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Jake Guentzel marque des buts à un rythme historique

L'attaquant des Penguins a inscrit sept buts à ses sept premiers matchs des séries éliminatoires de la Coupe Stanley à l'approche du match no 3 de la série de deuxième tour contre les Capitals

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Chroniqueur NHL.com

PITTSBURGH -- Maurice Richard. Dino Ciccarelli. Jake Guentzel.

Et c'est tout. Voilà la liste au grand complet. Celle des joueurs qui, au cours des 73 dernières années, ont marqué sept buts à leurs sept premiers matchs en séries éliminatoires de la Coupe Stanley, selon le Elias Sports Bureau.

Richard a inscrit 10 buts à ses sept premières rencontres éliminatoires avec les Canadiens de Montréal en 1944. Durant sa carrière, il a totalisé 544 filets en saison régulière, un record de la LNH jusqu'à ce que Gordie Howe le réédite en 1963. On lui a dédié le trophée remis annuellement au champion buteur de la Ligue.

Ciccarelli a enregistré sept buts à ses sept premières sorties en séries avec les North Stars du Minnesota en 1981. Il a conclu sa carrière avec 608 buts en saison régulière et il occupe le 18e rang dans l'histoire de la Ligue à ce chapitre. Tout comme Richard, il fait partie du Temple de la renommée du hockey.

Guentzel, un attaquant recrue de 22 ans des Penguins de Pittsburgh, se trouve donc en bonne compagnie. Il a sept filets à ses sept premiers matchs éliminatoires et il est le meilleur buteur de la Ligue à l'approche du match no 3 de la série de deuxième tour contre les Capitals de Washington, prévu lundi soir au PPG Paints Arena (19h30 HE ; TVA Sports, CBC, NBCSN). Les Penguins mènent la série quatre de sept 2-0.

« J'ai regardé ça un peu, a indiqué Ciccarelli. Évidemment, il a le sens du but. Probablement comme je l'avais. On le place dans de bonnes situations. »

Ciccarelli, un athlète de 5 pieds 10 pouces et 185 livres à l'époque où il jouait, a partagé la saison 1980-81 entre Oklahoma City dans la Ligue centrale de hockey et le Minnesota. L'entraîneur des North Stars Glen Sonmor avait placé Ciccarelli à l'aile droite aux côtés du joueur de centre Bobby Smith, qui avait alors été le meilleur marqueur de l'équipe avec une récolte de 93 points en saison régulière, soit 27 points de plus que tout autre joueur dans la formation.

« Évidemment, je me suis retrouvé dans une bonne situation et j'en ai tiré profit », a affirmé Ciccarelli.

Guentzel (5 pieds 11 pouces, 180 livres) a passé une partie de la campagne à Wilkes-Barre Scranton dans la Ligue américaine de hockey avant de s'amener à Pittsburgh. L'entraîneur Mike Sullivan a mis Guentzel à l'aile gauche avec le capitaine Sidney Crosby, qui a remporté… à peu près tout, comme vous le savez déjà.

Donc, de toute évidence, Guentzel se trouve dans un contexte favorable et il en tire profit.

« Je joue avec de grands joueurs et j'essaie simplement de rester près du filet », a-t-il affirmé.

Sullivan a jumelé Guentzel à Crosby parce qu'il a un bon sens du hockey et un fort esprit de compétition. Fils d'un entraîneur, frère cadet de deux joueurs de hockey, Guentzel a grandi en apprenant les bases du hockey et en affrontant des joueurs plus gros que lui. Il a une compréhension poussée du jeu et il ne craint pas d'aller dans les espaces restreints.

« Il réalise des jeux, il est calme quand il a la rondelle, il ne s'en débarrasse pas pour rien et il veut la manier, et je trouve que ça se marie bien à Sid parce que Sid est pareil, a noté Sullivan. Il est capable d'échanger la rondelle rapidement profondément en zone adverse et il a une très bonne vision du jeu. Il peut réaliser des jeux à la suite d'une entrée de zone. Il y a donc plusieurs aspects du jeu que nous aimons chez Jake et qui nous ont amené à le faire jouer avec Sid, et ç'a donné de bons résultats. »

Guentzel a marqué ses buts de différentes façons, notamment en avantage numérique, à la suite d'entrées de zone et dans un filet désert. Le plus bel exemple de ses qualités de marqueur, on l'a toutefois vu lors du troisième match de la série de premier tour contre les Blue Jackets de Columbus.

En prolongation, Crosby bourdonnait derrière la ligne bleue, un jeu typique de sa part. Guentzel s'est glissé dans un espace libre devant le filet et il a soulevé le bâton de l'attaquant des Blue Jackets Cam Atkinson afin de s'assurer que son propre bâton soit libre de toute contrainte. Quand Crosby lui a dirigé une passe du revers, Guentzel était bien placé pour marquer. Il a complété un tour du chapeau et donné la victoire aux Penguins, au compte de 5-4.

« Évidemment, Crosby est une superstar, a souligné Ciccarelli. Mon approche serait, et je suis certain que ce jeune-là [Guentzel], qui fait de l'excellent travail, se dit, 'Écoute, tu joues avec un des meilleurs joueurs au monde. La direction te donne une opportunité extraordinaire'.

« Je suis sûr qu'il se prépare bien et, sur la glace, je suis certain qu'il pense de cette façon. Tu vas avoir des occasions de marquer du simple fait de jouer avec Crosby, de jouer dans ce trio. Il s'agit donc de trouver les espaces libres. De dénicher les ouvertures près du filet et si tu fais ça, tu vas avoir ta récompense. Crosby attire beaucoup d'attention, ce qui signifie qu'il va y avoir des espaces pour toi. À toi de les trouver. »

Ciccarelli s'est souvenu de l'époque où il jouait avec le joueur de centre Sergei Fedorov chez les Red Wings de Detroit.

« Tout ce que je voulais faire, c'était lui donner la rondelle et ensuite trouver l'espace, a affirmé Ciccarelli. Il avait cette capacité, lui qui était une véritable superstar, de rejoindre les joueurs libres. Mon boulot, c'était de trouver l'espace libre près du filet. J'ai marqué plusieurs buts où je n'ai eu qu'à pousser la rondelle dans un filet déserté, plusieurs sur des retours. Évidemment, il était à la source de tout ça. Et dans son cas à lui, Crosby va créer des opportunités à chaque match.

« Il faut un peu de chance. Il faut de la chance pour remporter la Coupe. Il faut de la chance pour avoir du succès en séries, surtout quand on regarde la façon dont se déroulent les séries en ce moment. C'est fou. C'est plaisant à regarder. C'est impossible de savoir qui va gagner un soir donné. Les équipes remportent des matchs à l'étranger. Mais oui, le jeune fait de l'excellent travail. »

Si le passé est garant de l'avenir, c'est de bon augure pour Guentzel. Richard a complété les séries du printemps 1944 avec une production de 12 buts en neuf matchs et les Canadiens ont décroché la Coupe Stanley. Ciccarelli a conclu les séries 1981 avec 14 filets en 19 rencontres et les North Stars ont atteint la Finale.

« Je suis certain qu'il est très excité, a dit Ciccarelli. Dans son for intérieur, il a probablement la même réaction que j'avais à l'époque, quand je me disais, 'Wow, je joue dans la LNH et je joue avec un des meilleurs joueurs au monde'. Il risque d'attirer davantage l'attention. Mais c'est quand même une bonne chose, parce que ça va libérer Crosby un peu et rendre le trio dans son ensemble encore plus menaçant. C'est bon à voir. J'espère qu'il va continuer au même rythme. »

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