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Bouchard : Quelle équipe est réellement malchanceuse?

Notre chroniqueur se penche sur les équipes et les joueurs ayant fait le plus souvent résonner les poteaux à travers la LNH

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Il y a une chose sur laquelle tous les partisans s'entendent: leur équipe est la plus malchanceuse de la Ligue. Blague à part, la chance joue évidemment un rôle important dans le sort des différentes formations du circuit et je ne crois pas qu'il y ait d'expression plus pure et plus acceptée de ce fait que lorsqu'un joueur tire sur le poteau.

J'ai donc décidé de consulter (à l'aide d'une base de données, pas à la main, quand même) les fichiers de matchs de la LNH pour y découvrir qui, depuis le début de la saison, a le plus souvent fait tintinnabuler les meilleurs amis des gardiens de but. Les résultats m'ont étonné.

Tout d'abord, en nombre brut, les équipes les plus malchanceuses du circuit ont jusqu'ici accumulé une cinquantaine de poteaux et de barres horizontales. Les Oilers d'Edmonton sont les champions de la guigne, avec pas moins de 62 tirs écrasés en pure perte, alors que les Kings de Los Angeles et les Flyers de Philadelphie ont su éviter ces mêmes poteaux de manière méthodique.

Mais cette première compilation ne me satisfait pas. Peut-on dire que les équipes ont ainsi «perdu» des buts? Je ne le crois pas. Pour avoir une idée plus nette de ce que ces poteaux ont coûté aux équipes, j'ai effectué une petite opération mathématique.

Pour chaque situation de jeu de chaque équipe, j'ai divisé le nombre de poteaux touchés par le nombre de tirs au but obtenus. J'ai choisi d'ignorer les tirs manqués et les tirs bloqués parce que j'ai décidé d'y voir une forme de tirs cadrés.

Après avoir ainsi obtenu le pourcentage de tirs cadrés s'étant écrasés sur le cadre, j'ai soustrait ce pourcentage à la moyenne de la Ligue. L'idée, ici, est d'accepter que ces poteaux font partie des résultats normaux et qu'on ne peut attendre d'une équipe qu'elle ne subisse jamais ce mauvais sort.

Cette différence m'a donné des pourcentages négatifs pour les équipes malchanceuses, positifs pour les équipes chanceuses. En multipliant le nombre de tirs cadrés par ce pourcentage, j'en suis venu à obtenir le nombre de buts «gagnés» ou «perdus» à cause des poteaux touchés ou manqués.

C'est un petit exercice incomplet, on s'entend. Un poteau est-il si différent d'une rondelle qui manque la cible de quelques centimètres? Je ne le crois pas, mais l'exercice me semble tout de même une bonne façon d'illustrer de manière minimale l'impact parfois notable de cette malchance sur la production offensive d'une équipe.

Il n'est d'ailleurs pas surprenant de voir les Oilers en tête de ce classement. D'autres mesures, j'en parlais la semaine dernière, indiquent que cette équipe a été frappée par la guigne cette saison.

Quand même. Les représentants de la capitale albertaine auraient échappé environ 13 buts à cause des tiges touchées depuis le début de la saison. Sachant qu'ils ont jusqu'ici cumulé 192 buts, c'est la différence entre le 22e rang et le 13e rang parmi les attaques de la Ligue!

À l'autre extrémité, les Flyers ont une attaque gonflée de 20 buts, ce qui les ferait chuter, avec une chance ordinaire aux poteaux, du 13e au 27e rang de la LNH!

Cette liste ne confirme pas pour autant l'équation « équipe faible offensivement = équipe malchanceuse ». Les Canadiens de Montréal ont la 4e pire attaque de la Ligue, malgré un bonus de 8 buts, selon le calcul que j'ai effectué. Tout ça donne certainement matière à réflexion.

Pendant qu'on y est, quels ont été les joueurs les plus malchanceux depuis le début de la saison? Un nombre impressionnant de joueurs ont touché les poteaux au moins une fois, plus de 500. Les 20 meilleurs xylophonistes de la Ligue ont touché le métal entre 8 et 12 fois.

J'anticipe immédiatement une question: et Alex Ovechkin? Il n'a touché le fer que 4 fois depuis le début de la saison. Il se pourrait donc que le championnat des buteurs soit en partie gagné sur le fait que le jeune Patrick Laine a très souvent touché les tiges plutôt que la cible.

Appréciez aussi les performances de Rick Nash et Jamie McGinn. McGinn termine sa saison avec une équipe en roue libre, mais Nash est au coeur d'une formation qui aspire aux grands honneurs. Et il semble bien que sa production soit présentement sous-estimée. Il a bien paru depuis son arrivée avec les Bruins de Boston, et il semble bien qu'il ait encore pas mal d'essence dans le réservoir. Les Bostonnais doivent se féliciter de cette acquisition, même si Ryan Spooner semble parti pour leur rappeler l'échange pendant un bon moment.

Un mot, enfin, sur les joueurs des Oilers. Bien sûr, Connor McDavid se démarque (on l'a vu pointer sur la liste générale). Mais il faut admirer le travail d'équipe : pas moins de 23 représentants des Oilers ont touché au moins un poteau dans l'année!

Il n'est donc pas illusoire de croire que ce groupe est mûr pour une remontée l'an prochain. Darnell Nurse, qui a quand même 6 buts et 20 points à 22 ans seulement, laisse notamment entrevoir une capacité à cadrer des tirs de la pointe qui augure bien pour sa production offensive future. À suivre, donc.

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