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Gordie Howe est décédé à l'âge de 88 ans

La carrière de M. Hockey s'est étalée pendant cinq décennies

par David Kalan / Journaliste NHL.com

Gordie Howe, reconnu comme M. Hockey en raison de ses exploits et de sa contribution au sport qu'il a tant aimé, est décédé vendredi. Il était âgé de 88 ans.

Seul joueur de la LNH dont la carrière s'est étalée pendant cinq décennies, Howe a joué plus longtemps et mieux que pratiquement quiconque a déjà lacé des patins. Au cours de sa carrière record de 26 saisons, il a disputé 1767 matchs, incluant 1687 avec les Red Wings de Detroit, des records de la LNH pour le plus grand nombre de matchs disputés et le plus de rencontres avec une équipe.

Le total de 801 buts de Howe était le plus élevé de l'histoire de la LNH jusqu'à ce que Wayne Gretzky le surpasse en 1994, mais il est toujours au premier rang pour les ailiers droits. Il a terminé sa carrière dans la LNH avec 1850 points, une autre marque qui a tenu jusqu'à ce que Gretzky l'éclipse. Il a été le premier joueur de l'histoire de la ligue à atteindre le plateau des 1500 matchs et il demeure le joueur le plus âgé à avoir disputé un match dans la LNH (52 ans, 11 jours).

Aucun autre joueur dans l'histoire de la LNH n'a joué au-delà de 48 ans.

« Tous les partisans de hockey sont attristés par le décès de l'incomparable Gordie Howe », a déclaré le commissaire de la LNH Gary Bettman dans un communiqué.

« Athlète remarquable dont la domination de notre sport a été reflétée par la longévité de sa carrière et son surnom, "M. Hockey", le dévouement de Gordie envers la victoire a été égalé seulement par son engagement envers ses coéquipiers, ses amis, les Red Wings, la ville de Detroit et - par-dessus tout - sa famille. Sa dévotion envers Colleen tout au long de sa maladie et le fait qu'il ait pu prolonger sa carrière de joueur au cours d'une cinquième décennie afin de jouer avec ses fils sont deux exemples de ses véritables priorités dans la vie.

« La grandeur de Gordie va bien au-delà des simples statistiques. Elle trouve écho dans les paroles de vénération d'un nombre incalculable de joueurs qui l'ont rejoint au Temple de la renommée du hockey et qui le considéraient comme leur héros.

« La ténacité de Gordie en tant que compétiteur sur la glace n'était égalée que par son humour et son humilité à l'extérieur de celle-ci. Aucun sport n'aurait pu espérer miser sur un ambassadeur d'une telle envergure, et aussi apprécié.

« De la part des générations de partisans qui ont été fascinés par son jeu ainsi que de ceux qui ne connaissent que sa légende, et de la part de tous les jeunes et les coéquipiers qu'il a inspirés, nous exprimons nos vœux les plus sincères de condoléances, de réconfort et de force à la famille Howe et à tous ceux qui pleurent la perte d'une icône de notre sport. »

La liste des réalisations de Howe surpasse de beaucoup celle de ses pairs. Il a fini parmi les cinq premiers pointeurs de la ligue pendant 20 saisons consécutives, il a aidé les Red Wings à terminer au premier rang du classement de la saison régulière pendant sept saisons d'affilée (1948-49 à 1954-55) un record. Il a remporté la Coupe Stanley à quatre reprises, a gagné six fois le trophée Hart à titre de joueur par excellence, autant de fois le trophée Art Ross à titre de meilleur pointeur et a été le premier joueur à recevoir le trophée « Accomplissement d'une vie » de la LNH en 2008.

Au cours de la saison 1979-80, Howe a marqué 15 buts et a totalisé 41 points à titre d'ailier droit des Whalers de Hartford à sa dernière campagne dans la LNH. Ces statistiques sont loin d'être dérisoires, mais elles sont certainement en dessous des standards que Howe avait établis pour lui-même au cours de sa carrière dans la LNH. Encore là, Howe venait de fêter son 52e anniversaire de naissance au cours de la dernière semaine de la saison régulière.

