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Cinq questions avec Martin Brodeur

L'adjoint au d.g. des Blues aime sa vie sur la galerie de presse, les petits tracas du métier de gardien ne lui manquent pas

par Dan Rosen / Journaliste principal NHL.com

Dans cette rubrique questions-réponses que nous publions régulièrement sur LNH.com, nous nous entretenons avec des intervenants-clés du hockey et nous leurs posons des questions afin de mieux comprendre leur vie, leur carrière et les plus récents événements les concernant.

 

Le texte d'aujourd'hui met en vedette l'adjoint au directeur général des Blues de St. Louis, Martin Brodeur :

 

Martin Brodeur vit présentement des émotions fortes alors qu'il se retrouve en finale d'association pour la septième fois depuis le début de sa carrière dans les rangs professionnels ; sauf que cette fois, il s'agit de la finale de l'Association de l'Ouest, il regarde les matchs de la galerie de presse et il porte un veston au lieu d'un plastron.

 

C'est très différent comme expérience.

Brodeur, l'adjoint au directeur général chez les Blues de St. Louis et ancien gardien de but qui a remporté la Coupe Stanley à trois reprises chez les Devils du New Jersey, reconnaît qu'il savoure beaucoup ce parcours en séries éliminatoires de la Coupe Stanley et qu'il y prend particulièrement plaisir parce que cette fois, il ne se fait pas malmener sur la glace.

 

« J'aime bien me lever le matin sans avoir mal quelque part, a déclaré Brodeur. Si j'ai mal à une cheville, quoi, je ne vais pas me présenter au bureau le lendemain à cause de ça ? Vais-je leur dire, mon doigt me fait mal, je ne crois pas être capable de toucher à la lettre 'D' sur le clavier ? Non, c'est très différent maintenant. »

 

C'est très différent, mais ça reste tout aussi formidable comme sensation, pour des raisons que même Brodeur n'aurait pu imaginer quand il a officiellement pris sa retraite le 29 janvier 2015. Il se demandait alors si jouer au hockey lui manquerait. Maintenant, il constate que ce n'est pas le cas, parce qu'il est encore impliqué dans ce sport.

 

« Ce qui est bien, c'est que ma carrière a duré aussi longtemps que j'aurais pu l'espérer, donc j'étais prêt à passer à autre chose, a noté Brodeur. Le fait de rester proche du hockey m'aide à mieux composer avec la situation. Si j'avais coupé les liens complètement et que je devais regarder les séries à la télé, je pense que ça me manquerait. Mais présentement, je suis impliqué étroitement, je ressens encore la poussée d'adrénaline et c'est plaisant. C'est plaisant d'en faire partie. »

 

Meneur de tous les temps chez les gardiens de la LNH pour les victoires (691), les jeux blancs (125) et les matchs disputés (1266) - et ce n'est là qu'un mince échantillon de ses impressionnantes statistiques -, Brodeur a parlé de son rôle chez les Blues et de ce qu'il ressent à titre de simple spectateur pendant les présentes séries.

 

Voici Cinq questions avec… Martin Brodeur:

 

Comment vis-tu ta situation actuelle avec les Blues, alors que tu as vu l'équipe franchir deux rondes éliminatoires et atteindre la troisième, compte tenu que c'est la première fois que tu vis ça de cette façon ?

 

« Oh, j'ai bien du plaisir. Je ne suis pas ici pour remporter ou perdre des matchs, je suis ici pour apprendre et faire la transition vers la prochaine étape de ma carrière dans le hockey. Je me retrouve dans une position où je peux travailler pour une grande organisation qui connaît du succès en ce moment et j'absorbe tous les moments qui passent. Ce parcours a été formidable à vivre, mais mon mandat n'est pas de gagner ou perdre, c'est plutôt de voir comment une organisation fonctionne en ce qui regarde ses espoirs, le côté amateur, le côté professionnel, l'aspect des affaires un peu aussi. Alors pour moi, ce que je vis maintenant, ce n'est que du positif. Et parce que je vis à St. Louis, c'est encore mieux parce que maintenant, je peux mieux comprendre et ressentir ce que vit cette organisation, ce que les partisans ici ont vécu au fil des ans, et ce que ça signifie pour eux d'obtenir du succès maintenant, pourquoi ils ressentent autant de fébrilité et pourquoi ils ont autant de reconnaissance à l'endroit des Blues de St. Louis, des propriétaires et des joueurs qui sont ici depuis longtemps. Ils ont maintenant l'impression que ça en a valu la peine. »

 

Alors qu'as-tu appris ? Que peut apprendre une personne qui occupe ton poste pendant un aussi long parcours en séries ?

 

« Eh bien, quand tu es un joueur, tu apprends comment gagner, et quand tu connais du succès, tu vis aussi des déceptions en cours de route. Tu dois donc apprendre comment composer avec les hauts et les bas. Quand tu te retrouves à l'étage supérieur, tu ne ressens pas autant ces hauts et ces bas. Tu es déçu ou tu es vraiment content, mais ce n'est pas quelque chose qui t'habite toute la journée. Je trouve ça très intéressant parce que c'est un peu bizarre de vivre cette sensation, à savoir que lorsque je quitte l'aréna, je quitte tout simplement l'aréna. Tu es un partisan dans une certaine mesure, surtout à ce stade de l'année parce qu'il n'y a plus de dépistage à faire. Tu regardes les autres matchs au cas où tu passerais à la ronde suivante, mais dans les faits, il n'y a pas grand-chose à faire jusqu'au moment où il faudra commencer à se préparer pour le repêchage. Je suis de plus en plus capable de voir les choses dans leur ensemble, mais pour l'instant c'est tout simplement un cheminement que je savoure.

