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Ducks: La volonté d'apporter des changements a payé

L'incapacité des Canadiens à modifier leur alignement rend leur fin de saison moins excitante

par Arpon Basu @ArponBasu / Directeur de la rédaction LNH.com

BROSSARD, Québec - Lorsque les Ducks d'Anaheim vont sauter sur la glace du Centre Bell jeudi avec la chance de s'assurer d'une place en séries éliminatoires de la Coupe Stanley, les Canadiens de Montréal ne pourront que les regarder en se demandant ce qui aurait pu se passer.

Que ce serait-il passé si les Canadiens avaient apporté le même genre d'ajustements que ceux apportés par les Ducks alors qu'ils jouaient du bon hockey sans toutefois parvenir à remporter des victoires?

Que ce serait-il passé si les Canadiens avaient effectué le même type de transaction à la mi-saison qui a permis aux Ducks de mettre la main sur l'attaquant David Perron le 16 janvier en retour de Carl Hagelin, ce qui a aidé Anaheim à entreprendre une séquence de 21-5-2 qui est toujours en cours à l'aube du match de mardi?

Que ce serait-il passé si les Canadiens possédaient une profondeur devant le filet qui ne ferait que se rapprocher du duo de gardiens des Ducks composé de Frederik Andersen et John Gibson plutôt que de ne se fier qu'à Carey Price, lui qui n'a pris part qu'à 12 matchs cette saison en raison d'une blessure au bas du corps?

Les Ducks peuvent s'assurer d'une place en séries en amassant au moins un point à Montréal mardi (19 h 30 (HE); RDS, PRIME, FS-SD, SNE, NHL.TV). Les espoirs des Canadiens de participer au tournoi printanier sont presque nuls.

Lorsque l'on remonte au début de la saison 2015-16, ce scénario semblait presque impensable.

Les Canadiens ont entamé la campagne avec un dossier de 9-0-0, établissant ainsi un record d'équipe pour le meilleur début de saison de son histoire, alors que les Ducks ont amorcé la saison avec une fiche de 1-7-2.

Montréal occupait le premier rang de la LNH avec une fiche de 19-4-2 aussi tard que le 2 décembre lorsque les choses se sont sérieusement gâchées.

Les Canadiens ont dominé les Capitals de Washington 35-19 au chapitre des tirs le 3 décembre mais se sont inclinés 3-2, alors que le gardien Braden Holtby a fait aux Canadiens ce que ces derniers ont été habitués de voir Price faire subir à leurs adversaires au cours des dernières saisons. Cette tendance est devenue le thème du mois de décembre, alors que les Canadiens ont grandement dominé des adversaires de qualité comme les Bruins de Boston, les Sharks de San Jose et les Kings de Los Angeles, pour tout de même se retrouver du côté des perdants.

L'entraîneur Michel Therrien hésitait à apporter des changements importants puisque son équipe jouait très bien, à un point tel qu'il a même affirmé que les Canadiens avaient mieux joué au cours de leur séquence de 2-8-0 au cours des trois premières semaines de décembre que lorsqu'ils avaient entamé la campagne avec un dossier de 9-0-0.

Pendant ce temps, Anaheim a vu sa fiche s'établir à 12-15-6 après une défaite en prolongation sur la route aux dépens des Rangers de New York le 22 décembre, une fiche qui ne reflétait pas les statistiques sous-jacentes des Ducks, qui suggéraient que l'équipe jouait beaucoup mieux que ne l'indiquait son dossier. Les Ducks sont retournés à la maison pour vaincre les Flyers de Philadelphie 4-2 dans une rencontre très robuste le 27 décembre et se préparaient à reprendre la route à nouveau pour un périple de trois matchs dans l'Ouest canadien.

C'est alors que l'entraîneur Bruce Boudreau et son personnel ont pris une décision d'une importante capitale.

