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Bryan Murray est prêt pour une soirée mémorable

L'ancien entraîneur et directeur général Bryan Murray sera le premier intronisé de l'anneau d'honneur des Sénateurs, mardi

par Chris Stevenson / Correspondant LNH.com

OTTAWA - Lorsque Bryan Murray a pris la décision de quitter la Californie pour se rapprocher de la maison et diriger les Sénateurs d'Ottawa en 2004, il avait prévu occuper ces fonctions pendant quatre ans et ensuite mettre lentement un terme à son impressionnante carrière dans la LNH.

Pas moins de 13 ans plus tard, Murray travaille encore et ses importantes contributions à l'organisation seront reconnues, mardi, lorsqu'il deviendra le premier membre à être intronisé sur l'Anneau d'honneur des Sénateurs. Il sera honoré avant le match contre les Capitals de Washington (7:30 p.m. ET; RDS2, TSN5, CSN-DC+, NHL.TV), l'équipe qui lui a donné sa première chance dans la Ligue en 1981.

« Je suis revenu à Ottawa en pensant que j'allais être entraîneur pendant environ quatre ans et que je pourrais ensuite me diriger vers la chaleur et la retraite, a déclaré Murray. Je suis maintenant ici depuis 12 ans. Je n'aurais jamais pensé. Je suis évidemment bien heureux de la tournure des évènements. »

Murray était le directeur général des Ducks d'Anaheim lorsque l'occasion de diriger les Sénateurs s'est présentée après le congédiement de Jacques Martin. Ayant grandi dans une famille de neuf enfants à Shawville, au Québec, un petit village d'environ 1600 habitants à une centaine de kilomètres à l'Ouest d'Ottawa, Murray y a vu l'occasion de revenir à la maison, près de sa famille.

« L'occasion s'est présentée au bon moment, a expliqué Murray. J'avais un bon emploi, j'étais dans une bonne situation. J'étais en Californie où il faisait beau la plupart du temps. Quand j'ai eu la chance ici, j'ai sauté dessus très rapidement. Ça signifiait beaucoup pour moi, originaire du petit village de Shawville, d'être avec les gens que je connais et que j'aime, ma famille en particulier. »

Murray, qui est devenu le cinquième entraîneur dans l'histoire des Sénateurs, a maintenu un dossier de 107-55-20 et les a guidés vers leur première finale de la Coupe Stanley, en 2007. Il est devenu directeur général, succédant à John Muckler, l'été suivant.

L'homme de hockey, maintenant âgé de 74 ans, a reçu un diagnostic de cancer du colon en phase terminale au mois de juin 2014 (il poursuit les traitements de chimiothérapie ainsi que les traitements alternatifs et il est encouragé par les résultats) et a cédé son poste de directeur général en mai pour se concentrer sur sa santé et passer du temps avec sa famille. Il est demeuré au sein de l'équipe en tant que conseiller spécial au directeur général Pierre Dorion.

« C'était difficile au début, a dit Murray à propos de son nouveau style de vie. Pendant 50 ans, j'avais l'habitude de me lever, d'aller au travail et de m'impliquer avec les gens. Ç'a été un peu plus difficile et je suis certain que j'ai été plus dur avec ma femme (Geri) qu'à l'habitude. Pierre a été incroyable. Il m'a impliqué dans plusieurs décisions et dans plusieurs conversations, donc j'ai eu la chance de participer ici et là en plus de voyager un peu et d'assister à la majorité des matchs.

« Ç'a été bien. Je crois que c'est un bel équilibre. Ça me donne la chance de passer un peu plus de temps sur autre chose que n'importe quand auparavant. »

Dans sa jeunesse, Murray a quitté Shawville pour aller au Collège MacDonald à Montréal, une annexe de l'Université McGill, et retourner enseigner. Il est revenu au Collège MacDonald en tant que directeur athlétique, mais il ne se sentait pas comblé. Il est retourné à la maison à Shawville où il a enseigné, ouvert un magasin d'articles de sports, acheté et géré l'hôtel local en plus de commencer à diriger une équipe dans la Ligue central de hockey junior.

Murray croyait qu'il serait un homme d'affaires et qu'il n'habiterait jamais loin de Shawville, mais il a trouvé sa passion derrière un banc de hockey, dans la vallée de l'Ottawa. Il a gagné le championnat de la Ligue junior A avec les Nationals de Rockland en 1976, ce qui lui a ouvert les portes de la Ligue de l'Ouest (WHL) avec les Pats de Regina en 1979-80.

