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Bouchard: Charles Hudon se taille une place

Notre chroniqueur analyse le rendement de l'attaquant des Canadiens depuis le début de la saison

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Charles Hudon a enfin la chance de se faire valoir. De toute évidence, on a, dès le camp d'entraînement, tout mis en œuvre pour lui laisser la chance de convaincre l'état-major du club, en l'associant à Tomas Plekanec lors des matchs préparatoires. Hudon a fait le nécessaire et, depuis le début de la saison, continue à faire sa place dans un groupe d'attaquants pourtant bien garni.

Le séjour de Charles Hudon dans la Ligue américaine de hockey (LAH) s'est prolongé sur trois saisons. Le petit attaquant en a profité pour changer de style. À sa première campagne dans la LAH, Hudon est surtout un fabricant de jeux. Il va graduellement devenir un marqueur.

Ce qui attire mon attention, dans cette transition, c'est que Hudon semble avoir appris à obtenir non seulement un plus grand nombre de tirs au but, mais aussi un plus grand nombre de chances de marquer. Sur trois saisons, le volume de tirs qu'il obtient augmente de manière semblable à son taux de réussite sur ces tirs.

 

Comme toujours lorsqu'il est question de pourcentages, on doit prendre ces chiffres avec un grain de sel. Au total, on parle ici d'environ 300 tirs au but, dont on ignore la distribution selon la situation. Le surplus de tirs et la plus grande efficacité sur ceux-ci peuvent très bien être le résultat de quelques séquences heureuses, mais il peut aussi être le résultat d'un temps de jeu plus important en avantage numérique, ou encore (c'est le scénario idéal) d'une plus grande efficacité à forces égales.

Pour l'instant, on n'a que huit matchs pour se faire une idée de ce qu'il a pu transposer dans la LNH, essentiellement à forces égales. Selon ma propre recension des matchs des Canadiens de Montréal, Hudon a jusqu'ici obtenu un peu plus de quatre chances par heure jouée à 5-contre-5, ce qui le place au bas du top-9 montréalais, loin derrière les meneurs du club que sont Artturi Lehkonen, Max Pacioretty et Paul Byron.

Par contre, Hudon obtient beaucoup de tirs vers le filet. Corsica.Hockey nous indique que, sur le seul volume de tirs tentés, Hudon est troisième parmi les attaquants du club à 5-contre-5, derrière Brendan Gallagher et Lehkonen, tout juste devant Pacioretty et loin devant les autres attaquants de l'équipe. Je note que l'indicateur de buts prévus de Corsica place Hudon huitième pour les buts « prévus », ce qui coïncide avec ma propre recension des chances de marquer. Bref, les chances ne viennent pas souvent, mais les tirs sont là. Saura-t-il devenir plus efficace au fil de la saison ? C'est un dossier à suivre.

L'élément frappant, lorsqu'on retrace l'utilisation de Hudon au fil de la jeune saison, c'est qu'il est clairement en train de se tailler une place dans le top-9 au détriment d'Alex Galchenyuk. Les contre-performances de ce dernier ont été abondamment commentées jusqu'ici, mais on ne doit pas oublier que, si Claude Julien peut se permettre de le coller sur le quatrième trio, c'est en partie parce qu'il a en Hudon un joueur capable de tenir son bout à sa place.

Je note pour chaque partie des Canadiens une série d'actions significatives. Les actions offensives portent directement sur la création de buts : chances de marquer et passes tentées vers l'enclave. Les actions de transition offensive portent sur ce qui amène la rondelle en zone ennemie : entrées en zone offensive en contrôle du disque, rejets en zone offensive et revirements dans cette zone menant à une possession de rondelle. Enfin, les actions de transition défensive portent sur ce qui permet au club de sortir la rondelle de son territoire.

Par heure jouée, Hudon effectue environ huit actions de plus que Galchenyuk et c'est principalement sur les actions de transition offensive qu'il creuse l'écart.

 

 

 

Dans le détail, Hudon ne fait pas nécessairement beaucoup plus d'actions vraiment payantes, il creuse essentiellement l'écart par le nombre de rondelles qu'il rejette en zone ennemie. Mais, et ici je passe au niveau des strictes observations subjectives, ce surplus de rejets et de récupérations révèle selon moi un joueur plus actif et plus efficace en zone neutre. Dans le cas de Galchenyuk, s'il n'y a pas entrée de zone en possession de rondelle, il semble que le jeu ne passe pas par lui, alors que Hudon semble avoir une approche plus flexible.

Les déboires de Galchenyuk sont bien connus, mais un joueur de cet âge et de ce calibre ne disparaît pas ainsi à jamais. Il va, éventuellement, retrouver ses marques et forcer son entraîneur à le replacer dans le top-9. L'expérience de Los Angeles, alors qu'on l'a envoyé à l'aile droite de Jonathan Drouin a été catastrophique, en partie par son ineptie, mais aussi parce que ce trio était opposé à Anze Kopitar et Drew Doughty. Mais ce placement était révélateur des intentions de Julien. Si on ne veut plus voir Galchenyuk au centre, il semble bien qu'on soit prêt à l'essayer aux deux ailes.

C'est un peu une bonne nouvelle pour Hudon, qui, s'il continue à bien faire, pourrait ne pas être celui qu'on va retourner sur la quatrième ligne lorsque le numéro 27 va se réveiller. Le réveil en question ne semble pas pour tout de suite, Hudon a donc encore du temps pour accumuler les points en sa faveur. À le regarder aller, il ne reste qu'à augmenter le rythme auquel il accumule les chances de marquer pour vraiment affirmer sa place. Si son passage dans la LAH nous enseigne une chose, c'est qu'il a déjà su faire cet ajustement. Reste à voir s'il peut le faire à nouveau contre les meilleurs joueurs au monde.

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