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On n'a pas oublié « Monsieur Spinorama » à Chicago

Denis Savard prend son rôle d'ambassadeur chez les Blackhawks très à cœur

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

SOUTH BEND, Indiana - Il fallait voir les grands yeux ronds du gamin qui arborait les couleurs de son équipe préférée, les Blackhawks de Chicago. Le monsieur devant lui venait de lui dire que Patrick Kane est son meilleur ami.

« C'est pas mal cool, hein? », a ajouté l'homme.

Le gamin était bouche bée. L'adulte qui l'accompagne, son père sans doute, lui lance : « Wow, impressionnant! Lui, c'est "Monsieur Spinorama". Monsieur Savard. »

« Savy, appelez-moi Savy s'il vous plaît », l'a gentiment repris Denis Savard, qui venait de conquérir le coeur de deux autres partisans des Blackhawks.

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La scène a eu lieu au cours du premier entracte de la Classique hivernale entre les Bruins de Boston et les Blackhawks présentée au Notre Dame Stadium, le 1er janvier. Elle illustre combien Denis Savard demeure une personnalité sportive très populaire à Chicago près de 22 ans après avoir donné ses derniers coups de patin dans l'uniforme des Blackhawks.

« C'est le fun de voir que de jeunes trentenaires, pères de famille, se souviennent de vous », a dit Savard au début de l'entrevue avec LNH.com.

On n'est pas près d'oublier le spectaculaire joueur qu'il a été, celui qui a étourdi les défenseurs adverses en pivotant sur lui-même, d'où le sobriquet de « Monsieur Spinorama ».

Son épouse et lui sont établis en permanence à Chicago et, à l'âge de 57 ans, il en est à sa 32e année dans l'organisation des Blackhawks, incluant 13 comme joueur à compter de 1980. Après avoir gagné la Coupe Stanley avec les Canadiens de Montréal en 1993 et porté les couleurs du Lightning de Tampa Bay pendant une saison et demie, il est retourné terminer sa carrière Chicago de 1995 à 1997. Il a par la suite fait partie du personnel d'entraîneurs de l'équipe, avant d'être entraîneur pendant l'équivalent de deux saisons jusqu'au début de 2008-09. Il s'acquitte de tâches d'ambassadeur depuis ce temps.

« Je ne suis pas le seul. On représente l'équipe dans des activités avec les commanditaires, entre autres pour les matchs à domicile, a élaboré Savard. Il y a aussi Bobby Hull, Tony Esposito et Chris Chelios, qui vient de joindre le groupe des anciens joueurs. Nous alternons chacun notre tour. Les Hawks ne nous en demandent pas beaucoup. Ils nous traitent aux petits oignons, nous sommes choyés. »

En bon ambassadeur, Savard a confiance en l'avenir des Blackhawks même s'ils éprouvent des problèmes cette saison.

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Après les matchs de mercredi, les Blackhawks accusent un retard de cinq points sur la deuxième place de quatrième as donnant accès aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley dans l'Association de l'Ouest, mais ont disputé quatre parties de plus que le Wild, la dernière équipe qualifée.

« C'est difficile de demeurer au sommet après trois conquêtes de la Coupe Stanley à l'ère du plafond salarial dans la LNH, a d'abord relevé Savard. L'équipe joue mieux depuis quelques semaines, tout n'est pas perdu. Je connais les leaders, les Kane, Jonathan Toews, Duncan Keith et Brent Seabrook, pour les avoir dirigés. Ce sont des gars de caractère. Il ne faut jamais les compter pour battus », a-t-il ensuite enchaîné.

L'Abitibien né à Témiscaming, admis au Temple de la renommée du hockey en 2000, a mentionné que l'arrivée en poste du jeune entraîneur Jeremy Colliton en remplacement du vétéran Joel Quenneville marque le début d'un temps nouveau.

« C'est un virage jeunesse que l'organisation devait faire, a-t-il avancé. J'estime malgré tout que nous ne sommes pas si loin que ça de revenir parmi l'élite. Avec un solide défenseur et un autre attaquant de premier plan, on pourrait être de retour dans le peloton. »

Des fleurs pour Bergevin 

Savard a cité à titre d'exemple le redressement que les Canadiens de Montréal ont opéré cette saison.

« Marc (Bergevin, le directeur général) est un ami. Je sais que son travail est scruté à la loupe et qu'il doit subir la critique, mais les gens devraient réaliser que les Canadiens sont compétitifs depuis qu'il est en poste, a-t-il argué. Il a fait des échanges et le troisième choix au repêchage 2018 Jesperi Kotkaniemi est un bon joueur pour eux cette saison. Il nous a ravi Phillip Danault et Andrew Shaw, il savait ce qu'il faisait. Ces deux joueurs manquent aux Blackhawks. Ils mettent leur cœur sur la glace à tous les matchs. On leur a accordé de bons contrats, je suis content pour eux. »

Savard a soumis qu'une des difficultés que rencontre Bergevin dans ses tâches, c'est d'attirer de bons joueurs autonomes en raison du système d'imposition au Canada et au Québec. 

« Montréal c'est le plus bel endroit où vivre, il y a beaucoup d'attraits. Mais pour quelqu'un qui ne connaît pas la ville, c'est difficile de le convaincre. Les joueurs qui ont pourtant joué à Montréal, surtout les Européens, s'y sont tous plu. »

Le départ d'un grand

Les Blackhawks ont perdu une de leurs légendes le 7 août 2018 à la suite du décès de Stan Mikita à l'âge de 78 ans. Le légendaire attaquant souffrait depuis quelques années d'une forme de démence à laquelle étaient associés des symptômes des maladies de Parkinson et d'Alzheimer.

« J'allais voir Stan régulièrement parce que le centre où il résidait est situé à quelques minutes de notre résidence, a relaté Savard. Il était très malade au cours de la dernière année, c'étaient des moments difficiles pour tout le monde. Au moment du diagnostic, les médecins avaient mentionné que Stan avait un cœur d'acier. Ils avaient raison. Quand nous sommes allés lui rendre un dernier hommage au salon funéraire, Stan ressemblait au Stan d'il y a 20 ans. »

Pour la Classique hivernale, les Blackhawks ont eu la délicatesse d'inviter l'épouse de Mikita, Jill, ainsi que leurs enfants et leurs petits-enfants.

« Deux petits-enfants sont des copies conformes de Stan. C'est incroyable », a dit Savard. 

L'ancien numéro 18 aurait souhaité avoir l'occasion de prendre part à un match extérieur dans la LNH.

« Il n'y a aucun doute. C'est toute une expérience, surtout ici à l'Université Notre Dame. Bobby Hull me disait tantôt en regardant les gradins remplis du stade (76 000 spectateurs): "Qui aurait cru ça il y a 50 ans?" Venant de lui, c'est dire comment c'est spécial. La Ligue nationale fait tout un job, c'est le fun à voir. » 

Parlant de l'évolution du sport, Savard a fait remarquer que, dans quelques années au début de la saison 2021-22, la ligue accueillera sa 32e équipe à Seattle, dans la foulée du succès colossal des débuts des Golden Knights de Vegas, en 2016-17.

« J'ai assisté à tous les matchs des Blackhawks à Las Vegas depuis deux ans, a-t-il souligné. Il règne toute une atmosphère au T-Mobile Arena. Les Golden Knights font très bien les choses, c'est sûr que le succès de l'équipe sur la glace aide. J'invite le monde à aller vivre l'expérience d'un match là-bas au moins une fois. »  

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