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Donskoi est rapidement sorti de l'anonymat

L'attaquant de San Jose a joué un rôle important à sa première saison dans la LNH

par Amalie Benjamin @amaliebenjamin / Journaliste NHL.com

SAN JOSE - L'arrivée d'un nouveau visage à un entraînement informel au cours de la saison morte n'a pas créé beaucoup de remous. Il était simplement là, avec un numéro à l'arrière de son casque. Personne ne le reconnaissait. Personne ne savait qui il était. Alors les vétérans des Sharks de San Jose ont fait ce que toute personne qui se respecte fait en 2016 lorsqu'elle fait face à un tel dilemme : ils ont googlé son nom.

Ils l'ont trouvé. Joonas Donskoi.

Il était un ancien choix au repêchage des Panthers de la Floride, sélectionné en quatrième ronde du repêchage 2010 de la LNH. Il provenait de Karpat dans la Liiga, la meilleure ligue professionnelle de Finlande. Il était jeune. Il avait marqué quelques buts en tirs de barrage, dont certains très beaux, comme Logan Couture se souvient avoir découvert. Il avait été embauché par les Sharks en mai, un peu plus d'un an avant qu'il ne fasse en sorte que son nom ne soit pas oublié de sitôt par quiconque à San Jose.

À l'époque, cependant, il n'était qu'un autre jeune joueur, qui se dirigeait vraisemblablement vers la Ligue américaine pour amorcer la saison, l'une de ces embauches qui ne méritent qu'un communiqué de presse qui ne contient que très peu d'information, sinon qu'il avait aidé son équipe à remporter le championnat, et qu'il avait été nommé le joueur le plus utile en séries.

Maintenant, ils le savent. Maintenant, tout le monde le sait. C'est Donskoi qui a brisé l'égalité en prolongation du match no 3 contre les Penguins de Pittsburgh samedi, donnant aux Sharks leur première avance de la Finale de la Coupe Stanley alors qu'il a inscrit le but gagnant à 12:18, pour donner aux Sharks une victoire de 3-2. Ce gain de San Jose, qui semblait à un certain moment en voie d'accuser un retard de 3-0 dans la série, lui permet plutôt de réduire l'écart à 2-1, alors que le match no 4 aura lieu lundi au SAP Center (20 h (HE); TVA Sports, NBC, CBC).

« Il était doué avec la rondelle, a noté Couture. Il s'est amené, et rien ne lui a été donné dès le départ. Il a travaillé fort pour tout ce qu'il a obtenu. Il saute sur le vélo stationnaire dès que le match se termine et chaque jour après l'entraînement. C'est un joueur qui a été repêché, mais qui n'a pas reçu de contrat, alors il devait composer avec une prise contre lui, et il avait quelque chose à prouver. Nos félicitations au membre de l'organisation des Sharks qui l'a trouvé et qui l'a mis sous contrat. »

C'est le genre de profondeur que le directeur général des Sharks Doug Wilson a amené, les pièces jouant toutes un rôle au cours du parcours de l'équipe en séries éliminatoires de la Coupe Stanley : Martin Jones, Joel Ward, Paul Martin et, oui, Donskoi.

Il a d'abord marqué 11 buts en saison régulière, puis six autres en séries éliminatoires, aucun plus important que son but gagnant en surtemps. Après ce filet, il a été assailli par une masse de coéquipiers souriants et soulagés qui célébraient autour de lui en lui assénant des coups sur le casque.

Le jeu s'est amorcé alors que Melker Karlsson, qui n'avait plus de bâton, et Chris Tierney ont récupéré la rondelle derrière la ligne des buts ennemie, avant que Donskoi ne s'en empare. C'est alors que Donskoi a contourné le filet avant de tirer depuis le bas du cercle gauche, un tir qui a évité de justesse la jambe de Justin Schultz avant de battre Matt Murray dans le haut du filet.

« Ça s'est passé très vite, a raconté Murray. Je ne suis pas certain que la rondelle ait été déviée. Je l'ai vue bondir sur la palette de son bâton. Je ne crois pas qu'il visait la partie supérieure du filet. Il voulait simplement atteindre le filet.

« La rondelle a frôlé le côté de mon masque avant de pénétrer dans le filet. C'est un bon tir, un bon jeu. »

C'est également un but opportun. Après avoir inscrit cinq buts au cours des trois premières rondes, il s'agissait du premier but de Donskoi en grande finale.

« Je pense que j'ai obtenu plusieurs chances de marquer depuis le début de la Finale, a souligné Donskoi. C'était un bon moment pour voir la rondelle pénétrer dans le filet. »

Oui, on pourrait dire cela.

La recrue a eu son mot à dire depuis le début des séries, son but gagnant de samedi étant son deuxième en 21 matchs, lui qui avait aussi inscrit le filet décisif dans le match no 5 de la première ronde contre les Kings de Los Angeles. De plus, ses six buts lui procurent une égalité au premier rang parmi les recrues de la ligue, et le placent à un filet du record d'équipe pour le plus de buts en un tournoi printanier établi par Couture en 2011.

Tout ça, à la suite de débuts humbles et anonymes. Non pas qu'il a fallu beaucoup de temps à ses nouveaux coéquipiers pour comprendre ce qu'il avait à offrir. Comme Couture l'a rappelé, il n'aura fallu : « que quelques séances avant le camp d'entraînement ».

Ils ont pu le constater, bien que l'organisation croyait à l'époque que Donskoi pourrait aider l'équipe « dans le futur », comme l'a répété l'entraîneur Peter DeBoer. Les choses ont changé.

« Il a été notre meilleur joueur au camp de perfectionnement, a mentionné DeBoer. Il a été invité à notre camp principal, où il a de nouveau été notre meilleur joueur, tout comme pendant les matchs préparatoires. Il franchissait les obstacles un par un. C'est un vrai bon joueur pour nous. Nous ne serions pas ici sans lui. »

Peut-être pas.

Donskoi est demeuré en Finlande peut-être plus longtemps que la plupart des gens l'auraient cru. Comme il l'a dit lui-même : « J'ai en quelque sorte attendu le bon moment pour venir [dans la LNH] ». Et lorsque ce moment est arrivé, ce sont les Sharks - la première équipe à avoir démontré de l'intérêt pour lui, une équipe qui possédait une belle combinaison de talent et de leadership - qui a obtenu ses services.

« Je croyais que [les Sharks] pouvaient avoir de la place pour un jeune joueur comme moi, car cela leur donnerait un bel équilibre, a évoqué Donskoi. Il s'agit d'une grande organisation. Je suis tellement heureux d'avoir choisi les Sharks. »

En ce moment, ils le sont tout autant.

 

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