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Bouchard : Les Sénateurs veulent porter le coup de grâce

Notre chroniqueur s'attarde à l'utilisation des différents joueurs d'Ottawa et de New York en deuxième ronde

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

À l'image d'à peu près tous les autres clubs des deux premières rondes, les Sénateurs d'Ottawa m'ont jusqu'ici fait mentir. Je les avais donnés perdants contre les Bruins de Boston (qu'ils ont éliminés) et les Rangers de New York, à qui ils tenteront de porter le coup de grâce mardi soir.

Si les autres séries de deuxième ronde ont été le théâtre d'affrontements serrés entre certains éléments des camps adverses, le duel Ottawa-New York se dispute sur des bases pour ainsi dire purement territoriales. En effet, il n'y a pas vraiment de confrontations significatives sur le plan du temps de glace, tous les joueurs affrontant tous les adversaires disponibles en proportions relativement égales.

C'est en partie, il me semble, le résultat de la gestion de personnel fort particulière de Guy Boucher.

Alain Vigneault roule ses unités de manière bien ordonnée. À 5-contre-5, ses trois duos de défenseurs accaparent 85 pour cent du temps de jeu depuis le début de la série. Du côté des Sénateurs, si Erik Karlsson et Marc Methot sont les plus utilisés, Cody Ceci fait partie du deuxième et du troisième duo de défenseurs ayant obtenu le plus de temps de glace! Et Erik Karlsson, en compagnie de Dion Phaneuf, compose le quatrième duo le plus utilisé.

C'est la même salade du côté des attaquants. Alors que les Rangers ont quatre trios d'attaquants ayant joué plus de 20 minutes ensemble, les Sénateurs en ont exactement un, Bobby Ryan, Jean-Gabriel Pageau et Mark Stone ayant passé 20 minutes et 46 secondes sur la glace.

Bref, Guy Boucher aime brasser ses lignes, ce qui rend les confrontations à peu près impossibles à mener à long terme. Les deux entraîneurs se livrent donc à cette partie d'échecs lors des mises en jeu.

En zone d'Ottawa, Alain Vigneault envoie de manière presque indifférenciée ses trois premiers trios, alors que Boucher préfère s'appuyer en priorité sur Derick Brassard. J'avoue avoir été surpris par ce choix de Boucher, mais il semble que, à l'image de Philip Danault à Montréal, Pageau a réussi à se tailler une place au centre dans le top-6, ce qui réduit son exposition à ces situations défensives.

Par contre, Vigneault donne beaucoup de responsabilités au tandem Brady Skjei-Brendan Smith sur les mises en zone d'Ottawa. Ces deux joueurs sont doués offensivement et on compte manifestement sur leur contribution. Notez que Ryan McDonagh reçoit aussi sa large part de présences dans ces situations.

 

Le même graphique, pour les Sénateurs, est aussi révélateur; s'il est un moment où Boucher semble jouer les confrontations, c'est ici. Karlsson est opposé autant que faire se peut au top-6 alors qu'on laisse à Ceci la responsabilité du trio de Kevin Hayes. Ben Harpur, que j'utilise comme représentant de la troisième paire, a en fait été accompagné de Ceci pour sept de ses 15 mises en jeu en territoire défensif et par Methot pour cinq autres. Bref, le top-4 s'occupe de ces situations.

 

En territoire des Rangers, Vigneault en demande plus à Kevin Hayes, mais ne cherche pas à opposer ses centres à des adversaires en particulier, sauf peut-être en cherchant à éviter les affrontements entre son quatrième trio et le top-6 adverse.

 

C'est du côté des Rangers que les choses sont plus intéressantes. D'abord, on s'appuie énormément sur McDonagh. Ensuite, Marc Staal, vétéran à la réputation défensive bien établie, n'est en fait guère plus utilisé dans ces situations que la recrue Skjei. Les séries éliminatoires sont souvent le moment où se révèlent enfin les faiblesses de vétérans qu'on continue à envoyer au front au nom de leur renommée. Il semble qu'on soit en train d'assister à ce genre de phénomène avec la brigade des Rangers.

 

C'est un point qui semble prendre une grande importance dans cette série. Si McDonagh a réussi à tenir tête à Turris, il est incapable d'avoir le dessus sur les autres trios des Sénateurs. Staal, qui pourtant n'a pas les responsabilités défensives de McDonagh, ne réussit pas à stopper ses opposants, surtout le quatrième trio des Sénateurs. Skjei et Smith croulent eux aussi sous la pression.

 

Mais il y a encore pire. Les Rangers sont, tout simplement, incapables d'arrêter Erik Karlsson. Aucun des quatre trios des Rangers n'est capable de faire couler le défenseur étoile des Sénateurs, alors qu'ils sont clairement capables d'accrocher les autres membres de la brigade défensive d'Ottawa.

 

Après cinq matchs, il est peu probable que l'on trouve enfin les ajustements nécessaires. La présence de Tanner Glass lors du dernier match (il avait une place de choix sur le but gagnant de Kyle Turris) au lieu de Pavel Buchnevich, pourtant bien plus efficace, montre à quel point on est, à New York, à court de solutions.

Les Rangers doivent faire leur profit en l'absence de Karlsson et espérer deux autres performances magistrales de Lundqvist. Pour ce qui est des Sénateurs, on semble avoir trouvé la manière de garder les Rangers hors d'équilibre. En neutralisant la capacité de joueurs comme McDonagh, mais aussi Rick Nash et Derek Stepan à s'occuper des meilleurs éléments adverses, on rend plus vulnérable la défensive new-yorkaise.

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