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Bouchard : Le sort s'acharne sur les Blues

Notre chroniqueur analyse l'impact des multiples blessures à St. Louis

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Mauvais début de camp pour les Blues de St. Louis, qui accumulent les blessures à un rythme de plus en plus inquiétant. Après avoir d'emblée eu à accepter que le centre Patrik Berglund n'allait pas être de retour avant le mois de décembre, Alexander Steen, Jay Bouwmeester et Robby Fabbri sont tour à tour tombés au combat. N'en jetez plus, la cour est pleine!

La perte de Bouwmeester est celle qui peut avoir le plus de répercussions. Compagnon de toujours d'Alex Pietrangelo, le grand gaucher risque quand même un peu de perdre sa place avec cette blessure. Arrivé au cours de la saison écourtée de 2012-13 avec les Blues, lui et Pietrangelo, lorsqu'ils ont été réunis, ont permis aux Blues d'obtenir 55 pour cent des tirs pour le reste de cette saison. Pietrangelo n'affichait un score que de 52 pour cent sans Bouwmeester cette saison-là.

On garde de cette campagne un souvenir ému et la conviction que ce tandem est d'une grande efficacité, à tel point que Mike Babcock et ses adjoints en ont fait une composante intégrale des puissantes équipes canadiennes de Sotchi et de la Coupe du monde de hockey 2016. Mais, à partir de 2013-14, Pietrangelo affiche systématiquement un meilleur différentiel de tirs vers le filet lorsqu'il est séparé de Bouwmeester. L'an dernier ne fait pas exception. Associé à Parayko ou Shattenkirk, Pietrangelo permet aux Blues d'obtenir 60 pour cent des tirs, taux qui chute à 49 pour cent avec Joel Edmunston (celui qu'on entend mettre dans le siège de Bouwmeester en son absence) et 48 pour cent avec Bouwmeester.

Edmunston n'a que 24 ans et Bouwmeester 33. Il n'est pas exagéré de croire que le premier peut encore monter une marche et que le vétéran pourrait avoir irrémédiablement ralenti. Les changements de garde sont parfois précipités.

Les pertes de Steen et Berglund ne sont pas si surprenantes, quoiqu'elles soient de mauvais augure. Ces deux joueurs entament de nouveaux contrats cette saison, des ententes bouclées à un prix annuel fort raisonnable, mais sur de longues durées; en fin de contrat, Steen aura 37 ans et Berglund 34, ce qui est plutôt vieux pour des joueurs qui ont de la difficulté à rester en santé.

Ces deux joueurs sont des leveurs de fonte, employés à toutes les sauces et contre les meilleurs éléments adverses. C'est donc conjugué à leur perte que la blessure subie par Fabbri devient inquiétante. Les luttes pour la participation aux séries sont serrées dans l'Ouest et les Blues ne peuvent se permettre un lent départ. Sans Berglund et Steen, Fabbri aurait eu un rôle plus important à jouer, le genre d'occasion dont raffolent les jeunes joueurs talentueux. Mais après un match hors-concours seulement, voilà qu'il semble avoir de la difficulté avec cette blessure au genou qui l'a tenu à l'écart du jeu depuis le mois de février. Les Blues croisent les doigts dans son cas.

Quand même, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Trois joueurs me semblent destinés à profiter de l'occasion pour jouer un rôle plus important. D'abord, le gros Dmitrij Jaskin fait tranquillement ses classes depuis quatre ans chez les professionnels, dont trois à St. Louis. On ne l'a que peu vu jusqu'ici sur les deux premiers trios, tout comme Magnus Paajarvi. Ce dernier, qu'on voyait gros après une saison de 34 points à 19 ans, erre depuis dans les fonds des formations de la ligue. La vitesse, le gabarit y sont, mais le talent? La porte s'entre outre pour lui.

Le cas le plus intéressant est celui de Tage Thompson. Choix de première ronde en 2016 aujourd'hui âgé de 19 ans, le colosse de 6 pieds 4 pouces peut jouer à l'aile droite comme au centre. Encore admissible à une autre saison dans les rangs mineurs avant d'avoir à écouler ses trois saisons de contrat de recrue, on pourrait être tenté d'être patient. Mais la valeur n'attend pas le nombre des années et Thompson, depuis le début des camps, joue sur les deux premiers trios. Il y a anguille sous roche.

Chaque crise recèle une opportunité, affirme le dicton. Chez les Blues, quelques jeunes aux dents longues auront certainement la chance de l'illustrer.

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