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Des œuvres caritatives primordiales pour le Tricolore

Les visites dans les hôpitaux pour enfants sont l'une des actions qui servent à tisser des liens entre l'équipe et la communauté de Montréal

par Dave Stubbs @Dave_Stubbs / Chroniqueur NHL.com

MONTRÉAL - En moyenne, les joueurs des Canadiens de Montréal voient environ 300 patients à l'occasion de leur tournée annuelle du temps des Fêtes dans les hôpitaux pour enfants. Mais certaines années, selon Geneviève Paquette, ils en voient moins.

« Et dans les faits, c'est là une bonne chose, parce que ça peut vouloir dire qu'il y a moins d'enfants qui sont hospitalisés », a souligné Paquette, qui occupe depuis plusieurs années les postes de directrice exécutive des relations communautaires chez les Canadiens et de directrice de la Fondation des Canadiens pour l'enfance.

Fondés en 1909, les Canadiens sont l'équipe professionnelle la plus ancienne du hockey. Leurs 24 championnats de la Coupe Stanley font d'eux, et de loin, la concession la plus titrée dans ce sport en Amérique du Nord.

Mais si les Canadiens ont des racines aussi profondes à Montréal et un peu partout au Québec, c'est en bonne partie parce qu'ils tissent des liens avec la communauté depuis des années. Seize ans après la mise sur pied de leur Fondation pour l'enfance, qui reçoit des dons et comprend aussi un programme qui a permis de bâtir et d'entretenir huit - bientôt 10 - patinoires extérieures réfrigérées dans des quartiers défavorisés, les Canadiens ont remis près de 25 millions $ à des gens dans le besoin à travers la province.

Geoff Molson savait qu'il achetait bien plus qu'une équipe de hockey en 2009 quand, en tant que chef de file du consortium, il a fait l'acquisition des Canadiens, qui appartenaient alors à George Gillett fils. Bien qu'ils soient une propriété privée, les Canadiens sont à toutes fins utiles une société publique, dont Geoff Molson a été le principal mandataire au cours des sept dernières années.

Molson est la brasserie la plus ancienne en Amérique du Nord, ayant été fondée en 1786 par John Molson. Pendant plus de deux siècles, le nom de la famille Molson s'est retrouvé intimement lié à la vie communautaire montréalaise par les hôpitaux, les banques et les écoles, mais aussi grâce aux Canadiens depuis six décennies.

« C'est dans les gènes de ma famille de soutenir notre communauté », a déclaré Molson, qui est également le président du conseil à la Molson Coors Brewing Company et fait partie du comité exécutif de la LNH. « Remontez toutes les générations des Molson qui étaient à Montréal et vous verrez que rien n'a changé. C'est à mon tour, et c'est ma responsabilité de bien représenter la septième génération des Molson en continuant de redonner à la communauté. Que ce soit un hôpital, une banque, une école ou une patinoire de hockey, tout ça, c'est pour le mieux-être de la communauté et c'est quelque chose que nous faisons évidemment avec fierté. »

Le rôle de Molson a changé depuis son enfance, époque à laquelle il vénérait l'équipe et ses vedettes, mais à distance. Ce qui n'a pas changé, par contre, c'est qu'il continue de constater jour après jour à quel point les amateurs sont émus quand ils viennent en contact non seulement avec les vedettes de l'équipe, mais aussi avec quiconque porte le logo du CH.

« Au cours des sept dernières années, j'ai vu un joueur à la retraite comme (le regretté) Jean Béliveau ou un joueur de l'équipe actuelle comme Carey Price, et j'ai vu les yeux d'enfants s'allumer quand ils avaient la chance de rencontrer une de ces supervedettes, a indiqué Molson. Ça me donne un énorme sentiment de satisfaction. Quand je vois les joueurs vivre ce genre de moment à fond avec un jeune, ça me dit à quel point nous avons de bonnes personnes dans notre équipe, ça montre que les joueurs comprennent ce que ça signifie d'être un membre des Canadiens de Montréal.

