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Bouchard: Le nouveau contrat d'Aleksander Barkov, un coup fumant pour les Panthers

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Après Anze Kopitar avec les Kings de Los Angeles il y a 10 jours, c'est au tour d'Aleksander Barkov de s'entendre à long terme avec les Panthers de la Floride. De huit ans son cadet, il est pourtant évident que Barkov s'annonce désormais comme un joueur du même calibre que le grand Slovène. Mais l'heure de faire sauter la banque n'est pas encore arrivée pour le Finlandais.

J'en discutais il y a deux semaines, au sujet de la défensive des Ducks d'Anaheim : les joueurs de la LNH ont le droit d'offrir leurs services à l'équipe de leur choix seulement après avoir, soit joué pendant sept saisons dans la LNH, soit avoir atteint l'âge de 27 ans. Avant d'atteindre ce seuil, ils disposent, lorsque leur contrat arrive à terme, d'une autonomie restreinte : ils ne peuvent offrir leurs services à l'équipe de leur choix que si l'organisation qui les employait renonce explicitement à leurs droits.

Si l'organisation décide de conserver son emprise sur le joueur, celui-ci n'a alors que deux leviers de négociation : faire une demande d'arbitrage salarial (un processus pénible pour le joueur) ou espérer qu'une autre équipe leur soumette une offre hostile. Ces dernières sont excessivement rares et peuvent être égalées par l'équipe qui détient leurs droits. À ma connaissance, la dernière offre hostile fut faite en 2013, par les Flames de Calgary, à Ryan O'Reilly. L'Avalanche du Colorado a égalé cette offre.

Bref, avant d'atteindre l'autonomie complète, un joueur ne possède qu'un faible pouvoir de négociation et reçoit, par conséquent, un salaire généralement largement inférieur à ce qu'il pourrait recevoir sur le marché des joueurs autonomes. Kopitar, arrivé dans la LNH à 19 ans, était admissible à l'autonomie complète à l'âge de 26 ans. Steven Stamkos, qui a commencé à l'âge de 18 ans, y aurait eu droit dès l'âge de 25 ans. Ces joueurs ont, après leur contrat de recrue, signé des ententes à long terme visant à contrôler leur salaire. Dans les deux cas, l'entente « achetait » des années d'autonomie complète, une dans le cas de Stamkos, deux pour Kopitar.

Dans le cas de Barkov, on achète deux saisons d'autonomie complète :

Je rappelle que les attaquants de la LNH connaissent leurs meilleures saisons offensives à 24-25 ans et voient leurs performances décliner significativement, souvent même très rapidement après l'âge de 29 ans. Ce genre d'entente est, donc, dans le cas des jeunes super-vedettes, extraordinairement intéressante pour les équipes, bien plus que les contrats à plus court terme, notamment ces fameux contrats « de transition ».

Ces derniers sont plus intéressants pour les jeunes joueurs qui ne seront pas à même de demander des sommes astronomiques sur le marché des joueurs autonomes. Les équipes roulent les dés en signant ce genre d'ententes. Parfois, elles perdent (P.K. Subban en est l'exemple parfait), mais souvent, elles gagnent gros. Des attaquants comme Max Pacioretty et Andrew Ladd auront ainsi été sous contrat jusqu'à l'âge de 30 ans pour une somme moyenne de 4,5 millions $ par saison. Une véritable aubaine!

Pour revenir à Barkov, il est clair que l'on considère en Floride avoir entre les mains un attaquant d'élite. Les données sont intéressantes à considérer dans ce cas-ci, parce qu'on parle aussi d'un joueur qui a eu à faire son apprentissage au sein d'une équipe en reconstruction. Ce n'est en effet que cette saison qu'on a vraiment vu les Panthers décoller au classement général.

De fait, ce qui frappe lorsqu'on regarde de plus près, c'est la difficulté des missions qu'on a rapidement confiées au jeune attaquant alors que, s'il a toujours eu jusqu'ici un impact positif sur le taux de possession de rondelle de son équipe, il ne se détache pas nécessairement nettement de ses pairs.

Les zones grisées dans le graphique ci-dessous indiquent justement les frontières entre les quartiles les moins et les plus élevés de ce groupe d'attaquants, âgés entre 18 et 20 ans, ayant joué dans la LNH depuis le début de la saison 2005, auquel j'ai choisi de comparer Barkov.

Pour qui s'intéresse au détail de la chose, notamment à explorer le cadran supérieur droit du graphique, je suggère d'en consulter la version interactive.

Barkov, donc, a déjà fait sa marque comme leveur de fonte et comme attaquant susceptible de pousser le club du bon côté de la bataille pour la possession de la rondelle. Les buts et les passes commencent maintenant à suivre, après des saisons de 24 et 36 points. Blessé en début de campagne, Barkov a obtenu 25 de ses 30 points depuis le début du mois de décembre. L'état-major des Panthers semble donc avoir décidé de ne pas attendre plus longtemps avant de se lancer. Avec lui et Nick Bjugstad, qui n'a que 24 ans, les Panthers sont susceptibles de s'installer confortablement au sommet de l'Association de l'Est pour un bon moment encore.

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