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Boucher apprécie le talent qu'il aura sous son aile

Le nouvel entraîneur des Sénateurs considère Karlsson comme un joueur exceptionnel et compare Hoffman à Stamkos

par Chris Stevenson / Correspondant LNH.com

OTTAWA - Lorsque les Sénateurs d'Ottawa ont officiellement présenté leur nouvel entraîneur Guy Boucher, on lui a souvent demandé ce qu'il ferait pour amener le défenseur Erik Karlsson et l'attaquant Mike Hoffman, deux joueurs offensifs très talentueux, à jouer de façon plus responsable en défensive.

La réponse de Boucher ?

Il n'aime pas le mot 'changement'.

« En ce qui me concerne, je n'aime pas ça parce que ça signifie qu'il faudrait changer les choses à 180 degrés, a-t-il dit. Je suis complètement en désaccord avec ça. Les gens qui se sont rendus à ce niveau-ci, c'est parce qu'ils ont certaines forces. Que ce soit M. Karlsson ou un autre joueur, il faut d'abord et avant tout reconnaître ce qu'ils font d'extraordinaire. Bien souvent, on fait l'erreur de s'attarder aux défauts et on ne parle que de ça. Et ce qui arrive avec le temps, c'est que les défauts prennent l'avant-plan aux dépens des forces.

« On a ici un défenseur offensif incroyable. Il est le meilleur dans la Ligue. Je crois que c'est quelque chose qu'il faut nourrir et qu'il faut respecter, et il faut que l'équipe trouve son impulsion dans ses forces. On ne veut pas changer ça. Doit-il évoluer dans certains aspects du jeu ? Absolument. Mais c'est le cas de tous les joueurs. »

Boucher, qui est âgé de 44 ans, a été embauché dimanche afin de succéder à Dave Cameron, qui a été congédié le 14 avril après que les Sénateurs eurent été incapables de se qualifier pour les séries éliminatoires de la Coupe Stanley.

Le directeur général des Sénateurs Pierre Dorion a déclaré lundi que Boucher était son premier choix pour le poste d'entraîneur.

Dorion a rencontré Boucher à l'occasion de deux entrevues, qui ont globalement duré 12 heures. La deuxième discussion a eu lieu en présence de l'adjoint au directeur général Randy Lee et du conseiller principal aux opérations hockey Daniel Alfredsson.

« J'ai demandé à Randy, 'Qui est ton premier choix ? Je vais l'écrire sur un bout de papier et écris-le sur un bout de papier'. Il a écrit Guy Boucher. J'ai écrit Guy Boucher, a raconté Dorion. Je veux que ce soit clair pour tout le monde : il était mon homme. Il n'y avait aucun doute dans mon esprit, dès la première fois que je l'ai rencontré, qu'il était celui qui était fait pour diriger les Sénateurs d'Ottawa.

« Selon moi, un bon entraîneur transforme une équipe médiocre en équipe moyenne, une équipe moyenne en bonne équipe, et une bonne équipe en une très bonne équipe ; et un très bon entraîneur transforme une bonne équipe en une excellente équipe. J'ai travaillé comme dépisteur par le passé, mais depuis que je travaille dans la LNH, j'ai réalisé qu'un bon entraîneur peut avoir un impact très important. Selon moi, avec Guy, on a un entraîneur de cette trempe avec nous. »

Boucher a dit avoir beaucoup appris depuis que son premier séjour dans la LNH a pris fin après 32 matchs à l'occasion de sa troisième saison à la barre du Lightning de Tampa Bay, en 2012-13. Il a passé les trois derniers hivers à la tête du club de Berne en Suisse. Il a déclaré que ce qu'il a alors vécu l'a amené à se concentrer davantage sur ce qu'il peut contrôler, au lieu d'accorder trop d'attention aux aspects qu'il ne peut maîtriser.

« Dans la LNH, il y a beaucoup de choses que tu ne peux pas contrôler, et quand tu commences à occuper ton premier emploi, c'est difficile à accepter, a-t-il noté. Avec le temps, tu réalises qu'il y a des choses que tu ne peux pas contrôler. Il ne faut pas perdre du temps avec ça, il ne faut pas perdre d'énergie là-dessus. Ça me permettra de consacrer davantage d'énergie dans d'autres aspects qui auront un plus grand impact.

« Le simple fait de réussir à évoluer au niveau de la LNH, peu importe si tu as du succès ou non, c'est crucial parce que c'est un marathon. Et tu ne peux pas comprendre ce que c'est, à moins de le vivre toi-même. Maintenant, c'est fait. Je sais à quoi m'attendre. J'ai foncé tête première à mon arrivée dans la LNH à l'âge de 38 ans, et dans ce contexte-là, tu as tendance à faire à ta tête, quitte à t'ajuster plus tard. Maintenant, ma façon de voir les choses est différente. La planification se fera autrement. La gestion des joueurs, par contre, sera la même. Je crois que c'est une de mes forces, les liens que je tisse avec les joueurs.