En conséquence, Howe a été pendant de nombreuses années la personnification et l'essence même du hockey. Ses exploits, sa longévité et sa bonne volonté comme l'un des grands ambassadeurs du sport étaient légendaires.

Ses impressionnantes habiletés et sa force à un âge où la plupart des joueurs passent leur journée à pêcher n'avaient d'égales. Howe a connu sa seule saison de 100 points dans la LNH en 1968-69 quand il avait 41 ans. Au cours de cette saison, il avait également accumulé 58 minutes de pénalité.

L'ensemble de ses exploits et une telle place dans l'histoire sont encore plus étonnants compte tenu des premières années de vie de Howe. M. Hockey est né le 31 mars 1928 à Floral en Saskatchewan, un village non constitué et si petit que le dernier bureau de poste a été fermé quatre ans et demi avant la naissance de Howe.

Floral n'était pas assez grand pour héberger Howe, qui était le sixième de neuf enfants, ou sa famille qui a déménagé à Saskatoon peu de temps après sa naissance. Ses débuts modestes à la ferme familiale dans le petit avant-poste de l'Ouest canadien n'allaient pas entraver son avenir, pas plus que la légère dyslexie dont il a souffert dans sa jeunesse. Les docteurs lui ont recommandé de passer de longues heures suspendues à une barre afin de prévenir une déviation de sa colonne vertébrale en raison de la condition de ses os.

Aucun de ces points d'interrogation ne fut assez important pour l'empêcher de devenir un joueur de hockey reconnu pour sa robustesse. Howe a accumulé 1685 minutes de pénalité dans la LNH et a totalisé plus de minutes de pénalités que de points dans 11 de ses 26 saisons. Le tour du chapeau « Gordie Howe » - un but, une assistance et une bagarre dans un match - est devenu un terme commun dans le langage de hockey, même si Howe n'a réussi cet « exploit » que seulement deux fois au cours de sa carrière.

Ce n'est pas qu'il refusait de jeter les gants. Dans son livre, Gordie Howe: mes souvenirs du hockey, il écrit que dans son enfance son père lui avait enseigné un sens de ténacité tranquille en lui disant : « Ne laisse personne te salir, car ils vont continuer de le faire. » Howe s'est battu tellement de fois à son année recrue avec les Red Wings que l'entraîneur Jack Adams lui a lancé la célèbre phrase : « Je sais que tu es capable de te battre. Maintenant, peux-tu me montrer que tu peux jouer au hockey? »

Il l'a fait.

Comme son rival de longue date, Maurice Richard des Canadiens de Montréal, avait une fois succinctement déclaré : « Gordie pouvait tout faire. »

À Detroit, où Howe a joué avec Sid Abel et Ted Lindsay (par la suite avec Lindsay et Alex Delvecchio) au sein du célèbre Production Line, il détient encore les marques de l'équipe pour le nombre de buts, le total de points et le nombre de matchs disputés, et il vient au deuxième rang au chapitre des assistances.

Étonnamment, les Red Wings ont failli perdre les droits sur Howe car son nom n'avait pas été correctement répertorié comme membre de l'équipe quand il a joué pour les Knights d'Omaha dans la Ligue de hockey des États-Unis en 1945. Le dirigeant des Canadiens Frank Selke avait remarqué l'erreur et comme il avait une bonne relation avec Adams, il lui avait envoyé une missive stipulant que « le nom de Howe devrait être retiré de la liste de protection des Red Wings ». Ce bref incident aurait pu changer de façon spectaculaire le cours des Red Wings et l'histoire de la LNH. Cette année-là à Omaha, Howe avait empoché 2500$ pour la saison. En 1946-47, sa première saison à Detroit, il avait gagné la fabuleuse somme de 7000$, soit le salaire minimum de la LNH.

Son emblématique chandail no 9 a pratiquement été un accident de fortune aussi. Howe portait le no 17 à sa première saison à Detroit, mais quand le futur membre du Temple de la renommée Roy Conacher, qui portait le no 9, a quitté les Red Wings pour les Blackhawks de Chicago après la saison 1946-47, Howe s'est approprié du numéro qui est maintenant célèbre. Ses raisons étaient plus pratiques que stylistiques: un plus petit numéro lui permettait d'avoir une couchette inférieure pendant les voyages en train.

