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Eric Lindros vit enfin une intronisation bien méritée

L'ancien des Flyers livre un discours bien senti et remercie sa famille de l'avoir bien guidé durant sa carrière

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Chroniqueur NHL.com

TORONTO - Avant qu'Eric Lindros fasse ses débuts dans la LNH avec les Flyers de Philadelphie en 1992, lui et son père Carl se sont rendus au domicile du directeur général des Flyers Bobby Clarke, où ils avaient été invités à souper. Son père et Clarke prenaient une bière ensemble quand Clarke a regardé dehors.

C'est là que se trouvait Lindros, qui jouait au hockey dans la rue avec le fils de 10 ans de Clarke, Lucas.

« C'était spécial - spécial pour mon fils, du moins, a déclaré Clarke. Il ne l'oubliera jamais. »

Il est arrivé tellement de choses par la suite. Mais quand Lindros a été intronisé au Temple de la renommée du hockey, lundi, c'était une occasion de se souvenir des bons moments et de garder les autres choses en perspective.

Oui, Lindros a souvent été aux prises avec des blessures, des commotions cérébrales surtout. Sa famille et lui ont eu des conflits avec Clarke, et Clarke lui a enlevé le « C » du capitaine en 1999-2000. Lindros a fait la grève durant la saison 2000-01 en raison d'une dispute contractuelle et il a été échangé.

Oui, il a pris sa retraite à 33 ans après avoir pris part à seulement 760 matchs du calendrier régulier dans la LNH à la suite de séjours avec les Rangers de New York, les Maple Leafs de Toronto et les Stars de Dallas. Il a dû attendre six ans avant d'être accepté au sein du Temple de la renommée du hockey.

Mais Clarke, un membre du comité de sélection du Temple de la renommée, ne laisse aucun doute.

Lindros a été une force dominante lorsqu'il était à son sommet, présentant une combinaison unique de gabarit, de force, de rapidité et d'habiletés. De 1992-93 jusqu'à sa dernière saison avec les Flyers en 1999-2000, il a affiché une moyenne de 1,36 point par match. Seuls Mario Lemieux (2,11) et Jaromir Jagr (1,45) ont fait mieux.

Il pivotait un trio complété par John LeClair et Mikael Renberg, qu'on appelait le trio « Legion of Doom », il a remporté le trophée Hart en tant que joueur le plus utile à son équipe dans la LNH en 1995 et il a été le meilleur marqueur des séries éliminatoires de la Coupe Stanley au printemps 1997, quand les Flyers ont atteint la Finale.

« Il a été le meilleur joueur du hockey pendant un bon nombre d'années, a déclaré Clarke sur le tapis rouge. On n'a pas vu d'autre joueur comme lui depuis, aussi costaud et avec un aussi bon coup de patin, avec autant de talent et un brin de méchanceté. Nous rêvons tous d'avoir un joueur comme lui et les Flyers sont chanceux de l'avoir eu pendant un certain temps.

« Il méritait de devenir membre du Temple de la renommée. Il l'a certainement bien gagné. »

Comme il l'a fait par le passé, Clarke a déclaré qu'il n'a pas aimé la façon dont les parents de Lindros ont critiqué le personnel médical des Flyers. Mais il a aussi reconnu qu'ils étaient des pionniers.

« Je comprends mieux maintenant, mieux qu'à l'époque, que son père cherchait à protéger Eric, comme il se devait de le faire, a-t-il dit. Je pense que ç'a incité la LNH à s'informer davantage et à en faire plus… Pas nécessairement pour Eric, mais pour tous les joueurs qui souffrent d'une commotion cérébrale. C'est lui qui a donné naissance à toutes ces discussions sur les commotions cérébrales. »

Dans son discours, Lindros a remercié ses parents, qui l'ont soutenu pendant qu'il était « sous les projecteurs des médias ».