« J'ai hâte de commencer. Je suis plus affamé que jamais. »

Parmi les joueurs qu'il a hâte de mieux connaître, il y a Karlsson et Hoffman.

Karlsson a été le meilleur marqueur des Sénateurs avec une récolte de 82 points, tandis que Hoffman a été leur meilleur buteur, avec 29 filets.

Boucher a rappelé qu'il a dirigé des grandes vedettes au fil de sa carrière, tels que le capitaine des Penguins de Pittsburgh Sidney Crosby lorsqu'il travaillait pour l'Océanic de Rimouski dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, le défenseur des Canadiens de Montréal P.K. Subban avec les Bulldogs de Hamilton dans la Ligue américaine de hockey et le capitaine du Lightning de Tampa Bay Steven Stamkos.

Il a déclaré qu'il faut laisser les joueurs vedettes jouer en fonction de leurs forces.

« Si vous leur enlevez ça, vous leur enlevez leur assurance », a-t-il fait remarquer.

« J'adore sa vitesse, a-t-il dit de Karlsson. Selon moi, la qualité qui le distingue des autres est le potentiel qu'il a au niveau de la vitesse de ses mains. … La vitesse de ses pieds aussi, et je crois que c'est là quelque chose qui doit inspirer chacun de nos joueurs dans l'équipe. Ça ne changera pas. C'est là quelque chose qui va être mis de l'avant au sein de notre équipe.

« D'autres joueurs serviront de standards en ce qui concerne notre jeu défensif. »

Boucher connaît bien Hoffman, qui pourrait devenir joueur autonome avec compensation le 1er juillet. Il l'a dirigé chez les Voltigeurs de Drummondville dans la LHJMQ en 2008-09; cette saison-là, Hoffman a marqué 52 buts et Drummondville a remporté le championnat de la ligue.

« J'ai trouvé qu'il y avait là un défi formidable à relever quand on l'a obtenu parce que j'ai tout de suite vu qu'il y avait une passion chez lui, qu'il y avait des habiletés, mais mal dirigées d'une certaine façon, a dit Boucher. Comme chez bien des jeunes joueurs, il y avait plusieurs choses à peaufiner et Mike était prêt à faire le travail nécessaire pour y arriver. On a passé beaucoup de temps ensemble, il y a eu plusieurs moments seuls à regarder de la vidéo, des moments où il a eu droit à des tapes dans le dos et des moments où il a probablement eu de la difficulté à m'endurer. Je pense qu'on avait une équipe capable d'aspirer aux grands honneurs et il en a certainement été un des éléments importants.

« Ce que j'aime de Mike, c'est qu'il a bien réagi. Il a bien répondu à tout ce que je lui ai proposé. J'ai vraiment hâte de travailler encore avec lui. On a remporté un championnat ensemble, et on a hâte d'essayer d'en remporter un autre. Il est l'un des joueurs dans cette équipe qui, je pense, est capable de faire la différence dans un match. Quand tu as un atout comme ça, tu le nourris. »

Hoffman a été le meilleur joueur des Sénateurs au chapitre des buts en avantage numérique, avec neuf, alors qu'il a pris le sixième rang pour le temps de glace moyen par match passé en supériorité numérique. Trouver le moyen de donner à Hoffman plus de temps de glace à cinq contre quatre, voilà une des décisions qui pourrait permettre à Boucher de redonner vie à un jeu de puissance qui a pris le 26e rang dans la Ligue avec un taux d'efficacité de 15,8 pour cent.

Boucher a comparé Hoffman à Stamkos, ainsi qu'à l'attaquant des Islanders de New York John Tavares.

« Quand je regarde le jeu de puissance, je constate qu'il y a des atouts intéressants ici, a-t-il dit. J'ai travaillé avec Mike Hoffman dans les rangs juniors et je lui ai fait faire des choses semblables à ce que Stamkos a fait à Tampa et à ce que Tavares a fait les trois fois où je l'ai dirigé avec Équipe Canada. Ces gars-là aiment tirer. C'est sûr que j'ai un plan avec Mike. J'ai un plan avec les autres joueurs aussi. Erik est le meilleur pour patrouiller la ligne bleue. On va certainement exploiter ça. J'aime avoir un jeu de puissance qui bouge en accéléré. C'est comme ça que je l'enseigne depuis 20 ans.

« Plus qu'autre chose, c'est une question de détails. »

Boucher estime qu'il suffira simplement de corriger quelques détails pour que les Sénateurs réussissent à renouer avec les séries éliminatoires.

« Cette équipe est prête à bien jouer maintenant, tout de suite, a-t-il dit. Tu veux que la fleur grandisse. Si tu tires dessus, elle ne grandira pas. Elle va mourir. Parfois, c'est plus long de l'arroser et d'attendre qu'elle grandisse. C'est ce qu'il faudra faire avec certains joueurs. »

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