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Evgeni Malkin ne se voit pas ailleurs qu'à Pittsburgh

Le joueur de centre vedette russe souhaite que la cohabitation avec Sidney Crosby dure longtemps

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

PITTSBURGH - Evgeni Malkin se prêtait avec générosité à l'exercice d'accorder des entrevues depuis une dizaine de minutes déjà quand, à bout de souffle, il a imploré les journalistes de cesser de lui poser des questions: « S'il vous plaît, j'ai la voix fatiguée », a-t-il lancé.

Puis, regardant à sa droite, Malkin a constaté que Sidney Crosby, qui avait commencé avant lui, était encore attablé.

« Oh 'Sid' est encore là? Okay, continuez alors… »

C'était une autre démonstration de l'influence positive que Crosby exerce sur son illustre coéquipier russe.

Depuis 11 ans déjà que la cohabitation entre les deux joueurs de centre vedettes des Penguins de Pittsburgh s'est amorcée.

Depuis 11 ans que Malkin joue dans l'ombre de Crosby.

C'est bien correct pour lui. De la reconnaissance du public ou des observateurs, il ne cherche pas à en avoir. Il assure avec conviction d'ailleurs qu'il ne changerait pas de place afin d'être le joueur de centre numéro un ailleurs.

« J'ai le sentiment que les amateurs de Pittsburgh m'aiment également », a-t-il mentionné quand on a évoqué le vedettariat de Crosby à Pittsburgh. « Quand je vais au restaurant, les gens veulent me serrer la main. Je n'ai aucun problème avec la situation parce que j'ai le sentiment que je peux gagner la Coupe Stanley à toutes les années avec les Penguins. Je veux jouer longtemps avec Sidney Crosby.

« Il existe une saine compétition entre nous deux, a-t-il enchaîné. S'il réussit un but, je veux en réussir un également. S'il en marque un autre, je veux aller en marquer un autre. S'il obtient un tour du chapeau, alors là je m'arrête », a lancé Malkin avec un sens de l'humour qu'on ne lui soupçonnait pas.

« Peu importe qui est le meilleur dans un match donné, a-t-il repris sérieusement. Wayne Gretzky a déjà dit la même chose au sujet de Mark Messier quand ils jouaient ensemble. Il disait que c'était une saine compétition qui les poussait à vouloir se surpasser.

« Personnellement, je ne souhaite pas être le joueur de centre no 1 en Caroline ou ailleurs. Je veux m'améliorer à tous les jours. Je regarde Sidney aller lors des séances d'entraînement. Il est le gars le plus professionnel que je n'ai jamais vu. Je veux être comme lui. »

Malkin et Crosby en sont à leur quatrième participation en Finale de la Coupe Stanley. Ils ont gagné la Coupe Stanley deux fois, ayant chacun remporté le trophée Conn Smythe à titre de joueur par excellence des séries éliminatoires.

« Quatre participations en Finale, c'est impressionnant. Mais nous n'avons pas fait ça seuls. Le mérite revient à toute l'équipe.

Les deux pourraient marquer l'histoire avec la conquête d'un troisième championnat. Ils devanceraient leur célèbre propriétaire Mario Lemieux qui a gagné deux fois la Coupe comme joueur.

« Ce n'est pas vrai que nous aurions une Coupe de plus que Mario parce qu'il en a gagné quatre, si on ajoute les deux comme propriétaire, a précisé Malkin. Jamais je ne battrai mon héros. Nous sommes tous fiers de lui. Il a été un joueur formidable et une super personne. Il est passé nous voir dans le vestiaire après le match no 7 contre les Sénateurs d'Ottawa. Il nous a dit : 'Allez les gars, il reste une ronde à gagner' »

Malkin qualifie le défi qui attend ses coéquipiers et lui contre les Predators de Nashville du plus important qu'il aura à relever sur le plan personnel.

« Ce sera le plus grand défi de ma vie parce que je n'ai jamais joué contre une équipe qui possède six défenseurs de la qualité des Predators », a-t-il élaboré.

« 'Sid', Phil Kessel et moi sommes prêts, mais nous savons qu'il n'y aura pas beaucoup d'espace sur la glace. Le défi n'est pas uniquement que d'essayer de créer de l'attaque contre leurs défenseurs. Nous devrons bien jouer dans notre propre zone et en zone centrale. Je devrai tenter de bloquer des tirs dès que j'en aurai la chance. «

La paternité lui va bien

Malkin s'anime dès qu'on lui parle de son nouveau rôle de père depuis un an.

« Ç'a changé ma vie c'est sûr, mais probablement pas comme athlète. La seule chose, c'est que je ne suis pas sorti dans les bars une fois cette saison, a-t-il lancé. Je veux toujours être à la maison avec mon fils. Je suis un papa très fier. Je veux plus d'un enfant. Mon fils ne sera pas seul longtemps.

« Sa naissance nous a rapprochés, toute la famille. Ma mère et mon père sont avec moi à Pittsburgh. À tous les jours, je le vois grandir. C'est emballant de le voir faire ses premiers pas. »

Si le rejeton souhaite un jour imiter son père et jouer au hockey, Malkin a dit qu'il va l'encourager en ne lui imposant aucune pression.

« Je serai un bon père », a-t-il promis.

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