Il a dit à Geri qu'il essaierait pendant un an. Les Pats ont gagné le championnat de la WHL.

Trente-sept ans et 14 changements de fonctions plus tard, Murray verra son nom être le premier à être inscrit dans l'Anneau d'honneur des Sénateurs.

Après un an dans la Ligue américaine de hockey avec les Bears de Hershey, Murray a amorcé sa carrière d'entraîneur dans la LNH avec les Capitals de Washington, le 11 novembre 1981 et a ensuite occupé différents rôles avec les Red Wings de Detroit, les Panthers de la Floride, les Ducks et les Sénateurs. Il se classe au 15e rang de l'histoire au chapitre des matchs dirigés (1239) et au 11e rang au chapitre des victoires en carrière (620).

Même s'il n'a pas soulevé la Coupe Stanley, son plus grand accomplissement demeure qu'il a laissé chacune de ses équipes en meilleure forme qu'elles ne l'étaient lorsqu'il est arrivé. Les Capitals ont maintenu une récolte moyenne de 95 points par saison au cours de ses huit ans et demi au sein de l'organisation. Il a aussi reçu le trophée Jack-Adams, remis à l'entraîneur de l'année, en 1983-84.

Murray a aidé à bâtir des équipes championnes à Detroit et à Anaheim ­­- il a assemblé le noyau des Ducks qui ont battu les Sénateurs en finale de la Coupe Stanley en 2007 - et il a bâti l'équipe des Panthers qui a atteint la finale en 1996.

« Je suis dans le milieu depuis longtemps et j'ai eu beaucoup de gens compétents autour de moi. Il faut avoir ça si vous voulez être reconnu un jour, a déclaré Murray. C'est très spécial, surtout à Ottawa, si près de ma ville natale. »

En 35 ans dans la LNH, Murray s'est bâti une réputation de grand communicateur et d'un entraîneur et directeur général qui avait le respect de ses joueurs.

Lorsque ce fut aux Sénateurs d'amorcer une reconstruction en 2011 et de se départir de certains vétérans, Murray a échangé l'attaquant Mike Fisher aux Predators de Nashville, où il serait près de sa femme, la chanteuse Carrie Underwood. Fisher lui en est encore reconnaissant.

« Je ne suis pas surpris parce que je sais le genre de personne que Bryan est. Je l'ai aimé en tant qu'entraîneur et comme directeur général, a reconnu Fisher. Bryan est exceptionnel. Il est au sommet de la liste. Je mentionne encore son nom lorsque je parle des entraîneurs que j'ai eus. Il est l'un de mes favoris, c'est certain. Il est l'entraîneur qui rendait tout plaisant. Il a un bon sens de l'humour aussi. J'ai adoré jouer pour lui.

« On savait toujours où nous en étions. Il savait exactement ce qu'il voulait obtenir de chaque gars et il savait aussi le communiquer. Il est incroyable. »

Murray affirme qu'être reconnu en tant que premier membre de l'Anneau d'honneur a une signification spéciale surtout après que l'ancien capitaine de l'équipe, Daniel Alfredsson, eut vu son no 11 être retiré, le 29 décembre.

« C'est spécial. Il n'y a aucun doute, a indiqué Murray. Daniel Alfredsson a été un joueur phénoménal, et même d'être associé à lui, vraiment, c'est bien. Je suis le premier (à être intronisé sur l'Anneau d'honneur), mais il y en aura beaucoup d'autres, j'espère. Mais d'être le premier, c'est très sympathique. »

L'Anneau d'honneur, instaurée en août par le comité hommage aux joueurs des Sénateurs, sera situé au niveau 300 du Centre Canadian Tire.

« Dans mon livre, c'est le choix le plus facile pour l'Anneau d'honneur, a affirmé le propriétaire des Sénateurs, Eugene Melnyk. Il n'y a pas de numéro 2. Il est certainement le meilleur directeur général que nous avons eu. Je crois que Bryan Murray sera perçu, dans quelques années, comme l'un des plus grands héritages de la concession.

« Nous avons traversé des bons moments et des mauvais, mais au final, il est professionnel et stoïque et ce sont des qualités d'un grand directeur général. Il pouvait gérer la pression, mais il pouvait aussi savourer les victoires, ce qui est agréable. »

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