« Il faut dire que je ne suis pas celui qui prend les décisions ici. Je suis certain que si vous posiez les mêmes questions à Doug [Armstrong, le d.g. des Blues], ses réponses ne seraient pas les mêmes. C'est plus difficile quand c'est toi qui diriges. On est ici, on savoure le parcours, et je sais que dans quelques semaines, il y des mandats dont je devrai m'occuper. On organise des réunions pour parler des joueurs des rangs amateurs, le repêchage s'en vient, mais l'équipe continue de jouer.

« En tant que joueur, tu vis dans le moment présent, mais ce qu'on fait en tant qu'organisation, c'est davantage avec une vision d'ensemble. Tu regardes les jeunes avec qui il faudra conclure des ententes, tu regardes du côté du club-école, des espoirs, des joueurs autonomes qu'on voudra garder ou laisser aller. Quand tu es un joueur, tu vis seulement dans le moment présent. Tu ne te soucies pas du reste. Tu ne penses pas aux joueurs des ligues mineures ou des rangs juniors. Faire partie de la direction, c'est complètement différent. Personne ne me bouscule en ce moment. Je ne vais pas me disputer avec mon patron ou avec un confrère de travail, mais dans une équipe, oui ça arrive. »

 

Quand tu regardes des matchs de la galerie de presse, te sens-tu émotionnellement investi dans ce qui se passe sur la patinoire ? Es-tu avec Doug Armstrong à réagir avec émotion à chaque jeu, chaque arrêt, chaque but ?

 

« Oh oui, je suis tout à fait impliqué émotionnellement. J'ai passé tellement de temps avec eux, avec le personnel d'entraîneurs et avec Doug. Je suis sur la route maintenant pour tous les matchs des séries. Tu t'attaches à l'équipe pour laquelle tu travailles. Al MacInnis est tout le temps avec nous lui aussi. On joue le match en haut, tout autant qu'ils le jouent sur la glace. »

 

Que penses-tu de Brian Elliott et de ce qu'il a accompli pour les Blues jusqu'ici dans les séries ?

 

« Sa plus belle qualité, c'est son sens de la compétition. Il ne s'avoue jamais vaincu, peu importe la situation. Il travaille très fort à l'entraînement. Parfois, pour un gardien, ça n'a aucune importance à quel point tu es bon, il faut que tous les éléments tombent en place pour toi. Ç'a été ce genre de saison pour lui. Jake [Allen] s'est emparé du poste de gardien no 1 en milieu de saison, mais il s'est blessé en raison d'une malchance à Anaheim et ç'a ouvert la porte à 'Ells'. Il faut lui donner crédit, il ne s'est jamais montré insatisfait de sa situation. Il a continué d'avoir une attitude positive. Il a soutenu l'équipe. Et tout à coup, sans trop qu'on s'en aperçoive, il a pris les rênes de l'équipe. Tant mieux pour lui. Tout ce qui lui arrive en ce moment, il le mérite parce qu'il a travaillé fort pour faire en sorte que les choses tournent en sa faveur.

« C'est bien parce que toute l'organisation ici faisait du surplace dans sa quête de succès, alors qu'on avait de bonnes équipes, mais qui n'étaient pas capables d'aller plus loin ; et il a vécu tout ça. Il a vécu tout ça, alors c'est bien que des joueurs comme lui, et aussi [David] Backes et [Alex] Pietrangelo, jouent un rôle important dans les succès actuels de l'équipe, et ne soient pas juste des gars qui jouent dans l'équipe. Ils font partie des raisons qui ont permis à l'équipe de se rendre jusqu'ici. On parle toujours des succès des grandes équipes, mais bien souvent, il faut passer au travers des moments difficiles avant de connaître le succès. Les Red Wings de Detroit ont vécu la même chose. Au New Jersey, on a tout gagné en 1995, mais dans les quatre années qui ont suivi, on n'est même pas venu près. Et ensuite, soudainement, on a participé à trois finales de la Coupe Stanley en l'espace de quatre ans, en 2000, en 2001 et en 2003. Tu apprends quand tu vis des choses comme ça, tu grandis ; tu ajoutes de nouveaux joueurs et ces nouveaux joueurs commencent ensuite à comprendre l'organisation et ses motivations. Quand ça 'clique', de grandes choses peuvent arriver. »

 

Quelles sont tes impressions de la blessure que Ben Bishop a subie lors du premier match de la finale de l'Association de l'Est ?

 

« Ouais, c'était bizarre. Je n'ai pas vu sur le coup à quel endroit il s'est blessé et je n'en ai toujours aucune idée. Évidemment, ils restent plutôt vagues quant à la nature des blessures, mais c'est dommage. Ce n'est pas la première fois qu'il joue bien et qu'il subit ensuite une blessure. C'est difficile. En espérant qu'il pourra revenir au jeu. Mais quand tu aspires à remporter la Coupe Stanley et que tu ne peux pas rester en santé, c'est malheureux. On a l'impression qu'il a juste chuté par derrière. Pourtant, quand il fait des étirements avant les matchs, il semble faire ce genre de mouvement régulièrement. »

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