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Jacques Martin a attendu la Coupe pendant 30 ans

L'entraîneur adjoint des Penguins va célébrer, lui qui a connu une longue carrière de dirigeant et entraîneur dans la LNH

par Dave Stubbs @dave_stubbs / Chroniqueur NHL.com

MONTRÉAL - Il aura fallu 30 ans à Jacques Martin en tant qu'entraîneur, entraîneur adjoint et directeur général dans la LNH avant de finalement atteindre la Finale de la Coupe Stanley. Il a toutefois profité au maximum de cette première participation.

Martin, âgé de 63 ans, verra son nom être gravé sur une bande d'argent du trophée le plus convoité du hockey professionnel, l'entraîneur adjoint spécial de l'entraîneur des Penguins de Pittsburgh Mike Sullivan ayant joué un rôle important dans la victoire des siens en grande finale contre les Sharks de San Jose la saison dernière.

La route a été longue et parfois tortueuse pour Martin, qui a travaillé pour sept organisations de la LNH dans une variété de rôles différents depuis qu'il a mené les Platers de Guelph de la Ligue de hockey de l'Ontario au championnat de la Coupe Memorial en 1986.

Fier de la réputation d'enseignant qu'il s'est forgée, Martin a été reconnu pour son excellence derrière le banc, lui qui a remporté le trophée Jack Adams en 1998-99 à titre de meilleur entraîneur de la ligue alors qu'il dirigeait les Sénateurs d'Ottawa, en plus d'avoir été finaliste à trois autres occasions.

Le natif de Saint-Pascal-Baylon, en Ontario, un petit point sur la carte à environ 45 kilomètres à l'est d'Ottawa, a accepté une prolongation de contrat de deux ans avec les Penguins cet été afin de demeurer dans le personnel de Sullivan.

Dans le cadre d'une conversation avec LNH.com peu de temps avant sa journée avec la Coupe Stanley le 8 août, alors que le trophée sera présenté à son école de hockey en banlieue de Montréal avant de se diriger vers l'ouest pour des célébrations publiques et privées dans sa ville natale, Martin est revenu sur son parcours, les gens qu'il a rencontrés, les leçons qu'il a apprises en cours de route et bien d'autres choses.

LNH.com: Quand avez-vous réalisé que vous alliez finalement remporter la Coupe Stanley, et quelle a été la première chose qui vous a traversé l'esprit lorsque vous l'avez réalisé?

Martin: Peut-être dans la dernière minute du match no 6 (le 12 juin à San Jose), lorsque Patric Hornqvist a marqué dans un filet désert pour confirmer notre victoire (avec 1:02 à écouler en temps réglementaire). À ce moment, je pensais à mon enfance au Canada, où je jouais dans un champ et où je commentais les parties que je disputais. Je me voyais marquer le but gagnant dans une Finale de la Coupe Stanley ou effectuer l'arrêt clé pour remporter la victoire, et j'imaginais la célébration qui s'ensuivait.

Je me suis senti très chanceux de pouvoir faire partie de cette excellente équipe de Pittsburgh, et de travailler avec de grands joueurs, mais ce qui est probablement encore plus important, avec de grandes personnes.

LNH.com: Vous avez donc remporté la coupe Stanley à votre première participation à la grande finale. Vous avez connu un succès immédiat, même s'il vous a fallu attendre 30 ans pour obtenir une chance…

Martin: Quelqu'un est en train de préparer un documentaire sur les Platers, 30 ans après que je les ai menés à la Coupe Memorial. Je disais aux cinéastes que le parcours avait été bien plus facile vers le championnat, puisqu'il s'agissait de ma première année à Guelph, que pour ma première Coupe Stanley.

Il arrive parfois que l'on tienne la victoire pour acquise. Lorsque les Penguins ont remporté la Coupe Stanley en 2009 avec plusieurs jeunes joueurs, ils se sont probablement dit « Nous serons de retour l'an prochain ». Mais il s'agit d'un trophée tellement difficile à gagner. Il s'agit d'un marathon de deux mois. Vous ne devez pas seulement être bons, vous devez aussi être très forts mentalement en plus d'avoir la chance de son côté par moments. L'engagement de nos joueurs et leur niveau de confiance cette saison a été une formidable histoire.

LNH.com: Est-ce que le fait d'avoir évolué pendant 30 ans dans la LNH rend cette conquête de la Coupe Stanley encore plus spéciale?

Martin: Assurément. C'est toujours un objectif de remporter la Coupe Stanley. J'ai toujours été reconnaissant des occasions qui m'ont été offertes de travailler dans la LNH, et avec autant d'organisations exceptionnelles, et d'avoir pu apprendre des différentes personnes que j'ai côtoyées.

À Pittsburgh cette année, nous possédions une excellente relation de travail entre les entraîneurs et la direction. Il s'agit d'un groupe tricoté très serré, et nous apportions tous des dimensions différentes. Cela nous a vraiment aidés à connaître du succès. Bien des fois, vous apprenez en combattant l'adversité et les défaites. J'ai connu mon lot d'adversité et de défaites en séries éliminatoires. D'être en mesure de l'emporter est assurément une chose dont je vais me souvenir pour le reste de ma vie.

