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Bouchard: Hitchcock s'est ajusté, Ruff ripostera-t-il

L'entraîneur des Blues a modifié avec succès ses paires de défenseurs dans le sixième match

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

La série entre les Blues de St. Louis et les Stars de Dallas se décide ce soir. Après six matchs, les confrontations sont bien établies et les deux équipes connaissent les faiblesses de leur adversaire. Reste à voir qui saura exploiter celles de l'autre.

Si on en croit les évaluations faites par le site Corsica.hockey à partir des types de tirs au but reçus, il est surprenant de voir à quel point les gardiens principaux, Brian Elliott et Kari Lehtonen, ont tenu le coup. Dans un calcul qui comprend les tirs manqués (c'est un choix méthodologique du concepteur de la formule, Emmanuel Perry, qui s'en explique dans cet article), Lehtonen tombe 0,3 pour cent sous son pourcentage d'arrêts attendu, soit ,934 contre une attente modélisée de ,938. À peine un cheveu. Elliott, lui, fait un tout petit peu mieux : ,945 contre un taux attendu de ,935. Au total, Lehtonen échappe un but alors qu'Elliott en réchappe deux, toutes situations confondues.

 

Il est intéressant de voir, à considérer ces chiffres, à quel point une série se décide aux marges. En buts attendus, les deux équipes sont nez à nez, 16 contre 16. Mais la distribution des buts au hasard des matchs, ajoutée à l'avantage cumulé par Elliott sur Lehtonen, explique qu'on se retrouve au bout du compte avec 19 buts pour les Blues (dont un dans un filet désert) et 13 pour Dallas.

L'autre élément intéressant de cette série, c'est qu'aucune des deux équipes en présence ne semble capable de contenir correctement l'adversaire sans l'apport de sa première paire de défenseurs. Ce qui a pour effet de donner une importance considérable au jeu des confrontations.

Alex Pietrangelo et Jay Bouwmeester savent, depuis le début de la série, tenir en joue le trio de Jamie Benn. Outre un avantage (à 5-contre5) de 55-40 aux tirs vers le filet, ils n'ont concédé aucun but au premier trio des Stars tout en lui en collant quatre.

Pour Ken Hitchcock, le problème est que ni Colton Parayko et Carl Gunnarsson, ni Joel Edmundson et Kevin Shattenkirk ne parviennent à stopper le deuxième trio des Stars, constitué de Mattias Janmark, Jason Spezza et Valeri Nichushkin. Pire encore, pour peu qu'on échappe Benn contre ces deux tandems, les Blues partent en vrille. Avantage 33-14 aux tirs et 3-0 aux buts à 5-contre-5 pour les Stars dans ces situations, alors que Spezza mène 47-42 et 2-1.

On a donc, au cours du sixième match, reconstruit la deuxième paire défensive, en jumelant les droitiers Shattenkirk et Parayko. Pari réussi sur le strict plan de l'avantage aux tirs : 21-5 pour la première paire, 10-7 pour Shattenkirk et Parayko, mais surtout, Robert Bortuzzo, qui remplace Edmundson, termine la soirée avec un avantage de 19-3 aux tirs, en un peu plus de 11 minutes de jeu. Évidemment, l'avance rapide prise par les Stars fausse la donne. Jouant de prudence pour deux périodes, ils ont résisté péniblement à la poussée des Blues. Hitchcock reviendra certainement avec ces combinaisons lors du dernier affrontement. Retrouvant l'avantage de la glace, il faudra voir si Dallas réussit à faire casser Shattenkirk et Parayko.

Du côté des Stars, on n'a pas cherché jusqu'ici à modifier les tandems défensifs. Les Blues jouent avec trois tandems offensifs auxquels se greffe un troisième ailier en fonction des circonstances. Jaden Schwartz et Vladimir Tarasenko ont monté en grade. Si Hitchcock rechignait à leur donner plus de temps de glace en première ronde, il n'en est rien en deuxième. John Klingberg et Alex Goligoski leur sont assignés et tiennent jusqu'ici le coup, cédant à peine aux tirs (27-24 en six matchs) et ne leur ont pas accordé de but à 5-contre-5.

L'ennui, pour Dallas, c'est que Paul Stastny et Troy Brouwer font passer un sale quart d'heure à Kris Russell et Jason Demers (44-22 aux tirs pour les Blues). Ça gomme le bon travail de Stephen Johns et Johnny Oduya contre Patrick Berglund et David Backes (avantage 23-15 pour Dallas) ainsi que contre les trios irréguliers des Blues (26-13).

C'est un problème, disais-je, parce que si Oduya et Johns ne jouent que peu contre les deux premiers trios des Blues (à peine 14 pour cent du temps de jeu de ces deux unités), chacune de ces rencontres vire au massacre, avec un avantage de 59-27 aux tirs pour les Blues. Tout ça n'a pas encore dégénéré, ces situations débouchant sur un jeu égal, 1-1, aux buts marqués. Mais c'est une véritable bombe à retardement.

Lindy Ruff devra donc trouver le moyen de compenser quelque part. Lors des trois matchs au domicile des Stars, on a vu Jamie Benn suivre plus particulièrement Stastny et Brouwer lorsque Russell et Demers étaient sur la glace, alors qu'il joue normalement contre Tarasenko. On devra manifestement continuer à miser sur cette confrontation pour maintenir l'équilibre. À moins que Ruff ne sorte un lapin de son chapeau et remanie à son tour sa défensive? À domicile, c'est le moment ou jamais. Mais changer une formule établie à l'aube d'un septième match va contre les instincts de conservation de tout entraîneur de la LNH. Osera-t-il?

 

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