Le chemin pour ce numéro, qui ne sera plus jamais porté par un autre joueur des Red Wings, et pour la place de sa couchette a été semé d'embûche pour Howe. Ce dernier a donné ses premiers coups de patin à l'âge de 5 ans par le fruit du hasard. Une femme qui tentait de joindre les deux bouts durant la Dépression a cogné à la porte des Howe pour leur vendre un sac de vêtements. À l'intérieur, le jeune Gordie a trouvé une paire de patins usagés qui étaient beaucoup trop grands pour lui et pour être à l'aise, il enfilait des bas supplémentaires. Howe avait de la difficulté à l'école, mais le hockey a toujours été une constante pour lui. Plus tard, il a joué pour l'équipe de l'école King George de Saskatoon au début des années 1940.

Les Rangers de New York ont invité Howe pour un essai professionnel à Winnipeg quand il était âgé de 15 ans, c'était alors la première fois qu'il voyait du véritable équipement de hockey. Les Rangers ne lui ont cependant pas fait signer de contrat. Il quittera Saskatoon qu'un an plus tard pour poursuivre sa carrière après avoir signé une entente avec les Red Wings, qui l'ont cédé à une équipe junior à Galt en Ontario.

Howe a amassé 48 points en 51 matchs alors qu'il était âgé de 17 ans à Omaha en 1945-46, avant de totaliser 22 points en 1946-47 avec les Red Wings. Il s'est épanoui en 1949-50, quand il a marqué 35 buts et totalisé 68 points, ce qui lui a permis de terminer au troisième rang des pointeurs de la ligue. Mais dans les séries éliminatoires de la Coupe Stanley, Howe a subi une fracture du crâne, une fracture au nez et de la joue quand il est entré en collision avec le capitaine des Maple Leafs de Toronto, Ted Kennedy. Les blessures ont nécessité une opération d'urgence pour enlever de la pression sur le cerveau de Howe.

Il est revenu au jeu pour la saison 1950-51 et il a remporté le titre des pointeurs de la LNH avec une priorité de 20 points.

La robustesse a été une marque de commerce de Howe pendant toute sa carrière; pas seulement par sa capacité de revenir rapidement au jeu après une blessure (il a reçu plus de 300 points de suture), mais par sa réputation enthousiaste de joueur qui travaillait fort dans les coins et par sa manière de garder ses coudes élevés comme une sorte d'avertissement pour ceux qui se tenaient trop près. Il était tellement reconnu pour agir ainsi que certains lui ont accolé le surnom de « M. Coude ».

« Si tu joues robuste un tout petit peu, tu obtiens le respect, disait Howe. Et avec le respect, tu obtiens un peu plus d'espace sur la glace. »

Howe a annoncé sa retraite après la saison 1970-71 en raison de problèmes chroniques à un poignet. Il a refusé une offre pour devenir le premier entraîneur des Islanders de New York quand ils ont fait leur entrée dans la LNH. Il a plutôt accepté un poste de vice-président des Red Wings et il a été admis au Temple de la renommée du hockey en 1972. Mais une année plus tard, Howe s'est vu offrir l'opportunité de jouer avec ses fils Mark et Marty avec les Aeros de Houston de l'Association mondiale de hockey. Il a été opéré au poignet et a conduit les Aeros au championnat de l'AMH et a été nommé le joueur par excellence de la ligue.

« Quand Gordie a été repêché par les Aeros, tout le monde oublie à quel point Marty et Mark étaient jeunes, et à quel point ils étaient bons », a écrit des années plus tard, Colleen, la femme de Gordie dans le livre and… Howe !: An Authorized Biography. « Tout à coup, l'histoire était 'Gordie est de retour'. C'était comme si Marty et Mark se joignaient à Gordie, au lieu que ce soit Gordie qui se joignait à eux, ce qui était pourtant le cas. »

Gordie, Marty et Mark, qui a été admis au Temple de la renommée du hockey en 2011, ont tous déménagé en Nouvelle-Angleterre pour jouer avec les Whalers en 1977. Ils ont joué deux autres saisons ensemble dans l'AMH, avant que las deux circuits fusionnent, ce qui a permis à Howe d'effectuer un retour dans la LNH avec les Whalers de Hartford, avec lesquels Howe a joué sa dernière saison complète en 1979-80.

