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Bouchard: Succès total à Vegas

Notre chroniqueur souligne quels facteurs expliquent l'excellent début de saison de la dernière équipe d'expansion

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Les Golden Knights de Vegas sont sans contredit l'équipe qui a le plus de raisons de se féliciter de ses performances au quart de la saison. Cet assemblage disparate de joueurs délaissés s'est rapidement forgé une identité et continue à pousser ses adversaires à l'erreur. La chance joue une part non négligeable dans leurs succès, mais ceux-ci ne sont pas que le fruit du hasard. Les Golden Knights ont bel et bien tiré leur épingle du jeu.

La grande caractéristique de cette équipe est la discipline (les données qui suivent sont tirées du site Corsica.Hockey). Troisième équipe la moins pénalisée du circuit, Vegas a obtenu 14 buts en avantage numérique, cinq équipes seulement en ayant obtenu plus depuis le début de la saison. Les pourcentages ne les ont pas énormément favorisés, les tirs obtenus leur valant, toujours selon Corsica, 12 buts attendus. Il est intéressant de noter que, sur une base horaire, l'avantage numérique des Golden Knights n'est pas si remarquable, 28e pour la production de buts attendus. C'est sur le nombre d'opportunités qu'ils font leur beurre.

La discipline de cette équipe est remarquable. Les 60 avantages numériques concédés à l'adversaire les placent au quatrième rang dans la LNH, ce qui compense en partie le fait qu'avec 13 buts accordés à l'adversaire dans cette situation, ils y sont l'une des équipes les moins efficaces de la ligue. On doit y voir la conséquence d'une accumulation impossible de blessures à la position de gardien de but, Maxime Lagace étant pour l'instant le cerbère attitré de l'équipe. Lorsqu'on sait que Lagace, 24 ans, avait un pourcentage d'arrêts inférieur à ,900 dans la Ligue américaine l'an dernier, on comprend le désarroi dans lequel l'équipe se trouve sur ce point.

Pareilles performances collectives ne sont pas possibles sans quelques morceaux de bravoure individuels. C'est David Perron et William Karlsson qui se démarquent le plus sur ce point. Perron a obtenu 16 de ses 17 points à forces égales, formant avec James Neal un duo extrêmement opportuniste. Il faut le dire, je ne sais pas combien de temps encore Perron pourra maintenir ce rythme. L'équipe convertit plus de 14 pour cent de ses tirs en butsen sa présence à forces égales, un taux largement supérieur à son score de 8,9 pour cent en carrière. Ce dernier taux est supérieur à la moyenne de la ligue, ce qui laisse deviner que l'ami David a probablement un certain impact positif sur la qualité des tirs que son équipe obtient. Mais son équipe tente un peu moins de 47 pour cent des tirs en sa présence. C'est une grosse commande que de compenser pareil trou par la seule magie des pourcentages, surtout lorsque les gardiens de l'équipe sont ainsi décimés.

Karlsson est l'autre joueur qui me surprend énormément depuis le début de la saison. Coincé dans le bas de l'alignement des Blue Jackets, Karlsson n'avait jamais vraiment eu l'occasion de se faire valoir dans un contexte offensif. Utilisé avec Reilly Smith et Jonathan Marchessault, Karlsson reçoit désormais plus de 3 minutes supplémentaires de temps de jeu par match, principalement à forces égales et en avantage numérique. Comme Perron, l'équipe convertit allègrement ses tirs en buts en sa présence, à raison de plus de 11 pour cent. Mais contrairement à Perron, Karlsson aide son équipe à obtenir un peu plus de 50 pour cent des tirs tentés, ce qui laisse augurer une production plus stable dans l'avenir. C'est vraiment Karlsson qui s'impose depuis le début de la saison comme homme à tout faire chez les Golden Knights, occupant par défaut le poste de centre numéro 1. À terme, si on peut trouver un joueur offensif de premier plan, et si Karlsson maintient son niveau de performances actuel, les Golden Knights ont dégotté au repêchage d'expansion un excellent centre numéro 2. Reste à voir si on saura lui trouver de l'aide à court terme.

Ce premier quart de saison est donc un succès total, vu les attentes qu'on pouvait placer en cette équipe. Les cas de Perron et Karlsson expriment bien comment une équipe peut trouver des éléments réguliers dans les rebuts des autres formations; en leur donnant plus de temps de glace avec des coéquipiers de meilleure qualité, tous les joueurs vont voir leur production augmenter. En identifiant des joueurs de talent, on s'est rapidement doté d'une attaque plus que raisonnable, ce qui permet de survivre aux aléas des gardiens depuis le début de la saison. Reste maintenant à tenir le rythme. Pour une équipe d'expansion, c'est lorsque les blessures à des éléments importants surviennent que les choses dégénèrent rapidement. On touche du bois.

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