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Entre les poteaux: François Allaire a révolutionné le métier de gardien

Notre collaborateur Mathieu Garon explique l'influence que l'entraîneur des gardiens de but a eue sur sa carrière

par Mathieu Garon / Collaborateur LNH.com

Mathieu Garon a disputé 12 saisons dans la LNH et a signé 144 victoires en 341 matchs. Il a porté les couleurs des Canadiens de Montréal, des Kings de Los Angeles, des Oilers d'Edmonton, des Penguins de Pittsburgh, des Blue Jackets de Columbus et du Lightning de Tampa Bay. Mathieu a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com chaque semaine pour nous faire découvrir l'univers des gardiens de la LNH.

Je n'aurais probablement jamais eu la chance d'écrire une chronique hebdomadaire sur la réalité des gardiens de but dans la LNH sans l'apport d'une personne en particulier. 

Sans François Allaire, je peux vous assurer que je n'aurais jamais eu une carrière de 12 saisons dans la LNH et peut-être que je n'aurais même jamais disputé un seul match. C'est dire à quel point il a été important dans ma carrière. Il m'a permis de réaliser mon rêve, et il a aidé plusieurs autres gardiens à réaliser le leur.

Lorsqu'il a annoncé sa retraite il y a quelques semaines, tous les gardiens qui ont travaillé avec lui ont eu la même pensée : il a sa place au Temple de la renommée. C'est simple, François a été l'une des personnes les plus influentes du hockey au cours des trois dernières décennies. Il a révolutionné l'art de garder les buts, non seulement en Amérique, mais aussi en Europe. 

Avec Patrick Roy, il a introduit le style papillon et a rendu la tâche des joueurs beaucoup plus difficile. Nul ne se doutait que celui qui est devenu le premier entraîneur des gardiens de l'organisation du Canadien de Montréal au milieu des années 1980 apporterait autant au hockey. 

Je me souviens comme si c'était hier de ma première rencontre avec François. Même si j'avais déjà lu un de ses livres précédemment (Les secrets de la réussite des champions), j'étais loin de me douter que cet entraîneur exceptionnel allait changer le cours de ma carrière. Après seulement une séance d'une heure sur la glace, j'avais tellement appris de ce réputé entraîneur. J'ai ensuite eu la chance de travailler plus régulièrement avec lui et plusieurs autres gardiens québécois dont, Roberto Luongo, Jean-Sébastien Giguère, Corey Crawford, Martin Biron pour ne nommer que ceux-ci.

La forte présence de gardiens québécois dans la LNH au début du millénaire n'était donc aucunement une coïncidence, et peut en grande partie être attribuée à François. J'ai même eu le privilège d'enseigner à son école de hockey en Suisse. Ce n'est également pas un hasard que les gardiens de ce pays (David Aebischer, Martin Gerber, Jonas Hiller, etc.) sont éventuellement devenus de bons gardiens de la LNH. 

L'approche et la façon d'enseigner de François ont toujours été sa force. Son système 5-S décrit très bien sa philosophie : SYSTÈME qui est SIMPLE et SOLIDE et qui trouve des SOLUTIONS à la plupart des SITUATIONS survenant au hockey. Le style papillon répond à la plupart des situations. Si on l'utilise au bon moment et que l'on est patient, on peut sceller le bas du filet tout en restant actif avec nos mains. 

Avec son calme exemplaire, François trouvait toujours un moyen de simplifier le match. À maintes reprises lorsque j'éprouvais des difficultés au fil de ma carrière, il me répétait à quel point il était simple d'être un gardien… Tu te positionnes, tu reçois un lancer, tu réagis en faisant l'arrêt, tu suis ton retour ou tu immobilises la rondelle… et tu recommences.

J'ai quelques fois eu des conversations téléphoniques avec mon mentor simplement parce que j'étais dans des périodes creuses et que seulement lui savait comment programmer mon cerveau. Toujours simple, mais très efficace. Il cherchait constamment à modifier l'équipement des gardiens afin que nous soyons hermétiques dans notre papillon. Par contre après quelques années, la LNH a instauré de nouveaux règlements qui ont restreint ces modifications.  

Personne ne peut se vanter d'avoir eu autant de succès avec ses gardiens. Il a son nom gravé sur la Coupe Stanley trois fois et ses gardiens ont remportés le trophée Conn Smythe trois fois, le trophée Jennings quatre fois et le trophée Vézina à trois reprises.

François Allaire doit être reconnu à jamais pour avoir été un pionnier dans son domaine et pour avoir changé la philosophie relative aux gardiens. La position de gardien de but est maintenant aussi importante que celle de quart arrière au football ou de lanceur au baseball. 

Bonne retraite François, et merci pour tout.

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