu'à mes deux premières années à San Jose, on avait une équipe qui aspirait à la Coupe Stanley. Tout ça mis ensemble a donné ce que je suis devenu aujourd'hui. »

« Aujourd'hui », c'est neuf saisons dans la LNH, trois équipes et une chance de représenter son pays au Championnat du monde 2017 de la FIHG plus tard.

Après avoir passé presque sept ans dans l'organisation des Sharks, Demers a été échangé aux Stars de Dallas en novembre 2014, où il a passé près de deux saisons au cours desquelles il a grandement aidé à relancer l'équipe.

Dallas a conclu la saison 2014-15 au 10e rang dans l'Association de l'Ouest et à l'avant-dernier échelon dans sa section, mais s'est hissé en toute première place dans l'Ouest dès l'année suivante grâce à une récolte de 109 points. En plus de cela, Demers n'avait plus à jouer dans l'ombre des Brent Burns et des Marc-Édouard Vlasic à Dallas, comme c'était le cas à San Jose.

« Les Stars m'ont donné un autre genre de chance, un autre rôle qui allait me permettre de grandir et de m'améliorer, a-t-il expliqué. J'ai eu l'occasion de jouer à un autre niveau et d'être placé sur la deuxième et même la première paire de défenseurs. Je leur en dois beaucoup. »

L'été dernier, alors qu'il était l'un des joueurs autonomes sans compensation les plus convoités, Demers a signé une entente de cinq ans avec les Panthers de la Floride. Une équipe en reconstruction, pour laquelle il a pu jouer un rôle différent de ce à quoi il était habitué.

« C'était ma neuvième année dans la Ligue, c'est à moi de m'adapter, c'est maintenant à moi d'aider les jeunes », a-t-il déclaré, lui qui a conclu la campagne avec neuf buts et 28 points en 81 rencontres. « Les rôles changent un peu dans une carrière, le mien est dorénavant de montrer aux autres ce qu'il faut faire pour gagner et de les aider à trouver leur identité. C'est un défi que je prends au sérieux et j'ai hâte de continuer à jouer ce rôle avec eux au cours des prochaines années. »

Avant d'être congédié par les Panthers en novembre 2016, Gerard Gallant a dirigé Demers en Floride. Agissant maintenant comme entraîneur-adjoint pour Équipe Canada au Championnat du monde 2017 de la FIHG, Gallant a l'occasion de renouer avec son ancien défenseur, pour qui il n'a que de bons mots.

« C'est un défenseur solide, qui n'est pas seulement bon dans son territoire ou en attaque, a évoqué Gallant. Il fait bien dans les deux sens de la patinoire et on peut compter sur lui pour être constant soir après soir. Quand on lui a accordé un contrat en Floride l'an dernier, c'était pour toutes ces raisons. Un défenseur fiable qui peut bouger la rondelle et marquer des buts. »

Parcours atypique ou pas, le défenseur de 28 ans a prouvé à maintes reprises qu'il méritait sa place dans la cour des grands. Et Vlasic, son ancien coéquipier et partenaire à la ligne bleue chez les Sharks, assure que personne ne fait vraiment la différence de toute façon. 

« Chez les Sharks, on a plusieurs joueurs qui ont été repêchés en septième ou huitième rondes et qui ont eu de bonnes carrières, et Jason en est un bon exemple », a évoqué Vlasic, qui est également à Paris afin de représenter le Canada au Championnat du monde.

« Mais on ne parle pas vraiment du cheminement de l'un ou de l'autre entre joueurs parce que quoi qu'il en soit, une fois que tu te rends dans la Ligue nationale, tu fais partie de la gang. Jason mérite d'être là comme tous les autres et quand tu y parviens, c'est que tu fais partie des meilleurs. »

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