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Changement d'entraîneur très contesté à Boston

Don Sweeney joue gros en congédiant Claude Julien à la barre des Bruins

par Robert Laflamme @bobthefire / Journaliste principal LNH.com

C'était il y a un peu plus d'un an, en janvier 2016, au Match des étoiles de la LNH à Nashville. Patrice Bergeron y était l'unique représentant des Bruins de Boston, au sein de l'équipe de la section Atlantique. 

En entrevue à LNH.com pendant la fin de semaine, le Québécois avait livré un vibrant plaidoyer à l'endroit de l'entraîneur Claude Julien, qui se retrouvait pour la énième fois au centre de rumeurs de congédiement à Boston.

« À la vie, à la mort… », avait lancé Bergeron, qui avait renouvelé sa confiance à l'endroit de Julien tout dernièrement.

Des liens indestructibles unissent le vétéran joueur de centre et le pilote franco-ontarien depuis 10 ans, surtout depuis qu'ils ont gagné la Coupe Stanley ensemble en 2011.

Le directeur général des Bruins Don Sweeney n'a assurément pas reçu l'approbation de Bergeron avant de procéder au congédiement de Julien, mardi matin.

La décision n'a d'ailleurs pas dû être accueillie par une effusion de joie chez les joueurs. Elle a en tout cas provoqué un déferlement de commentaires négatifs des partisans sur les réseaux sociaux. Sweeney et le président de l'équipe Cam Neely sont passés à tabac. Avec raison.

On ne peut pas dire que Sweeney et Neely ont facilité la tâche de leur entraîneur au cours des dernières saisons. Même que, vu de l'extérieur, on avait le sentiment qu'on faisait tout afin de la lui compliquer.

À travers la LNH, Julien a reçu des appuis de taille de la part d'anciens homologues.

« Quand vous prenez une décision semblable, il vaut mieux que vous ayez dans votre mire un remplaçant qui est supérieur », a commenté l'entraîneur des Maple Leafs de Toronto Mike Babcock. « Ils sont peu nombreux (dans ce cas), je vous l'assure. »

L'entraîneur des Capitals de Washington Barry Trotz a confié avoir envoyé un message texte à Julien afin de lui dire qu'il demeurera sans doute sans travail que pendant cinq minutes.

Sweeney lui-même a reconnu qu'il venait de remercier un entraîneur de grand calibre qui ne restera pas longtemps à l'écart. Sa feuille de route est éloquente.

Le principal désavantage de Julien, c'est qu'il n'était pas l'homme de Sweeney qui a remplacé Peter Chiarelli le 15 avril 2015. Il n'était visiblement pas le préféré de longue date du président Neely. Les rumeurs récurrentes de congédiement de Julien étaient une source de distractions inutile que Sweeney et Neely ne faisaient rien pour dissiper. C'en était rendu risible et, en ce sens, Julien est peut-être maintenant libéré d'un poids. 

Devant les journalistes mardi, Sweeney a évoqué l'existence de divergences d'opinions philosophiques entre Julien et lui quant à l'intégration de jeunes joueurs dans l'équipe. Il l'a aussi écorché en soutenant que son successeur Bruce Cassidy tiendra des séances d'entraînement plus intenses.

Sweeney a martelé qu'on ne dérogera pas du plan établi, qui consiste à effectuer un virage jeunesse tout en gardant le cap sur la participation des Bruins en séries éliminatoires. Or, comme les Bruins pourraient rater les séries pour la troisième année d'affilée, la porte était ouverte pour un changement de voix.

Au bout du compte, c'est Sweeney qui joue gros. Son plan doit fonctionner parce qu'il pourrait être le prochain à plier bagage. L'organisation ne compose pas très bien avec le manque de succès.

Pour revenir à Bergeron, c'est mal le connaître de croire qu'il va bouder dans son coin avec l'arrivée de Cassidy à la barre sur une base intérimaire. Il va réagir en véritable professionnel. 

« C'est à nous les joueurs de nous prendre en main et d'accomplir la tâche sur la glace», a-t-il affirmé mardi. « Un changement d'entraîneur ne réglera pas tous nos problèmes. C'est à nous d'être meilleurs. »

Bergeron, qui a confié avoir eu un entretien avec Julien mardi matin, doit avoir le sentiment d'avoir laissé tomber son entraîneur parce qu'il ne connaît pas une saison à la hauteur de son potentiel, avec 13 buts et 29 points en 52 matchs.

Le chat sortira peut-être du sac à la conclusion de la saison, mais on peut croire que le hockeyeur âgé de 32 ans est incommodé par une blessure. Une blessure qu'il traîne possiblement depuis sa participation au tournoi de la Coupe du monde avec Équipe Canada, en septembre.

Cassidy connaît le pouls du groupe à titre d'adjoint de Julien et il sait dans quelle galère il s'embarque. Il sait qu'il devra rallier les joueurs mécontents à sa cause.

« Des joueurs sont emballés par l'arrivée d'un nouvel entraîneur, d'autres ne le sont pas, a-t-il déclaré. Nous verrons dès jeudi quels joueurs sont les plus emballés, en espérant que leur énergie soit contagieuse. »

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