Skip to main content

Bouchard : Le trophée Vézina-Hayward

Notre chroniqueur analyse le travail des meilleurs gardiens partants et des meilleurs auxiliaires

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

La course au trophée Vézina est serrée. Mais le rôle de gardien partant se transforme encore dans la LNH. La position est incroyablement exigeante et, par conséquent, le nombre de parties jouées tend à diminuer, ce qui met l'emphase sur les gardiens auxiliaires.

La saison de Cam Talbot l'an dernier, avec 73 parties disputées, fait figure d'anomalie. Outre Talbot, quatre gardiens seulement ont atteint ou dépassé le cap des 65 matchs, alors que cette saison, seul Connor Hellebuyck a atteint la barre des 60 parties disputées. Quelques autres s'approchent du cap des 60 matchs et on devrait avoir encore quelques gardiens qui flirtent avec la barre de 65 parties disputées d'ici la fin de la saison, mais on parle de cinq ou six candidats potentiels tout au plus.

C'est pourquoi j'ai décidé de me pencher aujourd'hui sur les cerbères ayant le plus de mérite dans la course au trophée remis au meilleur gardien, le trophée Vézina. Mais j'ai aussi décidé de m'intéresser à ceux qui se sont distingués dans un rôle de soutien. Parce que je ne suis pas un admirateur du trophée William Jennings, j'ai décidé de le dédier à un gardien qui fait sa marque en épaulant un grand de son époque. Je parle bien sûr de Brian Hayward.

Le Vézina

Comment évaluer le travail d'un gardien à partir des données aujourd'hui accessible? La moyenne de buts accordés est trompeuse, avantageant nécessairement des gardiens ayant devant eux d'excellentes équipes. C'est la même chose pour les victoires.

C'est pourquoi, pour tenir compte du volume et de la qualité des tirs reçus, je préfère me référer aux buts attendus, qui pondèrent les chances de chaque tir d'être converti en but en fonction de ses caractéristiques propres.

Reste que si on se fie aux sommes brutes de buts attendus, les gardiens sont encore dépendants de l'équipe devant eux. En ramenant le nombre de buts attendus à une somme par tranche de 30 tirs, et en faisant la différence de cette somme avec ce qu'un gardien a effectivement accordé sur ces tranches de 30 tirs, on arrive à une différence qui illustre jusqu'à quel point un gardien donné a su, au fil de la saison, se distinguer de la moyenne des ours.

J'ai divisé le groupe des principaux candidats en trois sous-groupes, ceux qui se sont à peine démarqués de la moyenne (en bleu), ceux qui se sont clairement démarqués (en orange) et le groupe de tête (en gris).

Mais les gardiens n'affrontent pas des tireurs virtuels. Même si le volume de tirs demeure le principal vecteur descriptif de la charge de travail d'un gardien, la qualité des tireurs qui décochent sur lui n'est pas toujours négligeable.

Si Sergei Bobrovsky, John Gibson et Pekka Rinne se sont démarqués lorsqu'on regarde le seul volume de tirs, on constate, lorsqu'on réagence ce groupe de gardiens en fonction de la qualité des tireurs affrontés, que Connor Helleybuck et, surtout, Jonathan Quick ont eu affaire à nombre de clients peu commodes.

 

La différence de qualité des tireurs affrontés par Quick ne compense pas tout à fait le volume de buts sauvés par tranche de 30 tirs obtenus par les trois gardiens de tête, mais il gomme l'essentiel de l'écart constaté.

Malgré cet exploit de Quick, même si Rinne connaît une saison exceptionnelle, je me dois d'aller du côté de Bobrovsky, même s'il a été gâté par sa défensive, lui qui a disputé 59 matchs jusqu'ici. Sa capacité à  encaisser une pareille charge de travail avec une équipe qui se bat pour un poste en série, une série de six victoires à ses six derniers matchs, au moment le plus crucial de la saison... Le Russe mérite à mes yeux cet honneur.

Le Hayward

Le meilleur gardien en appui est plutôt intéressant à identifier, vu la grande diversité de candidats concernés. Dans l'esprit du Jennings, j'ai quand même limité mes candidats à ceux ayant disputé entre 20 et 39 matchs.

Lorsqu'on cible la capacité de ces gardiens à économiser des buts à leurs équipes par tranche de 30 tirs, deux joueurs se démarquent particulièrement: Carter Hutton, des Blues de St. Louis, et Ryan Miller, des Ducks d'Anaheim.

 

Honnêtement, le fait de voir Miller remonter à la surface ici, alors que John Gibson s'est lui aussi démarqué parmi les gardiens réguliers, pique ma curiosité. Est-ce le fruit d'un travail particulièrement efficace de la part de l'entraîneur des gardiens? Une saine compétition entre coéquipiers? Je soupçonne toujours un peu, dans ces cas-là, des données colligées d'une manière telle à leur domicile que, pour ces gardiens, un avantage leur est ainsi attribué par le simple fait de garder les buts dans le même aréna.

Seulement voilà: John Gibson fait bien mieux à domicile qu'à l'étranger (-0,2 but perdu par 30 tirs à l'étranger, +0,5 but économisé à domicile) alors que c'est l'inverse pour Ryan Miller (-0,3 à domicile, +0,9 à l'étranger!). C'est certainement une dynamique fascinante, qui aide énormément les Ducks.

Lorsqu'on regarde la qualité des tireurs affrontés, Hutton et Miller sont tous les deux dans le haut de la liste.



Pauvre Antti Niemi...

Miller, par ses performances légèrement supérieures et, c'est important dans le cas d'un second, par sa capacité à rester en santé ainsi que par le fait qu'il n'a joué que sept matchs à domicile (contre 17 pour Hutton), mérite donc à mon avis le trophée Brian Hayward.

 

En voir plus

La LNH utilise des témoins, des pixels invisibles et d'autres outils technologiques similaires. En naviguant sur les sites web de la LNH et ses autres services en ligne, vous acceptez les pratiques décrites dans notre Politique de confidentialité et dans nos Conditions générales d'utilisation, incluant notre Politique sur les témoins.