Skip to main content

Bouchard : Le temps est compté à Buffalo

Notre chroniqueur explique pourquoi les Sabres semblent vouloir couper court à leur processus de reconstruction

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Les Sabres de Buffalo végètent depuis un bon moment dans les bas-fonds de la LNH. Mais on ne doit pas pour autant croire qu'ils en sont encore au stade de reconstruire. Terry Murray, lors de son passage dans le siège de directeur général, a ainsi multiplié les acquisitions de vétérans. Jason Botterill, qui l'a remplacé cet été, a continué dans cette veine. Ne devrait-on pas plutôt couper dans le gras, échanger ce qui est échangeable et rebâtir avec de jeunes espoirs?

Selon moi, les Sabres ont raison de passer outre un processus de reconstruction et de se concentrer sur le court terme. Ils n'ont tout simplement pas grand-chose à espérer d'un séjour qui se prolongerait encore dans les bas-fonds de la ligue. Non seulement la loterie du repêchage rend plus ténu que jamais le lien entre mauvaise position au classement et choix haut placé, mais en plus, les Sabres ont déjà gagné le gros lot avec Jack Eichel.

Le jeune centre a certes été accablé par les blessures l'an dernier, mais sa progression est néanmoins parfaitement nette. Il a augmenté sa récolte de points (presque un par match après en avoir obtenu 0,7 par match à sa première campagne), a obtenu un tir de plus par match (quatre par rencontre comparativement à trois l'année précédente) et a consolidé son jeu à forces égales, poussant le taux de tirs obtenus de son équipe dans la bonne direction de 1,2 pour cent lorsqu'il est sur la glace.

Eichel écoule l'an prochain la dernière année de son contrat de recrue, après quoi son salaire augmentera de manière substantielle. À voir l'échelle salariale des Sabres, qui n'ont pas moins de 8 millions $ disponibles sous le plafond salarial, on peut soupçonner que Botterill a déjà mis de côté les sous nécessaires à une entente à long terme. Deux gros contrats viennent à terme après la saison 2017-18, ceux de Josh Gorges (3,9 millions $) et Evander Kane (5,25 millions $), ce qui laissera amplement de marge de manœuvre pour resigner Eichel et Sam Reinhart.

Mais en attendant, on serait bien fous à Buffalo de laisser partir en pure perte la dernière saison peu dispendieuse de ces deux jeunes joueurs d'impact. On a donc manœuvré au fil de l'été pour consolider l'équipe et se donner la chance de prétendre enfin à une participation au tournoi printanier. Outre le retour de Robin Lehner devant le filet, les mouvements les plus intéressants concernent le principal point faible du club, la brigade défensive.

Depuis trois ans maintenant, Rasmus Ristolainen joue le rôle de défenseur numéro un de cette brigade, une tâche qui semble peser lourdement sur ses épaules. Murray avait bien essayé de lui donner du répit en acquérant Zach Bogosian, mais ce dernier est souvent blessé et, surtout, parce qu'il est lui aussi droitier, ne peut vraiment accompagner systématiquement Ristolainen dans ses missions les plus importantes. On a donc remanié en profondeur le flanc gauche de la défensive au cours de l'été. Deux nouveaux venus, Marco Scandella et Nathan Beaulieu, donnent un tout nouveau visage à ce groupe.

Scandella vient boucher un trou béant. Habitué des tâches exigeantes, il a été celui qui, derrière Ryan Suter, assurait la stabilité du top-4 du Wild du Minnesota depuis cinq ans maintenant. Le gaucher est rompu à toutes les tâches, ce qui va en faire un atout précieux pour rééquilibrer la défensive des Sabres.

Scandella, qui n'a jamais joué ou presque avec Suter au Minnesota, a pourtant fait presque aussi bien, le Wild accusant un recul d'à peine un pour cent lorsqu'il était sur la glace. De prime abord, il semble que Ristolainen est celui qui bénéficiera le plus de la présence du Québécois; que ce soit comme premier ou deuxième défenseur, les Sabres ont constamment été plus médiocres en sa présence. Le Finlandais est talentueux, mais il a besoin d'appui en défensive.

Bogosian, lui, semble capable de se tirer d'affaire sans avoir eu accès à des coéquipiers particulièrement compétents. On ne l'a jamais associé systématiquement à un joueur (parfois Cody Franson, parfois Jake McCabe, parfois Dmitry Kulikov), ce qui ne l'a pas empêché d'aider les Sabres à faire mieux en sa présence. On va probablement lui associer Gorges dans un premier temps, mais je me permets de souligner que Nathan Beaulieu, lorsqu'on l'a associé à Jeff Petry à Montréal, a démontré être capable de tenir son bout dans un contexte de top-4.

On devra probablement expérimenter un peu avant de voir qui, de Scandella et Beaulieu, s'associe le mieux avec l'un ou l'autre des droitiers dominants des Sabres, mais il semble qu'on ait enfin réuni un groupe de joueurs permettant de réduire le rôle de vétérans plus limités comme Gorges et McCabe. Si la brigade tient le coup (la santé de Bogosian est ici l'immense point d'interrogation), on risque alors d'être en mesure d'aller chercher un joueur de location à fort prix à la date limite des transactions et de faire, enfin, une vraie poussée en séries éliminatoires.

En voir plus