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Daniel Alfredsson était « un modèle extraordinaire »

Le numéro 11 de l'ancien capitaine des Sénateurs sera retiré jeudi soir

par Chris Stevenson / Correspondant LNH.com

OTTAWA - Daniel Alfredsson a d'abord porté le numéro 63.

C'était le genre de numéro qu'on donnait à une recrue au camp d'entraînement en 1995, à un joueur comme celui qui a été réclamé au sixième tour (133e au total) par les Sénateurs d'Ottawa lors du repêchage 1994 de la LNH après avoir été ignoré en 1993.

Après avoir créé la surprise en étant retenu au sein de la formation des Sénateurs cet automne-là, Alfredsson s'est vu demander de choisir entre le numéro 11 et le numéro 22 par les responsables de l'équipement. Il a choisi le 11 parce qu'il avait porté ce numéro durant son enfance lorsqu'il avait joué au soccer en Suède.

Avant le match des Sénateurs contre les Red Wings de Detroit, jeudi soir (20 h (HE); RDS Info, TSN5, FS-D, NHL.TV), le no 11 sera hissé au plafond du Centre Canadian Tire. Le numéro 11 d'Alfredsson est le deuxième numéro que retireront les Sénateurs, alors qu'il viendra s'ajouter au numéro 8 de Frank Finnigan (Finnigan s'est aligné avec les Sénateurs d'Ottawa de la première époque, de 1923 à 1931 puis de 1932 à 1934). La décision a été prise par un comité de bénévoles composé de dirigeants de l'équipe, de chefs de file de la communauté et de représentants des médias.

Durant les 16 saisons d'Alfredsson avec les Sénateurs (il a disputé sa dernière campagne avec les Red Wings en 2013-14), il est devenu le visage de l'organisation. Il a été capitaine pendant 13 saisons et il est le meneur de tous les temps chez les Sénateurs pour les buts (426), les mentions d'aide (682) et les points (1108). Il est premier chez les Sénateurs pour les matchs disputés en séries éliminatoires de la Coupe Stanley (121), ainsi que pour les buts (51), les aides (49) et les points (100) inscrits en séries. Il a pris part au Match des étoiles de la LNH à six reprises (1996-98, 2004, 2008, 2012). Il est revenu à Ottawa le 4 décembre 2014 afin de prendre sa retraite en tant que joueur des Sénateurs et il a été nommé conseiller principal des opérations hockey du club le 17 septembre 2015.

Le défenseur des Sénateurs Mark Borowiecki a grandi à Ottawa. Il était un partisan des Sénateurs et il idolâtrait Alfredsson.

« Il est un modèle extraordinaire pour les joueurs qui gravissent les échelons, a affirmé Borowiecki. C'est de cette façon qu'un athlète professionnel devrait se comporter. Il ne devrait pas y avoir de choses inutiles qui ont pour but d'attirer l'attention. Il n'y a pas lieu de se préoccuper d'une marque ou de choses du genre. Il a toujours été un leader accompli, un professionnel accompli et assurément quelqu'un que j'admire. »

Le défenseur des Sénateurs Dion Phaneuf a affronté Alfredsson en tant qu'adversaire lorsqu'il s'alignait avec les Maple Leafs de Toronto. Ils ont donc tous deux participé à plusieurs chapitres de la Bataille de l'Ontario, nom qu'on donne à la rivalité entre les deux équipes de la province canadienne.

« Ce que je retiens, c'est à quel point il jouait avec ardeur et à quel point il avait du talent, a déclaré Phaneuf. Il avait des habiletés incroyables, mais il était surtout difficile à affronter et tu savais qu'il allait se battre à fond pour obtenir de l'espace. Quand tu bataillais aussi fort face à lui, il semblait aimer ça, il aimait ce genre de défi.

« Il avait du talent, mais à la base de tout ça, il y avait de bonnes habitudes de travail et c'est pourquoi, je pense, il a connu une aussi grande carrière. »

Alfredsson a failli se voir privé de la chance de porter le numéro 11 en 1995.

« Alfie, il a fallu se battre pour le garder dans l'équipe », a indiqué Rick Bowness, le premier entraîneur des Sénateurs, qui a été à la barre de l'équipe de 1992 jusqu'en novembre 1995. « C'était pour une question d'argent. [La direction] voulait le rétrograder parce qu'il avait un contrat à deux volets. Je pense que son salaire s'élevait seulement à 250 000 $ à sa première année.

« Mais il avait été le meilleur joueur sur la glace du premier au dernier jour, du camp des recrues jusqu'au camp principal. Le joueur le plus intelligent. Le plus travaillant. Un sens de la compétition inouï. Dès le premier moment où nous l'avons vu aller, nous savions qu'il était prêt à jouer dans la Ligue nationale de hockey. Nous nous sommes battus pour le garder et il a fini par être choisi recrue de l'année. C'était là une belle récompense pour Alfie. »

Alfredsson, qui a marqué 26 buts et amassé 35 aides cette saison-là, a remporté le trophée Calder en dépit d'une saison mouvementée chez les Sénateurs, alors que l'équipe a été dirigée par deux directeurs généraux (Randy Sexton et Pierre Gauthier) ainsi que trois entraîneurs : Bowness, Dave Allison (congédié par Gauthier, qui a remplacé Sexton en décembre) et Jacques Martin.

Au cours d'une conversation avec son père Hasse, alors que tout allait mal chez les Sénateurs en décembre, Alfredsson a envisagé de retourner en Suède. Mais il a décidé de persévérer. Il a ensuite été le meilleur marqueur des Sénateurs à cinq reprises et il les a aidés à se rendre jusqu'en Finale de la Coupe Stanley en 2007, Ottawa s'inclinant alors en cinq matchs devant les Ducks d'Anaheim.

Alfredsson a également eu un impact sur Ottawa loin de la patinoire. Il appuie la campagne « Vous me connaissez » du Centre de santé mentale Royal Ottawa, qui a pour but de sensibiliser les gens au sentiment d'exclusion que ressentent les personnes qui ont des problèmes de santé mentale.

« C'est un grand honneur que j'accepte avec humilité », a dit Alfredsson le 16 août, quand on a annoncé que son chandail serait retiré. « Je pense que c'est difficile de vraiment comprendre l'ampleur d'un tel geste.

« Ça évoque beaucoup de souvenirs. Comment me suis-je rendu jusqu'ici? Beaucoup de gens ont eu leur mot à dire et m'ont aidé en cours de route. Je suis reconnaissant à leur égard, surtout maintenant. »

La cérémonie, qui devrait commencer à 18 h 30 et durera 45 minutes environ, sera télédiffusée à TSN5.

« Ça va être émotif, a affirmé Alfredsson. Le soir de ma retraite, il y avait eu beaucoup d'émotions aussi. Je n'ai pas peur de pleurer. Si je pleure, c'est correct. »

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