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Bouchard : Que se passe-t-il avec Brent Burns?

Notre chroniqueur analyse les causes de la baisse de rendement du défenseur des Sharks

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Depuis son retour au poste de défenseur en 2015, Brent Burns a obtenu une quantité sensationnelle de points. Après une mise en bouche de 60 points en 20145-2015, Burns s'est ensuite fendu de saisons de 75 et 76 points. Outre l'extraordinaire Erik Karlsson, personne n'a approché Burns lors de cette période. Mais avec 18 points en 29 matchs, Burns est cette saison retombé sur le plancher des vaches. Est-ce que, à 31 ans, l'âge le rattrape enfin? Rien n'est moins sûr.

Brent Burns obtient, c'est un point saillant de son jeu, une quantité industrielle de tirs au but. Depuis quatre ans, il a décoché 200 tirs de plus sur les filets adverses que son plus proche poursuivant chez les défenseurs, Erik Karlsson. Mais tous les tirs ne sont pas égaux, on le sait.

La formule des buts attendus publiée par le site Corsica.Hockey nous permet de ramasser quantité et qualité en un tout cohérent. En évaluant les chances que chaque tir décoché aboutisse dans le filet adverse à partir des informations disponibles sur le tir en question (distance, type, angle, etc.) cette formule nous permet de déduire combien de buts on peut attendre du total des tirs décochés par un joueur donné.

Dans le cas de Brent Burns, on ne voit pas vraiment de variation importante depuis quatre ans, à l'exception peut-être de l'avantage numérique en 2017-18. 

Par heure jouée, Burns reste donc d'une remarquable constance quant à la qualité et la quantité de tirs qu'il décoche. L'immense talent de Burns s'est, au cours de cette période, exprimé par sa capacité à dépasser les attentes. Jusqu'à la présente saison, il a toujours dépassé ses totaux de buts attendus.

 

Tout pointe, dans cette brusque perte d'efficacité, vers une simple variation due à la chance. Le total des tirs et la qualité de ceux-ci à forces égales, rappelez-vous du premier graphique, demeurent similaires d'une saison à l'autre et, en avantage numérique, il suit le rythme attendu.

Quelque chose d'autre est en train de se passer. Deux autres choses, en fait.

À 5-contre-5, les Sharks sont ces jours-ci incapables d'acheter un but à un rythme vaguement similaire à ce que les buts attendus laissent suggérer. On le constate dans le graphique ci-dessous, Burns est particulièrement frappé par cette guigne. L'équipe devrait, en sa présence, accumuler 2,5 buts par heure jouée à forces égales, mais n'en obtient qu'un seul!

 

D'emblée, il y a là de quoi torpiller la production offensive d'un joueur. Mais ces va-et-vient, s'ils sont rares, ne sont pas inhabituels dans la LNH. Il est certainement possible que les Sharks retrouvent leurs compas et se remettent à remplir les filets adverses lorsque Burns est sur la glace. Mais il est probablement trop tard pour que Burns atteigne le cap des 45 à 50 points à forces égales lors de la présente saison. Le trou est quand même gros. 

L'autre élément à prendre en compte est du côté de l'avantage numérique. Si Burns, à forces égales, continue à obtenir son nombre habituel de tirs, sa production en avantage numérique a, elle, chuté de manière importante, soit près de 20 pour cent.

 

Cette baisse, il faut le dire, ne repose pas sur une baisse similaire du côté de son équipe, qui continue à tenter le même nombre de tirs au but en avantage numérique.

 

Il semble qu'on a, sur l'avantage numérique, sensiblement diminué le rôle de tireur que Burns accaparait ces dernières saisons, pour donner plus de place aux autres joueurs. Ça n'est pas en soi une mauvaise idée. Si formidable soit le tir de Burns, s'il devient trop prévisible qu'on lui refilera la rondelle, c'est toute l'unité d'avantage numérique qui en souffre (un problème évident pour qui regarde l'avantage numérique des Canadiens de Montréal). Il est donc possible que la production de buts de Burns baisse à cause de cet ajustement. Mais nous ne sommes pas en présence d'une baisse due à une régression du joueur, plutôt à un léger changement de rôle en avantage numérique et une séquence de guigne qui s'éternise à forces égales.

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