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Entre les poteaux : Un repos salutaire

Notre chroniqueur Mathieu Garon nous explique qu'une petite pause peut parfois changer la donne pour un gardien

par Mathieu Garon @OuiOui_32 / Chroniqueur LNH.com

Mathieu Garon a disputé 12 saisons dans la LNH et a signé 144 victoires en 341 matchs. Il a porté les couleurs des Canadiens de Montréal, des Kings de Los Angeles, des Oilers d'Edmonton, des Penguins de Pittsburgh, des Blue Jackets de Columbus et du Lightning de Tampa Bay. Mathieu a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com chaque semaine pour nous faire découvrir l'univers des gardiens de la LNH.

Contrairement aux joueurs qui évoluent aux autres positions, les options sont limitées quand vient le temps de relancer un gardien qui éprouve des difficultés. Si on peut réduire le temps de jeu d'un défenseur ou muter un attaquant sur le quatrième trio le temps qu'il retrouve ses repères, les choix sont plus restreints quand cela concerne le gardien : devant le filet ou sur le banc.

Avec les calendriers chargés et la pression constante dans la LNH, il arrive que les cerbères, comme tous les autres joueurs, ressentent un besoin de prendre un peu de repos afin de remettre les pendules à l'heure. Personne ne veut l'admettre, mais à certains moments, les joueurs de hockey voudraient avoir à leur disposition l'option d'appuyer sur un bouton pause pour reprendre leur souffle. 

Même le légendaire Martin Brodeur a raconté récemment en entrevue à la station de radio 91,9 avoir déjà demandé à son entraîneur des périodes de repos au cours de sa carrière, et qu'il trouvait cela naturel. Il a affirmé qu'il était bénéfique de prendre du recul physiquement et mentalement quand les choses allaient moins bien.

Que ce soit pour avoir plus de repos entre deux parties, ou afin de bénéficier de plus de temps pour peaufiner leur jeu et reprendre confiance, les occasions de profiter d'une longue pause se font rares durant la saison. 

Des exemples par le passé ont montré qu'une pause peut apporter beaucoup, non seulement à un gardien, mais aussi à son équipe.

Par exemple, en première ronde des séries éliminatoires de 2015, le gardien des Blackhawks de Chicago Corey Crawford avait amorcé le tournoi printanier de manière laborieuse contre les Predators de Nashville. Avec la série égale 1-1, Joel Quenneville avait décidé de se tourner vers son deuxième gardien, Scott Darling. Malgré le bon rendement de ce dernier, après trois matchs de repos, Crawford est revenu en force et a mené son équipe à la Coupe Stanley pour la deuxième fois. Il a su profiter du fait qu'il ne jouait pas pour regagner sa confiance, revenir au sommet de son art en pleines séries éliminatoires et mener son équipe aux grands honneurs.

Des exemples récents

La situation du gardien des Canadiens de Montréal Carey Price est l'un des meilleurs exemples qui illustrent le rôle qu'une pause peut avoir sur le rendement d'un gardien. 

Il était méconnaissable en début de saison, et le simple fait d'envoyer son auxiliaire dans la mêlée pour un match ne suffisait pas. Le hasard a fait en sorte qu'il se blesse, et cette période sans jouer lui a peut-être permis de s'accorder un repos mental et de retrouver sa confiance après avoir essuyé beaucoup de critiques. En étant inactif pendant une partie de sa réadaptation, il a pu se reposer physiquement, et quand il a repris du mieux, il a pu travailler à la mise au point de son jeu en compagnie de son entraîneur Stéphane Waite. Ses récentes prouesses démontrent à quel point ce lui fut profitable, et ce, même s'il a connu un départ un peu plus difficile contre les Oilers d'Edmonton.

Situation semblable chez les Bruins de Boston avec Tuukka Rask. Dans son cas par contre, ce n'est pas une blessure qui lui a fait prendre un peu de repos, mais plutôt le rendement de son adjoint. En raison de la qualité de ses performances, Anton Khudobin a obtenu quatre départs consécutifs. Cela a confiné Rask au banc, ce qui a probablement fouetté le gardien finlandais. 

La décision de l'entraîneur Bruce Cassidy de donner du repos a son gardien partant pourrait s'avérer un tournant dans la saison des Bruins. Le portier aurait pu facilement se remettre en question, mais il a plutôt saisi la chance qui s'offrait à lui de prendre son élan en effectuant un pas vers l'arrière. Depuis son retour, Rask est époustouflant avec une fiche de 4-1-0, une moyenne de buts alloués de 1,44, un pourcentage d'arrêts de ,946 et un blanchissage.

Le jeune gardien des Penguins de Pittsburgh Matt Murray vient également de tomber au combat. Parions que cette pause pourrait également s'avérer positive. Murray avait de la difficulté à égaler les standards qu'il a lui-même établis lors des deux dernières saisons. Il a déjà été victime de plusieurs blessures depuis le début de sa jeune carrière et a toujours su tirer avantage du repos forcé pour revenir plus fort par la suite.

Amorcer son retour en force

Le premier match après une absence est souvent très crucial. Il n'est jamais facile de renouer avec l'action, car rien n'égale le rythme d'un vrai match de la LNH. Le gardien veut recommencer à neuf et de bons arrêts tôt dans le match pourront rapidement le remettre en confiance. Un mauvais but pourrait quant à lui être néfaste et briser sa confiance. 

La confiance d'un gardien de but est ce qui est de plus difficile à obtenir et de plus facile à perdre. De pouvoir bénéficier d'une période de repos et laisser retomber la poussière peut être favorable quand on a besoin de rebâtir cette confiance, ou simplement de reprendre ses énergies.

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