« Tous les jeunes devraient avoir cette chance d'avoir des parents qui n'ont pas peur de leur dire quelles sont toutes les options qui s'offrent à eux, a déclaré Lindros. Mes parents m'ont guidé, m'ont dirigé dans la direction qu'ils croyaient être la meilleure pour moi et ils m'ont laissé prendre mes propres décisions. Ils n'ont jamais plié, même quand les choix à faire n'étaient pas les plus populaires. »

Clarke et Lindros ont joué ensemble dans un match des anciens avant la Classique hivernale 2012 de la LNH à Philadelphie, et ils ont eu une discussion le mois dernier à l'occasion d'un événement tenu au Wells Fargo Center. Selon Clarke, la conversation a été « plaisante » et Lindros semblait « en paix » avec lui-même.

« Je n'ai jamais ressenti de l'animosité à l'endroit d'Eric, a affirmé Clarke. Je sais qu'il a été en colère contre les Flyers pendant un certain temps, mais c'est maintenant très loin dans le passé. »

Lorsqu'on lui a parlé de Clarke après la cérémonie des bagues, vendredi, Lindros a déclaré : « Il ne sert à rien d'être négatif. Nous étions en désaccord sur certaines choses. C'est fini. Allons de l'avant et soyons meilleurs. »

À l'occasion de son discours, lundi, Lindros a remercié son épouse Kina. Après avoir quitté Philadelphie, il a eu du mal à accepter qu'il n'était plus le même joueur. Et après sa retraite, il a eu du mal à accepter qu'il n'était plus un joueur du tout.

« J'ai connu un parcours en montagnes russes dans le monde du hockey et il y a eu des moments où j'étais amer, a-t-il dit. Kina m'a appris à garder un certain équilibre. Elle m'a appris à me défaire des émotions négatives. Du moment où j'ai commencé à jouer au hockey dans les rangs professionnels jusqu'à aujourd'hui, jamais la vie n'a été aussi bonne pour moi. Je n'ai jamais été aussi heureux. »

À la fin de son discours, Lindros a invité son frère Brett sur l'estrade. Il a déclaré qu'ils avaient rêvé de jouer ensemble, mais n'ont jamais eu la chance de le faire. Son frère a disputé 51 matchs avec les Islanders de New York et il a pris sa retraite à l'âge de 20 ans en raison de commotions cérébrales.

« J'aimerais conclure ce chapitre de ma vie avec toi à mes côtés », a affirmé Lindros.

Mais n'allez pas croire que la page a été tournée et que tout a été pardonné.

« Je n'ai jamais eu besoin de ce genre de chose, a dit Clarke. Selon moi, Eric a toujours été un des meilleurs joueurs à avoir joué à Philadelphie. Il a été un atout formidable pour notre organisation, et ceux d'entre nous qui ont passé la majorité de leur vie au sein de l'organisation des Flyers sont vraiment fiers d'Eric. »

Au cours d'une entrevue réalisée avant son intronisation, Lindros a déclaré : « Quand tu lis un livre et que tu termines un chapitre et que tu passes au suivant, avez-vous fini le livre? Je ne sais pas à quel point on peut dire que la dernière page a été tournée.

« Je pense que ce que tu as appris dans le chapitre précédent va avoir certains liens avec ce que tu vas apprendre dans le chapitre suivant. Je ne crois pas qu'il y ait une ligne de démarcation claire et nette, qu'il y a nécessairement une porte qui se ferme et une autre qui s'ouvre. Mais il est vrai qu'une carrière au hockey ouvre des portes vers d'autres choses. C'est un lien direct vers d'autres opportunités. »

Le temps passe. La vie continue. Marié, père de trois jeunes enfants, activement impliqué dans le monde des affaires et dans des œuvres caritatives, encore un joueur de hockey dans une ligue de garage, maintenant un membre du Temple de la renommée, Lindros a encore quelques chapitres à écrire.

« Absolument », a-t-il lancé.

 

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