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Crosby à une victoire de surpasser l'héritage du grand Mario comme joueur

Qu'on l'aime ou pas, le numéro 87 des Penguins pourrait s'élever au rang des plus grands

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

NASHVILLE - Sidney Crosby est en mission. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour les Predators de Nashville. 

Plus qu'une victoire le sépare d'une troisième conquête de la Coupe Stanley. Connaissant son appétit insatiable pour les conquêtes, il sera difficile de le stopper.

Kristopher Letang est sur la touche, blessé, mais il voit son coéquipier être très concentré sur la tâche à accomplir. 

« Quand vous misez sur un joueur de sa trempe, vous savez que son principal objectif est les succès de l'équipe », a-t-il confié au collègue de NHL.com Nicholas J Cotsonika. « Ce qu'il veut, c'est de laisser un héritage. » 

Plus qu'une victoire, et le numéro 87 des Penguins de Pittsburgh s'élèvera au rang des plus grands de l'histoire de la LNH. Qu'on l'aime ou pas.

Pas qu'il ne fasse pas déjà partie du groupe, mais un troisième sacre confirmerait sa place parmi les plus illustres.

Un troisième championnat lui permettrait, ainsi qu'à son coéquipier Evgeni Malkin, d'égaler la récolte du prolifique duo des Blackhawks de Chicago formé des Jonathan Toews et Patrick Kane chez les joueurs de sa génération.

Déjà à Pittsburgh, le site Internet upgruv.com évoque pour Crosby un héritage sportif qui s'inscrirait dans la lignée des plus grands athlètes professionnels qui ont dignement représenté la ville - les Roberto Clemente, Tony Dorsett et Mario Lemieux.

Un héritage qui, chez les Penguins, surpasserait celui du grand Mario comme joueur. Lemieux a fourni à la concession ses deux premières conquêtes en 1991 et en 1992. Il pourrait vivre sa troisième à titre de copropriétaire de l'équipe. À l'arrivée de Crosby en 2005, Lemieux le croyait capable de laisser une plus grande empreinte que lui.

« Ça se pourrait. Ce jeune est un joueur d'exception », avait-il déclaré.

Mais attendons un peu. L'affaire n'est pas encore dans le sac. Les Penguins se retrouvent toutefois dans une position enviable, en avant 3-2 dans la Finale contre les Predators avant le match no 6 au Bridgestone Arena, dimanche (20 h (HE); TVA Sports, CBC, SN, NBCSN).

Avec de surcroît Crosby qui roule à un train d'enfer depuis deux matchs. Il s'agit d'une coïncidence, direz-vous, mais il s'est mis en marche à la suite de l'incident monté de toutes pièces de la mauvaise haleine - le "Listerinegate" - impliquant le défenseur P.K. Subban des Predators, à l'issue de la troisième rencontre à Nashville.

Dans le match no 4, Crosby a été le meilleur joueur des siens malgré la défaite et seul le gardien Pekka Rinne des Predators lui a été supérieur.

Dans le match no 5, il a pris les choses en main dès le dépôt de la rondelle sur la glace. Ses coéquipiers ont suivi la voie tracée et, dans le temps de le dire, les Penguins menaient 3-0 en route vers un triomphe de 6-0.

L'entraîneur Mike Sullivan fait l'apologie des qualités d'athlète et de meneur de Crosby depuis la conclusion du match, jeudi. Il en beurre épais. Un peu plus de retenue de sa part serait avisée. La série n'est pas finie.

Vendredi, Sullivan a affirmé en parlant du leadership de son attaquant vedette que ses coéquipiers sont prêts à défoncer des murs pour lui.

C'est justement ce que les Penguins devront faire à Nashville face à des rivaux quasiment invincibles à domicile. L'histoire sera différente advenant que la série atteigne la limite des sept matchs, à Pittsburgh. Crosby ne laissera pas filer deux occasions.

Les champions en titre sont à une victoire de signer un premier doublé en 19 ans dans la LNH. Les Red Wings de Detroit ont été les derniers à remporter la Coupe Stanley deux années d'affilée (1997-1998). Ce n'est pas un mince exploit dans une ligue à 30 équipes, bientôt 31.

L'ancien basketteur étoile de la NBA Charles Barkley rappelait dernièrement, lors de sa visite impromptue à Nashville pour la quatrième rencontre, combien c'est ardu pour une équipe de gagner plusieurs championnats.

« Les équipes qui gagnent souvent je les mets sur un piédestal parce ce que vous ne réalisez pas, c'est que c'est très difficile de gagner. Nous voulons tous gagner. Les équipes qui gagnent une fois, c'est "cool". Mais gagner souvent, c'est une grosse affaire. »

Pour les Penguins, Crosby et Malkin particulièrement, et même pour les Québécois Marc-André Fleury et Letang qui jouent un rôle plus effacé, ce serait effectivement une très grosse affaire.

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