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Claude Julien et les Bruins en quête de solutions

L'entraîneur de Boston retourne à la base alors que son équipe est aux prises avec une série de quatre défaites

par Amalie Benjamin @amaliebenjamin / Journaliste NHL.com

BOSTON - Pendant les 45 premières minutes qui ont suivi l'heure prévue pour le début de l'entraînement de lundi chez les Bruins de Boston, on n'a vu aucun signe de vie sur la patinoire. Le silence régnait, bien que celui-ci était rompu de temps à autre par quelqu'un qui riait dans les gradins.

Les Bruins, en fin de compte, tenaient alors une longue séance de vidéo. Une séance qui, espéraient-ils, va les aider à corriger leurs carences et à remettre le train sur les rails afin de sauver ce qui reste d'une saison qui semble laisser l'équipe au bord d'un dangereux précipice.

« Parfois, il faut retourner à la planche à dessin, a noté l'entraîneur Claude Julien. On a décidé que le moment était bien choisi pour amener tout le monde à réaliser certaines choses. »

Il était temps. Les Bruins glissent au classement, eux qui se sont inclinés à leurs quatre derniers matchs. Ils ont été en mesure de décrocher un seul point durant cette séquence, lors d'une défaite en prolongation contre les Red Wings de Detroit, mercredi dernier, dans un match où ils avaient pris deux avances de trois buts.

Et bien que les Bruins se trouvent encore en troisième place dans la section Atlantique, c'est là une position trompe-l'œil. Les Sénateurs d'Ottawa, qui sont trois points devant, ont cinq matchs de plus à disputer. Les Flyers de Philadelphie, qui détiennent la deuxième place de quatrième as donnant accès aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley dans l'Association de l'Est, ont le même nombre de points, mais ils ont deux matchs en mains. Les Maple Leafs de Toronto, qui sont à un point des Bruins, ont six rencontres en mains.

Les Bruins ont besoin de points. Ils ont besoin de victoires. Ils en ont besoin maintenant. Et ils savent ce dont ils ont besoin.

« C'est une question d'engagement, a souligné le capitaine Zdeno Chara. À ce niveau et à ce moment-ci de la saison, nous ne devrions pas avoir à demander aux gars de travailler fort. Il faut s'assurer que tout le monde travaille fort, que tout le monde travaille pour mériter son poste dans l'alignement. C'est la priorité. Il faut avoir un esprit de compétition. »

Les Bruins espèrent qu'ils commenceront à faire tout ça quand ils accueilleront les Red Wings au TD Garden, mardi (19h HE ; SN, NESN, FS-D, NHL.TV) en vue d'un affrontement que Julien a qualifié « d'opportunité de revanche pour nous ».

C'est bien la revanche, c'est vrai. Mais les Bruins ont besoin de bien plus que de se venger. Ils ont besoin de se relancer, d'une réinitialisation, de redéfinir leur approche. Ils ont besoin de devenir une équipe qui peut marquer des buts et décrocher des points au classement.

« Il faut marquer, a souligné Julien. C'est assez, les excuses. Il faut provoquer les choses. »

Avant les matchs de lundi, les Bruins occupaient le 24e rang dans la LNH pour les buts marqués par match en moyenne (2,42), empêtrés au même niveau que des équipes qui se trouvent en bas de classement. Ils affichent de telles statistiques en dépit du fait qu'ils sont deuxièmes dans la Ligue pour les tirs au but par match (34,1), n'étant surpassés à ce chapitre que par les Penguins de Pittsburgh (34,7), qui sont premiers dans la LNH pour les buts marqués par rencontre (3,63).

Il n'y a toutefois pas de solution facile dans ce genre de contexte.

« C'est probablement la seule chose qu'on ne peut pas faire à leur place, a noté Julien. On ne peut pas tirer la rondelle à leur place. Je répète, je ne pointe pas les joueurs du doigt juste pour le plaisir de les pointer du doigt. … Il faut placer ces joueurs dans le bon contexte, les amener à jouer un certain style de jeu qui leur permettra de créer des opportunités de marquer.

« Maintenant, si un joueur n'atteint pas le filet et ne marque pas, je ne sais pas si on peut y changer grand-chose. On leur répète et on leur répète d'atteindre la cible. On leur montre des séquences de jeu sur les façons d'atteindre la cible. Mais à un moment donné, il faut partager les responsabilités. »

Et ça ne facilitera pas les choses si le gardien no 1 des Bruins Tuukka Rask continue de souffrir de migraines chroniques, comme celle qui l'a empêché de disputer le match de dimanche contre les Penguins. Julien a indiqué que Rask allait rencontrer les médecins lundi, et c'est pourquoi il a raté l'entraînement. Son statut en vue de l'affrontement contre les Red Wings est incertain.

Alors voilà pourquoi ils ont passé une partie de la journée de lundi à regarder de la vidéo, à observer certains détails, à prendre des notes sur la façon dont ils jouaient en début de saison comparativement à maintenant. Ils ont vu quels sont les correctifs qui doivent être apportés, comment ils peuvent modifier les choses sur lesquelles ils ont le contrôle.

Ils ont essayé de comprendre pourquoi tous ces tirs ne trouvent pas le fond du filet, pourquoi les pourcentages de tirs sont à la baisse chez à peu près tout le monde. Les entraîneurs ont dit aux joueurs de chercher les espaces libres et d'essayer de dévier les tirs, et ils ont précisé à quels moments il vaut la peine de tirer au filet et à quels moments il est plus judicieux de tirer à côté.

« Il faut trouver des solutions, a dit Julien. Les gars doivent trouver des solutions. On leur montre, mais ils doivent les trouver dans le feu de l'action. Ça fait partie du travail qu'il y a à faire. Ce n'est pas entièrement leur faute. Il faut travailler ensemble.

« On est en train de faire le tri dans tout ça, a ajouté Julien plus tard. On ne dit pas que la solution c'est ça, point final. On cherche des réponses. Qu'on les ait trouvées ou pas, au moins on les cherche. »

Ce n'est pas la première séance vidéo qu'ont tenu les Bruins cette saison, loin de là. Mais celle-ci, a dit Julien, se devait d'être différente des autres. Il fallait que les joueurs sentent qu'elle était différente, qu'on allait plus loin dans les détails, que l'analyse était plus poussée afin de trouver exactement ce qui ne va pas et ce qu'il est possible de faire pour y remédier.

Comme l'a dit Julien, «les situations désespérées appellent des mesures désespérées, alors c'est ce qu'on fait ».

Ce sentiment d'urgence s'est installé dans l'entourage des Bruins, comme il se doit. Le temps d'agir, c'est maintenant.

« Absolument, a reconnu Chara. Il faut jouer avec un sentiment de désespoir. Nous savons dans quelle situation nous nous trouvons. Nous sommes en position difficile, mais ce n'est pas impossible de s'en sortir. Nous avons juste besoin que tout le monde s'engage. C'est une guerre d'attrition et ça va l'être jusqu'à la fin. Mais nous avons confiance que nous pouvons y arriver ensemble. »

La confiance, c'est bien. L'engagement, c'est bien. Mais en bout de ligne, ce sont les résultats qui font foi de tout.

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