« À ce moment, nous avons réalisé que nous n'allions peut-être pas marquer plus d'un but et demi par match en moyenne. Si nous voulions l'emporter, nous devions donc limiter nos adversaires à un but par rencontre, et cesser d'utiliser l'excuse de la malchance, car cela ne cesserait peut-être pas de sitôt, a expliqué Boudreau. Alors les entraîneurs ont décidé d'aller voir les joueurs et de dire : "OK, concentrons-nous seulement sur notre défensive". Si les choses s'amélioraient de cette façon, nous espérions que la confiance des joueurs augmente et qu'ils soient en mesure de marquer davantage de buts. C'est ce qui s'est produit. »

Les Ducks ont vaincu les Oilers d'Edmonton et les Flames de Calgary 1-0 et menaient 1-0 en troisième période contre les Canucks de Vancouver avant de s'incliner 2-1 en tirs de barrage au cours de ce voyage. Ils ont remporté cinq points sur une possibilité de six et ont conservé une fiche de 25-7-2 depuis leur retour de Vancouver le Jour de l'an, accordant plus de deux buts 10 fois seulement au cours de ces 34 matchs.

« Nous avons assurément changé notre mentalité, a reconnu le capitaine des Ducks Ryan Getzlaf. Je pense que le plan de notre entraîneur a toujours été de jouer de cette manière, mais nous n'avons pas toujours suivi ses indications. Je crois toutefois que cela a fait partie de notre processus afin d'adhérer à cette façon de faire et de comprendre ce qu'il faut faire pour gagner à ce niveau, ainsi que dans notre section. Lorsqu'une équipe éprouve de la difficulté à marquer, elle doit garder la rondelle à l'extérieur de son filet. Nous avons été en mesure de le faire, et l'attaque a découlé de cette manière de jouer. »

Boudreau a mentionné que de voir des attaquants comme Getzlaf, Corey Perry et Ryan Kesler non seulement accepter, mais montrer de l'empressement à échanger des points de leur fiche personnelle contre des points au classement a aidé à convaincre le reste de l'équipe à faire de même.

Boudreau, cependant, n'a pas aimé que l'on suggère que les Ducks soient devenus une équipe qui pratique la trappe, comme certains membres des Flames l'avaient fait à la suite de leur revers de 1-0 contre Anaheim le 29 décembre.

« Je ne veux jamais qualifier mon équipe de formation qui pratique la trappe. J'appelle cela du hockey responsable. Nous sommes responsables, a analysé Boudreau. Nous disons toujours qu'il faut être devant eux. Lorsque nous n'avons pas la rondelle, nous voulons nous assurer d'être devant eux. Si trois de leurs joueurs sont profondément dans notre territoire en deçà des cercles de mises en jeu, tout va bien si nous sommes devant leur troisième joueur. Si le jeu se déroule en zone neutre, tant que nous sommes devant le joueur au centre, nous avons le sentiment que tout va bien. C'est un concept et des règles très simples, mais il est facile pour les joueurs de les comprendre. »

L'ironie de cette simplicité en défensive est qu'elle a permis à l'attaque des Ducks de sortir de la léthargie dans laquelle elle était enfoncée depuis le début de la saison. Depuis leur retour de Vancouver le 1er janvier, les Ducks ont inscrit en moyenne 3,26 buts par match. Ils forment une équipe différente que celle qu'ils formaient au début de la saison, mais de bien des manières, ce départ difficile a peut-être permis à ce changement de s'opérer.

« Je ne sais pas, a dit Boudreau en riant. J'espère ne jamais avoir à le savoir à nouveau. »

Les Canadiens n'ont pas bénéficié d'autant de temps que les Ducks pour sauver leur saison, mais réaliser que des changements tactiques drastiques s'imposaient ne s'est jamais produit à Montréal. C'est en partie pourquoi une des deux équipes va amorcer le match de mardi en espérant célébrer au terme de l'affrontement, et que l'autre sera simplement heureuse que la saison s'approche de sa conclusion.

 

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