« Nous avons la chance d'avoir une équipe composée de joueurs qui, dans ce marché, sont des superhéros en quelque sorte. Chaque fois que nous pouvons utiliser ce pouvoir pour faire sourire un enfant ou ses parents, ce sont des moments où tu as le coeur gros et où tu deviens un peu émotif. Ce sont des moments spéciaux, quand un joueur s'attarde auprès d'un enfant en particulier, un enfant qui a peut-être besoin qu'on l'encourage ou d'un petit quelque chose. Quand un joueur entre dans la chambre d'hôpital d'un enfant, lui écrit une lettre ou emmène un jeune dans le vestiaire, c'est là quelque chose de très puissant. De nos jours, les joueurs sont occupés et ils veulent gagner, mais ils trouvent toujours du temps pour un enfant qui en a besoin. »

Paquette est avec l'équipe depuis 25 ans. Pendant cette période, elle a travaillé sous les ordres de trois propriétaires et d'un « nombre légèrement supérieur de directeurs généraux, joueurs et entraîneurs », dit-elle en riant.

La direction lui laisse généralement toute la latitude voulue pour qu'elle fasse ce qu'elle fait de mieux, soit la coordination d'innombrables sorties publiques des joueurs, de séances de signature d'objets-souvenirs en vue d'en faire don ou de les mettre à l'encan, de collectes de denrées alimentaires, de collectes de sang, de téléthons pour recueillir des fonds, de programmes d'alphabétisation et de présentations à thématique de hockey dans les écoles, du programme de patinoires extérieures (qui sont toutes bâties près d'écoles afin d'encourager l'activité physique), de la présence aux matchs d'enfants défavorisés et parfois en phase terminale. Et aussi, des très populaires visites annuelles dans trois hôpitaux pour enfants, une initiative qui avait d'abord été organisée dans les années 1960 par Béliveau, le capitaine des Canadiens à l'époque, après plusieurs années où les joueurs de l'équipe avaient rendu visite à des enfants malades de façon plus informelle.

Il y a aussi l'interminable flot de courrier à vous fendre le coeur qui arrive à son bureau, la plupart du temps venant d'une personne monoparentale aux moyens modestes qui espère que l'équipe pourra offrir quelque chose en guise de cadeau de Noël ou d'anniversaire de naissance.

Paquette fait également partie d'un comité consultatif de la LNH, composé de six personnes, qui se penche sur les relations communautaires. Elle communique chaque mois avec tous ses homologues à travers la ligue pour discuter de leurs programmes et des activités caritatives de la LNH qui sont tenues partout à travers la ligue. Étant donné la place que les Canadiens occupent dans leur communauté et leur riche histoire, l'équipe montréalaise est souvent considérée comme l'exemple à suivre, un modèle dont il faut s'inspirer pour bâtir une fondation et organiser des événements caritatifs.

« Chaque marché est différent, a noté Paquette. Une visite à l'hôpital peut se faire d'une façon dans un marché et d'une autre façon dans un autre marché, en fonction de la manière dont le hockey est perçu dans la communauté. Ce mois-ci, c'était la première fois que (le défenseur) Shea Weber se rendait dans un hôpital pour enfants à Montréal, et il a dit que c'était très différent de ce qu'il avait fait à Nashville (en tant que capitaine des Predators).

« Mais il se fait des choses fantastiques dans chaque marché de la LNH, on y répond aux besoins particuliers de son milieu. En relations communautaires, il faut connaître sa communauté et savoir comment redonner, il faut comprendre ce dont elle a besoin et quels sont les problématiques, et il faut savoir où aller pour avoir le maximum d'impact. »

En 2008, la Fondation des Canadiens pour l'enfance s'est attaquée à la problématique méconnue de l'obésité chez les jeunes, cherchant notamment à promouvoir l'activité physique et un mode de vie sain auprès de cette population. 

« Au centre même de notre sport, il y a des athlètes qui savent à quel point l'activité physique est importante, a noté Paquette. Pour cette raison, on pense que le message qu'on cherche à transmettre est crédible et on croit pouvoir faire une différence. »

Maintenant, alors que les Canadiens s'approchent du cap des 25 millions $ en soutien aux gens dans le besoin au Québec, Paquette déclare que « c'est très bon, mais il y a tellement de choses qu'on peut faire et qu'on continuera de faire pour venir en aide à la communauté ».

À noter aussi qu'en plus des initiatives que les Canadiens font publiquement, il y a d'innombrables gestes qui sont posés en toute discrétion - qu'il s'agisse d'un appel téléphonique, d'un petit cadeau donné sans prévenir ou d'une visite-surprise auprès de quelqu'un qui vit sous un nuage noir.

« Notre organisation n'est pas du genre à se bomber le torse et à dire, "regardez-nous". On n'a pas besoin de ça, a affirmé Molson. On le fait pour les bonnes raisons, parce que c'est important. »

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