Dans le livre and… Howe !: An Authorized Biography, Gordie et Colleen révèlent que cette dernière saison dans la LNH n'était pas supposée être la dernière saison. Howe affirme dans le livre qu'il avait approché Jack Kelley, le directeur général des Whalers, pour disputer une autre saison tout en agissant à titre d'entraîneur adjoint. Selon le récit des Howe, quand Kelley a décliné l'offre, un Gordie frustré lui a fait savoir sur le champ que tout était terminé et l'équipe a convoqué une conférence de presse le lendemain pour annoncer sa retraite. Howe a effectué une présence sur la patinoire avec les Vipers de Detroit de la Ligue internationale de hockey en 1997 à l'âge de 69 ans pour prolonger à six sa série de décennies de joueur professionnel, mais à toutes fins utiles, sa carrière a pris fin à Hartford en 1980.

On avait déjà dit à Howe qu'il y aurait une place pour lui en Nouvelle-Angleterre « si le toit ne lui tombait pas sur la tête », ce qui avait incité Howe à demander une renégociation de contrat quand le toit du Civic Center à Hartford s'était effondré en janvier 1978.

Pendant de nombreuses années, Gordie et Colleen ont eu de la difficulté à accepter la façon dont sa carrière a pris fin, car ils considéraient tous les deux qu'il avait été forcé de prendre sa retraite et parce que Howe avait peu d'options.

« Il s'est donc fait voler le droit de décider le moment le plus prodigieux de sa vie, a écrit Colleen. Personnellement, je me suis sentie spoliée et j'aurais aimé voir jouer Gordie en sachant que c'était la dernière fois qu'il jouait… Il regrettera toujours ce qui est arrivé, parce qu'il ne voulait pas prendre sa retraite cette année-là. »

Colleen Howe a peut-être été la femme la plus célèbre dans l'histoire du hockey. Gordie et elle se sont rencontrés sur une allée de quilles en 1950 et ils se sont mariés en 1953. Durant la carrière de Gordie, et celles de ses fils, elle était leur agente. Son affirmation d'elle-même et la féroce protection des intérêts financiers de la famille ont apporté un contrepoids à Gordie, qui malgré sa personnalité robuste sur la glace était une personne relativement calme à l'extérieur de la patinoire.

Howe a extrêmement bien accepté l'influence de sa femme pour les affaires, et il a déjà dit : « Les filles ont plus de temps pour penser. Elles ne se cognent pas mutuellement la tête. »

Quand Colleen est morte de la maladie de Pick à l'âge de 76 ans en 2009, « Mme Hockey » était pratiquement aussi adoré que son mari.

En plus de ses exploits sur la glace, on se souviendra aussi de Howe pour sa participation active à de nombreuses œuvres de charité. La plus notable est la Fondation Howe, fondée par Colleen en 1993 dans le but d'améliorer la vie des enfants et d'aider les jeunes défavorisés à apprendre et à jouer au hockey. Ils ont été impliqués dans la construction d'arénas dans l'État du Michigan ainsi que dans la collecte de fonds et dans la sensibilisation pour plus de 150 organismes de charité sans but lucratif en Amérique du Nord, selon le site internet du couple mrandmrshockey.com. Leurs efforts comprennent une tournée de 65 villes en honneur du 65e anniversaire de Gordie en 1993, durant laquelle les Howe ont remercié les partisans pour leur soutien, tout en recueillant de l'argent pour des œuvres de charité, qui a totalisé en fin de compte près de 1 million $ pour différentes causes.

Ce travail inlassable fera en sorte que l'on se souviendra de Howe autant pour son implication hors patinoire que pour ses exploits sur la glace. Sa carrière a été immortalisée en 2007 quand on a dévoilé une statue de bronze représentant Howe effectuer un tir frappé à l'entrée du Joe Louis Arena à Detroit. La statue mesure 12 pieds et pèse 2000 kg (environ 4500 livres), mais elle ne sera jamais que l'ombre de l'homme.

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