LNH.com: Avez-vous pensé à ce que cela va représenter de voir votre nom être finalement inscrit sur la Coupe Stanley, lorsque les noms seront gravés avant le début de la prochaine saison?

Martin: Pas vraiment, non. Je tente simplement de me concentrer sur ma journée avec la Coupe lundi et d'en profiter avec mes amis - j'apporte la Coupe à mon école de hockey afin que les jeunes qui y ont passé l'été puissent prendre une photographie avec elle, et qu'ils puissent vivre une expérience qu'ils n'ont pu vivre auparavant.

LNH.com: Certains disent que lorsque vous soulevez finalement la Coupe Stanley, qui pèse 36 livres, on a le sentiment qu'elle pèse une tonne. D'autres affirment qu'elle semble aussi légère qu'une plume. Qu'en a-t-il été pour vous?

Martin: Elle était lourde. J'étais tellement fier de pouvoir toucher la Coupe et de la soulever. Cela vous rappelle que vous avez fait partie d'une équipe qui a connu du succès. Il s'agit de notre récompense pour avoir fait partie d'une telle équipe.

LNH.com: Y a-t-il un nom inscrit sur la Coupe qui ressort du lot pour vous? Un nom qui va attirer votre attention lorsque vous passerez la journée avec elle?

Martin: Al Arbour (sept fois gagnant de la Coupe, trois fois comme joueur, quatre fois comme entraîneur des Islanders de New York) a été un mentor pour moi lorsque j'ai commencé ma carrière d'entraîneur. J'ai toujours admiré la manière dont Al allait chercher le meilleur de ses équipes et tout le succès qu'il a connu. Un autre nom qui ressort est celui de Mike Keenan, un ami proche avec qui j'ai pu travailler. Mike a pu remporter ce trophée avec les Rangers de New York. Il s'agit des noms que j'ai hâte de voir.

LNH.com: C'est sans parler de Scotty Bowman, qui a remporté la Coupe Stanley neuf fois comme entraîneur et cinq autres fois comme dirigeant.

Martin: La capacité de Scotty de composer avec les gens et d'évaluer les situations… il est une icône dans la fraternité des entraîneurs. Oui, il a dirigé de bonnes équipes, mais bien souvent, des entraîneurs misent sur de bonnes équipes et ne gagnent pas. Ce que Scotty a été en mesure d'accomplir est fantastique. Regardez le succès que les anciens Canadiens ont connu - Henri Richard (11 titres de la Coupe), Jean Béliveau et Yvan Cournoyer (10 chacun). Le nombre de titres de la Coupe Stanley que ces joueurs ont gagné à leur époque, il s'agit d'un succès incroyable.

LNH.com: Vous étiez entraîneur adjoint sous les ordres de Marc Crawford avec l'Avalanche du Colorado en 1995-96 lorsque vous avez décidé de partir pour devenir entraîneur des Sénateurs d'Ottawa. L'Avalanche a remporté la Coupe Stanley quelques mois plus tard. Les Sénateurs ont disputé un match no 7 en Finale de l'Association de l'Est en 2003 avant de s'incliner devant les Devils du New Jersey, et vous avez disputé cinq matchs en finale de l'Est en 2010 avec les Canadiens de Montréal avant d'être éliminés par les Flyers de Philadelphie. Avez-vous déjà pensé que, peu importe combien de temps vous alliez passer dans cette ligue, vous n'alliez jamais remporter la Coupe Stanley?

Martin: Je ne crois pas que cela m'ait traversé l'esprit. J'avais le sentiment au cours de mes dernières années à Ottawa que nous misions sur une équipe capable de remporter la coupe. Nous possédions une excellente chimie et beaucoup de talent, mais nous n'avons malheureusement pas pu éliminer le New Jersey en 2003. C'est probablement le plus près que je m'en suis approché avant cette saison. À ma première saison à Montréal (2009-10), nous avons atteint la finale de l'Association de l'Est… mais je ne pense pas que nous étions aussi forts à ce point. Nous commencions à bâtir notre équipe, nous avions subi des blessures à des joueurs clés, et nous ne possédions pas la profondeur requise.

Mais cette année à Pittsburgh, j'aimais vraiment notre équipe. Même si les gens à l'extérieur de l'organisation remettaient en question notre défensive, nous formions une équipe avec beaucoup de profondeur. Nous pouvions utiliser nos quatre trios et être à l'aise et confiants que les joueurs allaient effectuer le travail.

LNH.com: Avez-vous déjà rêvé de remporter la Coupe Stanley en tant que joueur, lorsque vous étiez gardien de but à l'Université St. Lawrence à New York au début des années 1970?

Martin: Oui, je me voyais gagner la Coupe quand j'étais enfant, et même quand je jouais à l'université. C'est toujours un rêve, surtout pour un jeune qui grandit au Canada, de la région d'où je viens, pas très loin de Montréal. Je suis pratiquement né dans un environnement de hockey. Mon frère, Ronald, jouait, et il a été un bon exemple pour moi.

 

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